Le plus grand producteur de tomates de serre au Québec,  Savoura, frappé par la concurrence du Mexique et de l'Ontario, se voit forcé de vendre ses installations et sa marque de commerce.

Serres Sagami achète Savoura

L'entreprise Serres Sagami a été retenue pour se porter acquéreur des actifs de Serres du Saint-Laurent, producteur de la marque Savoura, qui possède, entre autres, des installations dans la Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès. Le jugement entérinant la transaction a été rendu et cette vente devrait se concrétiser au cours des prochains jours.
«Il s'agit pour nous d'une acquisition grandement stratégique qui nous permettra de consolider notre présence dans l'industrie serricole au Québec. Cette marque emblématique fait partie du patrimoine agricole québécois et mérite de demeurer présente sur la table des Québécois», a déclaré hier par voie de communiqué le président de Serres Sagami, Stéphane Roy.
Le responsable des communications, Maxime Couture, confirme que toutes les activités développées par Savoura demeureront et qu'aucun des 190 employés ne sera licencié.
«Tous les employés conservent leur poste, les activités continuent normalement, tout reste comme c'était, tout continue à aller de l'avant. L'entente avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) demeure comme elle était», signale M. Couture.
Ainsi, le contrat paraphé entre Savoura et la RGMRM, principale fournisseuse de biogaz, sera maintenu, quoique certains détails restent encore à être peaufinés.
Même s'il n'avait toujours pas reçu la confirmation que Serres Sagami tenait désormais le gouvernail de Savoura, le président de la RGMRM, René Goyette, espère que le nouveau propriétaire sera disposé à clarifier les points nébuleux qui planent encore sur le contrat qui unit les deux entités. Entre autres, lorsque la RGMRM doit effectuer des travaux d'entretien sur ses installations, elle doit cesser de surcroît de fournir du biogaz à Savoura. Le producteur serricole doit alors se tourner vers Gaz Métro pour acquérir du gaz naturel et ensuite refiler la facture à la RGMRM.
«Il y a des choses qui n'étaient pas terminées avec Savoura», signale M. Goyette. «On n'a pas fini cet arbitrage-là. Je devrais m'asseoir avec le nouveau propriétaire. On ira en arbitrage ou en cour pour régler ce problème-là parce que ce n'est pas fait encore.» Également, M. Goyette rappelle que les terrains sur lesquels sont construites les serres appartiennent à la RGMRM. Un autre point déposé sur la table de futures négociations. «Pour l'instant, je n'ai eu aucune conversation avec le nouvel acheteur», conclut M. Goyette. 
Avec cette acquisition, la cinquième depuis 2000, Serres Sagami se propulse au rang du plus important producteur serricole du Québec et un des plus importants au Canada. Depuis près de 15 ans, Serres Sagami, dont le siège social est situé à Sainte-Sophie dans les Laurentides, commercialise différentes variétés de tomates pour le marché québécois, canadien et nord-américain. Une production de concombres anglais, destinée aux chaînes d'alimentation et aux distributeurs, s'ajoutera prochainement à la production de tomates.
Rappelons que Les Serres du Saint-Laurent étaient en faillite depuis le mois de février. La direction de la compagnie avait tenté tant bien que mal de dénicher de nouveaux partenaires d'affaires, mais l'opération s'était révélée un échec. À la demande des créanciers garantis de l'entreprise de Portneuf, la Cour supérieure du Québec avait alors nommé un séquestre - la firme Raymond Chabot - pour tenter de vendre les actifs de la compagnie.
Les créances de la compagnie auprès de ses deux créanciers garantis - la Banque Nationale du Canada et la Banque Royale du Canada - s'élevaient à 10 millions $ et à 6,1 millions $ respectivement. Au total, l'entreprise devait 20 millions $ à ses créanciers, dont près de 100 000 $ à la RGMRM en mars 2015.
Avec la collaboration de Jean-Michel Genois Gagnon, Le Soleil