Ci-dessus, les comédiens Réjean Vallée et Guillaume Pelletier dans une scène de la comédie Addio Gaston, qui occupera les planches du Théâtre du Coq tout l'été.

Salle d'embaumement en folie

Décor inusité dans l'univers des théâtres d'été, c'est entre les murs d'une salle d'embaumement que la troupe du Coq à l'âme convie le public ces jours-ci du côté de Sainte-Perpétue. Et tant qu'à baigner dans un esprit funéraire, aussi bien le faire sur le ton de la farce, de la très grosse farce même, réalise-t-on rapidement devant la comédie Addio Gaston.
La pièce présentée au Théâtre du Coq cette année est écrite et mise en scène par Jonathan Gagnon et interprétée par quatre comédiens qui s'activent avec énergie pour donner un rythme soutenu à cette production.
La distribution compte deux habitués de la place, Charlie Jutras et Guillaume Pelletier, de même que deux nouveaux venus sur cette scène, Réjean Vallée et Jérémie Boily. Ensemble, ils forment un quatuor qui fait le pari de jouer gros et d'épouser pleinement les traits marqués des personnages qui sont proposés.
On entre ici dans le quotidien de Gaston, propriétaire d'une entreprise en pompes funèbres et de son apprenti Stéphane, un thanatologue passionné qui adoptera toutefois les pratiques douteuses de son patron, délaissant tout scrupule pour favoriser le profit à tout prix sur le dos des gens endeuillés.
Leurs manoeuvres prendront toutefois une tournure un peu plus périlleuse au moment où débarquera Tino Scalabrini, nouveau chef de la mafia qui vient leur confier son père. L'entrée en scène de ce personnage sèmera la trouille au sein du personnel, jusqu'à entraîner les employés dans une spirale de quiproquos.
Tout est gros dans cette trame burlesque, du scénario truffé d'invraisemblances jusqu'aux traits caricaturaux des personnages en passant par la gestuelle et les mimiques des interprètes et les dialogues touffus. Ceci dit, dans ce genre, les comédiens sont excellents, leur niveau de jeu est tout à fait cohérent et déjà jeudi dernier, au soir de première, ils étaient fins prêts pour la saison estivale, manoeuvrant habilement dans une mécanique complexe, mais bien huilée.
Les décors sont par ailleurs bien élaborés, tout en permettant à la distribution d'être efficace à souhait pour occuper l'espace restreint de leur scène sans trop d'encombrement. Enfin, petite mention pour la trame sonore bien adaptée, avec clin d'oeil furtif à la série Six pieds sous terre.
Au Théâtre du Coq, on semble avoir abdiqué un peu le choix des pièces plus subtiles et les fantaisies de mise en scène des débuts, qui faisaient leur originalité, au profit cette année d'une pièce qui s'apparente beaucoup plus aux classiques du théâtre d'été, incluant tous les clichés, de la succession de quiproquos jusqu'au claquage de portes. Si cette tendance avait déjà été observée l'an dernier, elle s'accentue cet été.
Or, à en juger par les rires qui se faisaient de plus en plus sonores à mesure que la soirée avançait jeudi, ce ton semblait rejoindre la grande majorité des gens présents et est susceptible de plaire à plusieurs. Le pari est plutôt sûr et le succès susceptible d'être au rendez-vous cet été.
La pièce est présentée tous les jeudis, vendredis et samedis jusqu'au 6 septembre, avec ajout des mercredis les 16, 23, 30 juillet et 6 août. Toutes les représentations débutent à 20 h, mais les gens peuvent aussi choisir d'apporter leur lunch, histoire de s'offrir un pique-nique sur place tout en profitant de la sélection des bières de microbrasseries et des vins québécois qu'on trouve au théâtre.