Yves Lévesque

Surplus de 11,2 M$ à Trois-Rivières

C'est finalement un surplus de 11 241 045 $ que dégage la Ville de Trois-Rivières de son exercice financier 2016, présenté lundi soir au conseil municipal.
La Ville, qui avait prévu en novembre dernier dégager un surplus de 3,2 M$, aura finalement dépassé de près de 7 M$ son surplus anticipé. Un surplus qui a fait bondir le candidat à la mairie, Jean-François Aubin, qui parle désormais de «système établi» surtaxant les citoyens pour dégager de la marge de manoeuvre pour la Ville.
Il faut dire qu'au cours des trois dernières années, la Ville a toujours dégagé des surplus importants, au-delà des 10 M$. Pour l'exercice financier 2014, Trois-Rivières avait même dégagé un surplus record de 14 M$.
«Cette année, c'est 11 M$, l'an dernier 10 M$ et avant, c'était 14 M$. Ce n'est plus un hasard, mais bien un système, une façon de faire organisée pour dégager des surplus majeurs et donc avoir une marge de manoeuvre pour faire à peu près n'importe quoi, pour renflouer des fonds qui financent des projets au comptant», déplore Jean-François Aubin, qui s'explique bien mal comment la Ville a pu anticiper des surplus de 3,2 M$ en novembre pour se retrouver à plus de 11 M$ au 31 décembre.
Le maire Yves Lévesque constate plutôt que c'est la rigueur des employés municipaux de même que la vigueur économique qui expliquent le tout. Le surplus dégagé s'expliquerait en effet par des revenus non prévus ainsi que des dépenses moindres. La Ville note qu'elle a pu dégager 5,6 M$ en raison de la vitalité économique, notamment l'ajout de 260 M$ d'évaluation imposable en 2016, soit presque le double de ce qui a été anticipé au budget. Par ailleurs, les droits de mutation immobilière ont excédé de 1 M$ ce qui avait été prévu au budget.
La Ville note également des dépenses moindres de 5,6 M$, dont des économies au niveau de la masse salariale de 4 M$. De ce nombre, 700 000 $ sont attribuables aux cotisations de la CSST, la Ville ayant le plus bas taux de cotisation des dix plus grandes villes du Québec. Les dépenses relatives aux véhicules ont aussi dégagé des économies de 600 000 $, et les frais de financement ont été de 500 000 $ moins élevés que prévu.
En ce qui concerne la dette à long terme de la Ville et des organismes du périmètre comptable, elle se situait à 391 M$ au 31 décembre 2016. La dette à la charge de l'ensemble de la Ville, toutefois, s'élève à 247,6 M$, en baisse de 500 000 $ par rapport à la dette enregistrée en 2015. D'ailleurs, conformément à sa politique de gestion de la dette, la Ville devra verser un minimum de 25 % de ses revenus au remboursement de la dette, mais le maire confirme que ce pourcentage sera plus élevé cette année.
«Je m'étais engagé à ce qu'on s'attaque à la dette et c'est exactement ce qu'on fait. La dette a commencé à baisser alors qu'en 2013, on prévoyait qu'elle se situerait en 2017 à 293 M$. Et je peux affirmer aujourd'hui que même avec la construction du nouveau colisée, la dette va continuer de baisser dans les prochaines années», a signifié Yves Lévesque.
Pour sa part, Jean-François Aubin martèle que ces surplus sont la preuve que la Ville taxe trop ses citoyens. «Les gens nous le disent très souvent, ils en ont assez de voir leur compte de taxes augmenter chaque année. On comprend que des fois, il faut augmenter, ça en prend, mais n'y a-t-il pas moyen de laisser un peu souffler notre monde? Les surplus accumulés nous démontrent que nous sommes capables de le faire», indique le candidat à la mairie.
Le maire, pour sa part, indique que le surplus dégagé en 2016, sur un budget global de fonctionnement de 256,9 M$ pour l'année, ne représente que 4,4 % du budget global. «C'est comme si on gagnait un salaire de 55 000 $ par année et qu'au bout de l'année, il ne nous reste que 2500 $ dans notre compte, ce n'est pas énorme», martèle-t-il.