Alex Harvey a été ennuyé par un problème de fartage pour une deuxième fois en trois courses.

Ski de fond: trop sur les épaules?

Comment expliquer la déconfiture d'Alex Harvey aux Jeux olympiques? Après son abandon au 15 km vendredi, le Québécois a de nouveau blâmé l'équipe de farteurs pour ses skis qui ne répondaient pas de façon optimale, particulièrement en descente. À mon avis, une série de facteurs sont à l'origine des contre-performances de Harvey.
Il est vrai que le fartage a probablement joué un rôle dans la décision d'abandonner. Mais il y a une limite à la perte de performance que l'utilisation d'une mauvaise cire peut causer. On peut perdre une dizaine de places, mais pas une quarantaine. De plus, les filles ont skié dans des conditions similaires jeudi et ça s'est bien déroulé.
Ce ne sont pas tous les fondeurs qui sont habiles dans toutes les conditions et avec cette neige fuyante, c'est plus difficile. D'ailleurs, le Suisse Dario Cologna était identifié comme un éventuel gagnant avant même l'épreuve puisqu'il excelle dans ces conditions.
Je commence toutefois à me demander si les attentes envers Harvey n'étaient pas trop élevées avant le début des Jeux. Pour que celui-ci ait du succès, il faut que tous les éléments soient regroupés. Ça me rappelle ma présence aux Olympiques de 1988 à Calgary. À l'époque, on nous prédisait un top 10 à Pierre Harvey et moi, mais pourtant, nous n'avions jamais fait ces performances lors de cette année. Nous avions finalement terminé 14e et 25e, et pourtant, je ne pense pas que j'avais fait une si mauvaise course. Ce n'est pas facile de performer avec toute cette pression.
L'équipement a peut-être fait défaut lors des sorties d'Alex Harvey, mais il est aussi possible que l'athlète ne soit pas dans sa forme optimale. Il a connu de très bons résultats avant la période olympique et il est possible qu'il avait déjà atteint son plein potentiel avant les Jeux.
C'est très difficile de prévoir ce genre de chose pour un préparateur physique, puisque tous les athlètes réagissent différemment à un programme d'entraînement. Il n'y a pas de recette parfaite. Oui, il se dit en forme, mais est-il à son summum? La décision de prendre part à six épreuves était peut-être un pari risqué. Au final, je crois que la décision de Harvey d'abandonner le relais 4 x 10 km est la bonne. Il pourra se concentrer sur le sprint par équipe et peut-être causer une surprise au 50 km.
Propos recueillis par Nicolas Ducharme