La visite de Françoise David à Comsep, lundi, avait presque des airs de retrouvailles avec Sylvie Tardif, puisqu'elles se connaissent depuis 25 ans.

«Sans les organismes communautaires, on fermerait la shop»

«Sans les organismes communautaires, on fermerait la shop demain matin dans le secteur communautaire, et je pense que la société québécoise cesserait de respirer. Sincèrement.»
C'est en ces mots que Françoise David, coporte-parole de Québec solidaire, a conclu la portion officielle de sa rencontre, lundi matin à Comsep, en marge de la campagne électorale. Et quand quelqu'un lui a demandé si ce serait pire que la chute de la bourse, elle a répondu sans hésitation: «Oui, madame!».
Après le candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, c'était au tour de Mme David de rencontrer Sylvie et Marie-Josée Tardif, qui lui ont transmis les attentes de l'organisme de la rue Saint-François-Xavier. Il a principalement été question du projet «Plutôt que l'insertion, le droit au travail», mis sur pied par Comsep et dont le taux de réussite est enviable.
«C'est le seul projet de réinsertion à l'emploi qu'on a qui fonctionne à 100 %», souligne Marie-Josée Tardif. Ce projet s'adresse aux gens présentant des limites permanentes. Il est en expérimentation à Comsep depuis 12 ans et dans Chaudière-Appalaches depuis trois ans, et Sylvie Tardif voudrait le voir s'implanter dans le reste du Québec.
Pour couvrir les salaires des travailleurs, il nécessite une subvention permanente de Québec de l'ordre de 60 % (alors que le reste, 40 %, est fourni par l'employeur). «Ce projet permet à des personnes qui sont très loin du marché du travail d'occuper un emploi salarié et de le conserver. L'enjeu avec ce projet-là est une subvention à long terme pour compenser les difficultés que les personnes ont. Des personnes qui veulent travailler, mais si on ne leur donne pas un petit coup de pouce à long terme, c'est difficile», plaide Sylvie Tardif, qui ajoute que le gouvernement est gagnant puisque l'aide au salaire de l'employé par l'État (60 %) est inférieure à ce qu'un bénéficiaire reçoit de l'Aide sociale.
Mme David a tenu à rendre hommage à Comsep pour ses innovations. «Quand vous dites: notre projet de droit au travail a un taux de réussite de 100 %, il n'y a pas beaucoup de monde, même dans le privé, qui puisse concurrencer ça. Pour moi, c'est tellement évident, qu'un gouvernement solidaire dirait à Emploi Québec: «Ça, tu le finances année après année, pour ne pas que les groupes soient obligés, à chaque année, de venir supplier», prévient la coporte-parole de QS. Cette dernière a rappelé que son parti avait des engagements précis en matière de lutte à la pauvreté, «dont celui d'élaborer un revenu minimum garanti».
«À court terme, on pense qu'il faut augmenter les prestations de l'Aide sociale pour que toutes les personnes puissent répondre à leurs besoins essentiels. Ce n'est pas avec 620 $ par mois pour une personne seule sur l'Aide sociale qu'on peut y arriver. Le printemps dernier, nous proposions à la ministre Agnès Maltais de donner 100 $ de plus à tout le monde. Ça a été 20 $. C'est dérisoire», déplore la visiteuse. «Là-dessus, vous avez notre appui. Sans aucune ambiguïté.»
Lors de cette rencontre, il a aussi été question d'école citoyenne, d'accès à la santé par le sport, d'appui aux groupes de femmes et des personnes seules sur l'Aide sociale.