Un film porno a été tourné pendant le dernier Festival western de Saint-Tite.

Saint-Tite: vaut mieux en sourire

Lors de ma dernière visite au Festival western de Saint-Tite, en septembre, c'est une jolie évangéliste d'un groupe de preachers de l'Association des fermiers chrétiens du Canada, armée d'un sourire racoleur vraiment irrésistible, qui m'avait invité sous sa tente.
Je n'avais pu résister à son invitation. Il m'avait alors fallu écouter gentiment quelques interprétations bibliques de la part de membres de son Église avant de pouvoir obtenir ma récompense promise. Il fallait choisir entre différents petits objets aux couleurs célestes. Ils étaient offerts gratuitement à tous les visiteurs de leur petit pavillon installé sur la rueSaint-Pierre.
Chanceux ou malchanceux? Quand on pense qu'un peu plus loin, quelque part autour des paddocks, j'aurais pu me faire inviter par deux jolies femmes, jambes dégagées, cuisses entrouvertes, langues traîneuses léchant leurs babines, avec peut-être quelques tortillements du corps, légers mais explicites sur la suite des choses et un petit signe de tête invitant à monter dans leur V.R., leur «véhicule récréatif». Là aussi, il y avait des gratuités.
Il aurait fallu l'âme du missionnaire, l'âme de mes évangélistes de tantôt, pour ne pas succomber à la tentation... de ma curiosité journalistique.
Encore qu'on peut supposer qu'ayant surmonté toutes les étapes administratives, dont celle d'être d'accord à ne pas porter de masque pour le batifolage qui suivrait, il aurait dû rester encore quelques examens à réussir pour espérer être au générique de Quickie: casting de Saint-Tite. J'imagine que pour devenir pornstar, même éphémère, aux côtés d'Alyson et de Vaneska, les vedettes, on avait quelques exigences, esthétiques et physiques. Faut que ça fasse de belles images, que ça perce l'écran.
D'être recalé rendu à ce point, ça doit être terrible pour l'estime de soi. Concédons qu'on est peut-être loin de Brad Pitt et de George Clooney.
Ils ont finalement été huit, cow-boys errants et enivrés, à s'être prêtés à l'aventure ou à avoir traversé les préliminaires, chapeau en l'air, lasso déployé. Cela fait aujourd'hui toute une histoire. Dont il vaut sans doute mieux en sourire.
On a parodié, souvent avec une indécente désinvolture, beaucoup de séries télévisées ou de personnages populaires au Québec, pour bâtir des petits scripts faciles à des fins de films pornos.
Qu'on pense seulement au Matricule 728, qui n'a quand même pas les lignes d'une déesse, qui a fait l'objet d'une telle attention. Tout estbon pour faire un titre évocateur.
Que le Festival western de Saint-Tite ait été utilisé à cette fin, cela ne démontre qu'une fois de plus l'immense notoriété dont l'événement jouit, au Québec, mais aussi dans toute l'Amérique du Nord, pour laquelle il remporte année après année la reconnaissance du meilleur rodéo extérieur.
Les autorités du festival n'ont aucune responsabilité et aucun moyen, si les choses ne sont pas portées à leur attention, pour intervenir et empêcher une telle exploitation.
On serait mal avisé de s'autoriser à fouiner, à titre préventifpar exemple, à l'intérieur des 10 000 caravanes qui s'y installent chaque année.
On se doute bien qu'on ne fait pas que remplir des cases du sudoku ou de jouer au domino dans les caravanes. Mais c'est du domaine privé. De là cependant à imaginer qu'on allait y tourner de la porno... Même si on en avait eu vent, ç'aurait été chercher une aiguille dans une botte de foin.
On doit quand même être soulagé que le producteur ait eu la délicatesse, ou la sagesse, de ne pas avoir associé le logo du festival à son film, préservant ainsi l'image de l'organisation.
On peut quand même penser qu'on se serait bien passé d'une telle association indirecte,même si elle n'est que par le nom de la ville. Les producteurs de porno ne démontrent pas toujours une grande moralité, on s'en doute.
Il y a quelques années, un travailleur de la Kruger, à Trois-Rivières, en vacances en Europe, s'était fait offrir quelques centaines de dollars pour participer à un enregistrement porno, avec la promesse qu'il ne serait jamais diffusé au Québec.
Il n'était pas descendu d'avion que le film était déjà en circulation ici, ce qui a fait de lui une gloire chez ses compagnons de Kruger... et l'objet de bien des moqueries.