Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, est heureux de tourner la page sur la saga des équipements supralocaux de Shawinigan.

Services supralocaux: des réactions difficiles à prévoir

Comment la population environnante réagira-t-elle aux nouveaux tarifs imposés par la Ville de Shawinigan pour participer à ses activités? Le temps se chargera de répondre à cette question, mais en ce qui concerne le hockey mineur, la hausse n'étonne pas Luc Dostaler, maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.
«J'imagine que les gens vont trouver que c'est un montant un peu plus important à payer», convient-il, en réaction au tarif du hockey mineur pour les résidents de l'extérieur de Shawinigan, qui passera de 400 $ à 800 $ à l'automne. «Mais est-ce qu'ils seront heureux que ce ne soit pas 1700 $? Je pense que oui.»
«Ce n'est pas à moi de discuter combien ça coûte pour jouer à Shawinigan», ajoute-t-il. «Mais à 1700 $, je trouvais ça clairement déraisonnable. Ils ont le droit de demander une taxe (au visiteur), mais je juge encore que les gens de l'extérieur représentent un plus pour nos organisations sportives. C'est pourquoi nous n'imposons pas de taxe de non-résident.»
Le conseil municipal de Notre-Dame-du-Mont-Carmel vient d'adopter sa Politique d'aide financière aux activités sportives pour les jeunes de 17 ans et moins. Elle prévoit un remboursement maximal de 200 $ par enfant qui pratique une activité qualifiée dans une autre municipalité.
Le hockey entre dans cette catégorie, puisque Notre-Dame-du-Mont-Carmel ne peut offrir ce sport organisé sur son territoire. M. Dostaler s'attend à ce que les activités en piscine soient aussi touchées par la nouvelle grille de Shawinigan. La réponse tombera à l'adoption du règlement, le 13 juin.
L'hiver dernier, des parents ont profité de la permission spéciale accordée par Hockey Mauricie pour envoyer des enfants à Saint-Boniface lors de la saison de hockey 2016-2017. M. Dostaler ne sait pas si cette entente pourra être reconduite, mais le cas échéant, ceux qui trouvent la facture trop élevée à Shawinigan pourraient se prévaloir de cette option.
Lors du dévoilement des résultats de l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton en octobre 2015, Notre-Dame-du-Mont-Carmel était particulièrement touchée par les coûts que tentait de récupérer la Ville pour l'utilisation de ses équipements supralocaux. La firme invitait cette municipalité à assumer 51 % d'un montant de 476 000 $, qui représentait la différence entre la valeur des coûts assumés par Shawinigan et les tarifs imposés aux utilisateurs de l'extérieur.
«Je suis content du dénouement», reconnaît M. Dostaler. «Jusqu'à un certain point, les élus de Shawinigan ont aussi compris le point de vue des municipalités autour.»
Tournure inattendue
Le maire de Shawinigan répète que dans son esprit, les négociations sur la reconnaissance des équipements supralocaux a pris une tournure totalement inattendue. Il rappelle que des ententes semblables se multiplient à travers la province. 
«Aux dernières assises (de l'Union des municipalités du Québec), j'ai rencontré plusieurs de mes collègues de villes équivalentes en pleines discussions sur des ententes intermunicipales», raconte Michel Angers. «Curieusement, la Commission municipale du Québec est là pour les accompagner alors que pour nous, ça n'avait pas été accepté.»
En décembre, la décision du ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, de ne pas mandater la CMQ à produire une étude sur les équipements supralocaux à Shawinigan avait scié les jambes du conseil municipal.
Si le maire de Shawinigan peine à trouver une explication rationnelle au dénouement de ces négociations, M. Dostaler croit que le fait que certaines municipalités bénéficient d'une bonne structure de loisirs rendait difficile le versement d'une compensation à la ville centre.
«Des centaines de milliers de dollars sont dédiés aux loisirs dans notre budget», fait-il remarquer. «Quand on me dit qu'en plus, il faudrait payer pour ce qu'il y a ailleurs, des équipements que nous n'avons pas choisi d'avoir, c'est là qu'il y avait un problème.»
M. Angers laisse entendre qu'il n'initiera certainement pas une nouvelle ronde de négociation pour les services supralocaux dans un avenir prévisible, mais les portes de l'hôtel de ville demeureront ouvertes à toute municipalité souhaitant s'entendre avec Shawinigan.