Voici un exemple de photo publiée sur la page Facebook Trois-Rivières illustrée. On y aperçoit la rue des Forges en reconstruction après l'incendie de 1908.

Sortir les photos des tiroirs sur Facebook

Comme source d'information, on sait qu'Internet en général et les réseaux sociaux en particulier s'ajoutent aux outils traditionnels, mais avec le bémol d'une rigueur et d'une crédibilité à vérifier.
Néanmoins, un canal comme Facebook permet la publication et la mise en commun d'une documentation qui, sinon, demeurerait inconnue, comme en témoigne la page Trois-Rivières illustrée, créée et cogérée par l'historien René Beaudoin.
«J'avais vu des choses semblables pour les villes de Shawinigan et La Tuque, et j'avais trouvé que c'était une très bonne idée pour sortir les photos hors des tiroirs», raconte M. Beaudoin en évoquant la genèse de la page réunissant à ce jour plus de 2330 membres qui partagent des photos et illustrations, et peuvent interagir sur le contenu de celles-ci, leur provenance ou leur interprétation.
«J'ai souvent recours aux méthodes orales pour aller chercher des éléments moins repérables dans les documents. Quand je vais chez les gens, c'est sûr qu'ils ont des richesses chez eux», mentionne-t-il, en ajoutant que les gens sont souvent réticents à prêter des items de leur patrimoine familial qui pourraient avoir une valeur historique.
«C'est sûr que les gens ont quelque chose qu'ils ne donneraient pas. Alors Facebook est un outil très convivial, facile à utiliser, constate René Beaudoin, qui a créé le groupe le 18 mars 2012 et administre la page avec Jacques Bertrand, Gilles Dargis et Dany Gauvin.
Tel que formulé dans sa description, la page Trois-Rivières illustrée regroupe des «photos anciennes ou récentes de personnages, de lieux et d'événements de l'histoire de Trois-Rivières». On fait référence au territoire de la ville fusionnée en 2002, ce qui implique que la documentation touchant les anciennes villes de Cap-de-la-Madeleine, Pointe-du-Lac, Sainte-Marthe-du-Cap, Saint-Louis-de-France et Trois-Rivières-Ouest est aussi la bienvenue.
Des exemples de ce qu'on peut trouver sur la page du groupe? Des photos de commerces d'antan comme le Magasin Lambert et Cloutier sur la rue Champflour vers 1924 ou le Magasin J.B. Loranger de la rue Badeaux en 1910, ou d'autres bâtiments disparus comme le Château de Blois, le cinéma de Paris, l'usine St. Regis Paper ou l'ancien Terminus Voyageur.
Des images représentant des gens sont aussi publiées, comme par exemple des photos de zouaves trifluviens en 1910, de choristes de l'Orphéon au milieu des années 1950 ou de sportifs à diverses époques.
René Beaudoin indique que des anciens Trifluviens maintenant établis à l'étranger renouent virtuellement avec leur ville et sont parfois en mesure d'identifier des lieux ou des personnes connues ou de fournir eux-mêmes de la documentation. L'historien se réjouit également du nombre de membres qui s'ajoutent continuellement au groupe depuis sa création. «Il n'y a pas une société d'histoire ou de généalogie qui aurait autant de membres», fait-il remarquer.