Michel Boudreault, président-directeur général de Sotrem.

Sotrem veut une prolongation du gouvernement

L'alimentation en eau pour la production au centre de coulée de Rio Tinto Alcan constitue un enjeu complexe au-delà du 31 décembre 2014, de sorte que le repreneur des installations souhaite obtenir du gouvernement du Québec une autorisation à maintenir le système actuel pendant une période transitoire.
Si cette demande est acceptée, Sotrem s'engage à réduire considérablement sa consommation afin de ne pas nuire aux engagements de la Ville de Shawinigan auprès du ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques pour maintenir ses sources d'approvisionnement en eau potable.
Le lac à la Pêche alimentait l'aluminerie de Rio Tinto Alcan pour sa production. Dans ses démarches auprès du ministère pour conserver ses sources, la Ville de Shawinigan s'est notamment engagée à retirer l'aluminerie du réseau d'eau potable pour ses besoins industriels à compter du 31 décembre 2014, qui correspondait à l'échéance ultime de production fixé par Rio Tinto Alcan. Les activités ont finalement cessé en novembre 2013.
Bien entendu, Sotrem doit continuer à bénéficier d'une alimentation fiable pour son centre de coulée, dont elle devrait officiellement prendre possession quelque part à l'automne. Pour le moment, la décision du Groupe FerroAtlántica de ne pas s'établir à Shawinigan change la donne. Non seulement les besoins à court terme deviennent beaucoup moins importants que prévu, mais il manque maintenant un joueur majeur pour absorber les investissements requis pour changer de source d'approvisionnement.
Le président - directeur général de Sotrem, Michel Boudreault, reconnaît qu'il serait bien embêté si le gouvernement condamnait comme prévu l'alimentation actuelle provenant du lac à la Pêche à compter du 1er janvier.
«Le plan A, ce serait de diminuer la quantité d'eau que nous consommerons», indique-t-il. Actuellement, les besoins pour le centre de coulée sont estimés à 3500 mètres cubes par jour.
«Si on pouvait diminuer de moitié, ce serait déjà ça», avance M. Boudreault. «Mais ça demanderait quand même des investissements, comme des bassins et des réservoirs pour réutiliser l'eau. Rien n'est réalisable sans investissement majeur.»
La possibilité de s'approvisionner dans la rivière Saint-Maurice ou même la rivière Shawinigan a déjà été avancée. L'eau devrait quand même être filtrée localement et une station de pompage devrait être construite. «On se dirige dans des coûts de quelques millions de dollars», fait remarquer le dirigeant. «La solution est facile à trouver, mais c'est toujours une question de coûts!»
Compte tenu de la complexité de cette transaction, M. Boudreault aimerait bénéficier d'une période de transition pour la délicate question de son approvisionnement en eau.
«Peut-être pourrions-nous rester connectés comme ça pendant deux ans, le temps qu'on pense à autre chose», suggère-t-il. «Notre but, c'est d'y aller étape par étape. Je ne peux pas arriver immédiatement avec un gros système dès le départ. Les frais sont astronomiques.»
Le maire, Michel Angers, croit possible d'obtenir une période de transition de la part du gouvernement. La date du 31 décembre 2014 avait été fixée dans un contexte de fermeture d'usine, rappelle-t-il. Cette date butoir n'est plus associée à la fin de la production d'aluminium.
«Nous allons très certainement trouver une solution pour alimenter Sotrem en eau», commente le maire. «On connaît le délai du 31 décembre 2014, mais à mon avis, on peut regarder si on ne pourrait pas le prolonger un peu, le temps que la compagnie se vire de bord.»
M. Boudreault comprend qu'il s'agirait d'une solution temporaire. À plus long terme, tous les scénarios demeurent ouverts.
«Des solutions, il en existe», répète-t-il. «Par exemple, on n'a qu'à installer un circuit fermé, mais ça nous demanderait un investissement de dix millions $. Pour nous, c'est impossible.»
M. Boudreault mentionne que son entreprise est également préoccupée par le rejet des huiles végétales dans la rivièreSaint-Maurice. Le procédé de traitement actuel sera amélioré, prévoit-il.
«Le système est efficace, mais il demande beaucoup d'entretien», remarque l'homme d'affaires. «Je ne peux pas me permettre de mettre une personne là-dessus à l'année.»
Pendant que ces analyses se poursuivent, le centre de coulée interrompra ses activités du 13 au 26 juillet. RTA a proposé une période volontaire de vacances de deux semaines pour réparer certains équipements et la très grande majorité des travailleurs s'en est prévalue.