Alex Harvey (à gauche) et son coéquipier Devon Keshaw ont subi l'élimination dès les demi-finales à l'épreuve de sprint par équipes, mercredi.

Ski de fond: les mots nous manquent...

On peine à trouver les bons mots pour décrire le parcours olympique de nos athlètes canadiens en ski de fond. En fait, est-ce qu'il existe des termes pour témoigner de la déception vécue par Alex Harvey depuis le début des Jeux de Sotchi?
Avec un Devon Kershaw malade, alité depuis quatre jours, il ne fallait pas fonder de grandes attentes envers le duo. Un sprint par équipe à deux, ça se gagne à deux! À la télévision, on a bien vu que l'équipier de Harvey a cassé, ce qui a privé le tandem d'une place en finale.
Ne nous contons pas d'histoires: ça fait au moins deux ans que Kershaw déçoit sur la scène mondiale. Il ne réussit pas à sortir du lot, ce qui complique la tâche de ses coéquipiers, comme ce fut le cas pour Alex mercredi.
Au niveau des conditions, ça ne semblait pas être l'idéal non plus. La neige était fraîche et le mercure se trouvait au-dessus de 0 degrés Celsius. Dans ces circonstances, le fartage est très collant et la neige, si on sort de la piste, va créer des petits «mottons» de glace sous les skis. Ça aura comme conséquence de freiner les fondeurs, même de provoquer des chutes. C'est arrivé mercredi pendant les sprints. Chose certaine, les athlètes n'ont pas été très gâtés sur le plan des conditions de neige depuis une semaine et demie.
Place au 50 km
Ce serait merveilleux et je serais la première à sauter de joie, mais je doute qu'Alex termine les Jeux olympiques sur le podium, dimanche, lors du 50 km, dernière épreuve en ski de fond. Chacun à leur façon, ces fondeurs sont des champions. Harvey a déjà prouvé qu'il avait sa place parmi les 20 meilleurs, mais dans son état mental actuel, je ne crois pas qu'il puisse répéter les exploits qu'il a accomplis dans les dernières années.
En 2010 à Vancouver, il avait pris le cinquième rang à la surprise générale, mais c'était encore un jeunot qui n'avait rien à prouver! Il sortait presque de nulle part et n'avait aucune pression, que ce soit sur le plan personnel ou médiatique. À Sotchi cette année, il incarnait le principal espoir de médaille pour le Canada. A-t-il mal réagi à cette pression? Chose certaine, il en avait beaucoup. Un peu trop même.
Propos recueillis par Louis-Simon Gauthier