Steve Hill

Steve Hill, l'homme-orchestre

Steve Hill ne pouvait se contenter de jouer de la guitare, ce qu'il fait pourtant avec un immense talent, il a poussé l'audace jusqu'à jouer tous les instruments, simultanément, tout seul.
S'il n'est pas le premier à effectuer cette prouesse, il réalise cet exercice debout avec un attirail qu'il a conçu avec l'aide de ses techniciens. Qui dit mieux? «Il y en a d'autres qui le font mais personne ne le fait comme moi», se targue-t-il.
À l'écouter, on réalise que la prestation est grandiose tellement en fait, qu'elle surpasse même, selon lui, les qualificatifs attribuables au domaine musical. «C'est carrément du cirque. C'est un show de cirque-blues.»
S'il ne fait pas tant dans la contorsion ou dans la haute voltige, sa performance demande assurément une immense maîtrise et beaucoup de coordination. On ne doute pas que la prouesse est exigeante.
«On s'habitue mais les premiers temps, je trouvais ça très difficile sur les jambes. À force de le faire, j'ai développé de l'endurance. C'est beaucoup de travail mais plus ça va plus je suis à l'aise.» Tout est dans la symbiose. «Toutes les parties de mon corps font la même toune. Si c'était pas le cas, ce serait beaucoup plus difficile», rigole-t-il.
Son manège se compose de pédales avec lesquelles il peut jouer du bass drum et du hi-hat. À son manche de guitare, il a fixé une baguette qui lui permet de jouer de la cymbale et il utilise un pickup de sa guitare sur les deux grosses cordes pour jouer de la basse. Il y a l'harmonica aussi qui fait partie de son attirail digne d'un cirque.
Steve Hill a concrétisé cette aventure d'homme-orchestre avec la sortie de son Solo Recordings Volume 1 en 2012. En studio, il enregistre tout en direct, ce n'est pas seulement une prestation qu'il fait sur scène. «Au début, mon équipement était beaucoup plus rudimentaire. Mais pour le volume 2, ça m'a pris un an de préparation pour en arriver à ce que je voulais.»
Pour celui qui a longtemps été un point d'appui pour d'autres artistes, il s'est lancé dans ce périple presque sans attente. «Tu sais jamais comment ça va tourner. Quand j'ai fait le volume 1, je pensais que je faisais un side project. Mais ça a tellement bien marché que j'ai décidé de faire un volume 2 plus rapidement que prévu.» Un succès qui lui permet maintenant de rouler sa bosse en solo. «Le show que je fais depuis la sortie du 2e volume va très bien. J'avais fait plus de 160 shows pour le premier mais j'en ai beaucoup plus de booké pour le deuxième.»
Jamais deux sans trois
C'est toujours plus agréable de revoir les plans à cause du succès. Steve Hill trouvera donc un peu de temps dans son horaire chargé pour créer Solo Recordings Volume 3. «Je vais commencer cet automne. Même si je suis bien occupé, on ne peut pas arrêter la Terre de tourner. Je devrais avoir un peu plus de temps cet hiver.»
Après avoir haussé à chaque fois la barre de la performance pour la présentation de ces deux derniers opus, peut-on s'attendre à encore plus? «Il y a tout le temps de la place pour l'innovation», lance celui qui ne veut pas trop en révéler.
«J'ai plein d'idées mais il faut que je les essaie avant. Pour le volume 2, je voulais me mettre des maracas sur les bras mais finalement, ça ne fonctionnait pas vraiment...», illustre-t-il. «C'est énormément de taponage. Une chance que j'ai une bonne équipe de techniciens pour réaliser mes idées parce que je ne suis pas vraiment bon dans le taponage. J'ai les idées et eux les réalisent.»
Après avoir joué dans l'ombre de plusieurs grands noms de la musique, Steve Hill fait maintenant cavalier seul et ne pense pas revenir en arrière. L'homme-orchestre se promène sur les scènes du Québec et de l'Ontario pour les prochains mois et envisage d'arpenter le Canada d'ici la fin de 2015, puis dépasser les frontières canadiennes.
Avant de se lancer à la conquête de ce vaste terrain de jeu, Steve Hill sera samedi soir sur la scène du FestiVoix tout juste avant le spectacle de Michel Pagliaro, un ami de longue date.
«Ça va être pas mal le fun de revoir Pag, ça fait un petit bout que je ne l'ai pas vu.» Ayant été dans l'équipe de Pagliaro durant quelques années, peut-on s'attendre à les revoir sur scène ensemble? «C'est pas impossible mais il n'y a rien de prévu à cet effet. Pag a toute son équipe de musiciens.»
Pour sa part, le virtuose de la guitare propose un spectacle unique autant dans la performance que dans le contenu. «Je vais faire une toune ou deux qui ne sont pas sur mes deux derniers albums mais chaque show est différent et je ne sais pas ce que je vais faire d'avance».
Celui qui apprécie revenir en Mauricie se nourrit de la réaction de son public peu importe la tribune sur laquelle il se produit. «Mon plaisir va avec l'ambiance, que ce soit une petite salle ou une grande salle, ça ne change pas grand-chose. Les grosses scènes, c'est toujours ben le fun. Je garde les yeux plus ouverts, pour ne rien manquer mais mon plaisir va vraiment avec la réaction du public.»
Un bonheur qui ne s'estompe pas. «Même après 20 ans de métier, j'ai toujours un thrill. Je suis toujours aussi passionné. J'ai choisi de faire ce métier d'abord parce que c'était une passion.»