Silicium Québec

Soulagement chez Silicium Québec

Le vieil adage selon lequel le malheur des uns fait le bonheur des autres semble s'appliquer à Silicium Québec. En effet, la décision de FerroAtlántica de renoncer à son important projet de silicium métal à Port-Cartier est accueillie avec soulagement dans les murs de l'usine de Bécancour.
<p>Jean Simoneau</p>
Maquette du projet d'usine de FerroAtlantica à Port-Cartier, sur la Côte-Nord
«C'est dommage pour les gens de la Côte-Nord, mais ça sécurise un peu nos jobs», a commenté le président de la section locale 184 d'Unifor, chez Silicium Québec, Jean Simoneau.
Selon lui, «l'ampleur des chiffres», soit un investissement de 382 millions de dollars et la création de 345 emplois directs, faisait en sorte «qu'on trouvait ça difficilement réalisable». «Et l'autre doute, c'est que le marché du silicium ne pouvait pas supporter une addition de silicium. On avait certaines réserves que la chose se réalise», avoue le représentant syndical. 
Pour sa part, le directeur d'usine, René Boisvert, a préféré ne pas commenter la nouvelle. Mais à l'époque, les dirigeants de Silicium Québec estimaient à 193 millions de dollars les pertes potentielles associée à l'arrivée de FerroAtlántica, en considérant la réduction des taux d'électricité (63 millions $), le congé de taxes (35 millions $) et le prêt d'Investissement Québec (95 millions $). 
Et c'est sans compter, disaient-ils, qu'après la phase 1 de l'entreprise espagnole, 150 emplois devaient être créés, mais 165 auraient alors été perdus à Bécancour.
Donald Martel
Jean-Denis Girard
«À l'époque, j'ai paru rabat-joie. J'avais dénoncé le fait qu'il n'y avait pas de place pour un nouveau joueur sur le marché nord-américain et que ça pouvait mettre en péril Silicium Québec», rappelle le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.
Selon lui, ce qui n'était qu'une crainte s'avère maintenant être une triste réalité : «sous la gouverne des libéraux, le Plan Nord se meurt à petit feu».
«Le retrait de FerroAtlántica s'ajoute à la longue liste d'investissements qui prennent le bord parce que tout ce que touche Jacques Daoust se transforme en échec. Le gouvernement libéral est non seulement incapable d'attirer des investissements au Québec, mais il est tout aussi incapable de garder sur notre territoire les investisseurs qui avaient montré un intérêt», affirme-t-il. 
Le député caquiste a poursuivi en indiquant que le premier ministre Philippe Couillard est d'autant plus humilié par ce retrait majeur qu'il était lui-même à Port-Cartier en juin 2014 pour annoncer en grande pompe le projet. 
«Le gouvernement se prend toute une déculottée, surtout lorsqu'on sait que plusieurs villes du Québec, notamment Saguenay, Baie-Comeau, Shawinigan et Sept-Îles, s'étaient investies corps et âme pour accueillir le projet de FerroAtlántica», a-t-il ajouté. 
Et celui-ci n'a pas manqué de critiquer le ministre Pierre Arcand «qui dévoile sur la place publique que le gouvernement du Québec est incapable de rivaliser avec la Chine dans la recherche d'investissements, ce qui ne laisse pas présager de meilleurs jours pour la situation économique du Québec».
Interpellé sur le sujet en marge du dîner conférence à Nicolet, le ministre délégué aux PME et responsable de la Mauricie, Jean-Denis Girard, a rétorqué que «le gouvernement n'a pas le contrôle sur les conditions de marché».
Sans se réjouir du mauvais sort réservé au projet de Port-Cartier, le député Martel souhaite maintenant que l'on procède à la modernisation de l'usine Silicium Québec, un scénario qui circule déjà dans les coulisses. «C'est une opportunité», croit-il, en conclusion.