Le conseil d'administration du Centre de santé et des services sociaux de Trois-Rivières demande au ministre de la Santé et des Services sociaux de surseoir au scénario proposé dans le cadre de la démarche Optilab.

Situation difficile mais contrôlée à l'urgence du CHRTR

L'urgence du CHRTR a vécu un moment particulièrement difficile mardi, qualifié de «hors du commun» par la direction de l'établissement, alors qu'on a dénombré en 24 heures pas moins de 208 usagers inscrits, dont 80 arrivés par ambulance, une situation qui aurait été causée entre autres par les conditions routières dangereuses.
Cent une personnes ont dû être installées sur civières (le permis est de 45). Mercredi matin, la situation tendait vers la normale avec 54 patients sur civières (un nombre qui s'est maintenu toute la journée) et aucun usager séjournant depuis plus de 48 h, a-t-on pris soin de préciser. (On en comptait 2 en fin de journée, par contre.)
Rappelons que la moyenne quotidienne se situe à environ 145 inscriptions et 50 ambulances. Le docteur Olivier Roy, directeur adjoint des services professionnels et des affaires médicales et urgentologue au CHRTR, a souligné le travail de l'équipe d'urgence qui a su offrir des services de qualité et sécuritaires dans cette situation d'exception. Il s'est également dit très satisfait du travail des équipes qui contribuent à la continuité et la fluidité des services.
Au CHRTR, on se félicite des investissements des dernières années dans les unités de décision clinique, la nouvelle unité de 16 lits et le développement de places d'hébergement dans la communauté, sans lesquels on n'aurait pu arriver au même résultat.
«Les délais d'attente en ambulatoire à l'urgence demeurent une préoccupation importante pour la direction du CSSS de Trois-Rivières, poursuit le docteur Roy. À cet égard, nous remercions la population pour sa compréhension ainsi que les groupes de médecine familiale qui, depuis quelques mois, offrent des plages de ''sans rendez-vous" sept jours sur sept.»
Comme  ailleurs au Québec la grippe semble atteindre son pic ces jours-ci, même si au CHRTR on signale qu'on retrouve de tout à l'urgence: grippe H1N1 bien sûr,  mais aussi des cas de détresse respiratoire ou cardiaque, causés par le grand froid,  des virus, quelques cas de gastro et des accidentés de la route ou autre.
À ce sujet, le docteur Yves Lamirande, directeur des services professionnels et des affaires médicales au Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières, fait remarquer qu'en hiver, les carambolages de voitures comme on a connus récemment, amènent des blessés moins graves aux urgences que ceux des collisions d'été, principalement à cause de la neige, et que les urgentologues spécialement formés sont à même de traiter ces blessures. 
Il notait par ailleurs qu'un nouveau fonctionnement avait été adopté en orthopédie, et qu'un médecin orthopédiste en clinique ne voyait que les cas d'urgence. «Il est là juste pour ça. C'est l'avantage d'avoir plus de médecins, on s'ajuste.»
Dans les autres hôpitaux de la région, quelques-uns dépassaient aussi le nombre de civières permis en fin d'après-midi, mais aucune situation n'était alarmante. C'était le cas du CSSSS de l'Énergie au Centre-de-la-Mauricie, du CSSS de Maskinongé, de l'hôpital Christ-Roy, de l'hôpital Sainte-Croix et de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska.
Un peu partout en province, on observe qu'un fort pourcentage des patients qui se présentent dans une urgence atteints de la grippe H1N1 sont souvent des personnes de moins de 50 ans. Dans la région, ce pourcentage serait de 37 %. Il est de 44 % dans la région de Montréal.
La docteure Danielle Samson de l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec mentionne que les gens atteints de la grippe H1N1 ont les mêmes symptômes qu'une autre grippe: fièvre persistante pendant plusieurs jours accompagnée d'un grand affaissement et d'une importante fatigue.
«Les gens qui ont une vraie grippe savent qu'ils ne peuvent aller travailler, illustre-t-elle. Si on envisage d'aller travailler, ce n'est pas la grippe. Cela peut être un mal de gorge, une toux importante, c'est tout. Ce qui distingue vraiment la grippe, c'est une grande diminution de l'état général. On devient incapable et les gens qui n'ont jamais eu une vraie grippe deviennent inquiets devant ces symptômes, ce qui fait qu'ils vont consulter et se rendre à l'urgence.»