Robin Roy

Robin Roy aérodynamique

Quiconque s'intéresse le moindrement à la condition physique a probablement entendu parler de Robin Roy en Mauricie, voire au Québec, puisque ses DVD de mise en forme sont désormais distribués à la grandeur de la province.
Or au cours de la dernière décennie, la trajectoire de sa popularité n'a pas été que rapide, elle s'est aussi avérée étonnante.   
En avril 2000, Robin Roy, qui a grandi à Yamachiche, était à l'emploi d'une usine de meubles de Louiseville. Il venait d'y gravir tous les échelons, de l'employé de nuit en usine jusqu'aux bureaux administratifs. Or s'il faisait l'envie de certains, lui était tout à fait malheureux et ne se sentait aucunement à sa place.
Dix ans plus tard, l'homme a son studio d'entraînement au centre-ville de Trois-Rivières, il compte sept DVD d'exercices sur le marché, il a visité 26 pays, a appris cinq langues (français, anglais, espagnol, portugais et un peu allemand), se débrouille en japonais, italien, russe, mandarin et swahili.
Il y a deux semaines, il revenait d'un safari au Kenya et avait connu des heures de béatitude pendant neuf jours de repos total dans une hutte sans électricité en Tanzanie. Cette année, il a déjà prévu aller passer un mois en Inde et au Népal, avec bref retour à Trois-Rivières, pour repartir trois semaines en Espagne et au Portugal.
Voilà pour les priorités, car dans la vie, Robin Roy est tout à fait indifférent au confort et au matériel. Il vit avec sa conjointe dans un demi-sous-sol de deux pièces et demie, dort sur un futon, n'a pas de téléviseur et ne s'habille pratiquement pas, hormis les habits d'entraînements évidemment.
«Ça fait 11 ans que je n'ai pas écouté la télévision», dit-il. «Les jokes sur Hérouxville, je ne les comprenais même pas... Je ne savais pas ce qui s'était passé là-bas.» Mais encore, s'il a un véhicule neuf aujourd'hui, ce n'est que pour l'image de son entreprise.
Aussi bien dire que la décennie 2000 a été celle de l'accomplissement pour Robin Roy, ou des révélations, c'est selon. «Dans la vie, soit tu as un emploi, soit tu as une carrière, ou soit tu as un appel qui est plus fort que tout», en retient-il. «Pour moi ça a été un appel incroyable, et tout s'est enchaîné. Aujourd'hui, je considère que je suis complètement heureux. Le bonheur, je ne le cherche plus, j'y goûte à tous les jours!»
18 avril 2000
Tout a débuté le 18 avril 2000, raconte-t-il, au moment où il a vu dans le journal une publicité sur un cours de taï-boxe, qui l'a interpellé. Robin Roy y est allé, et y a pris goût.
«J'ai toujours été bon dans les sports mais jamais excellent. Plus jeune, je jouais au hockey et au base-ball comme tous les gars mais j'étais trop frêle, j'étais bâti comme un chicot, je me serais fait détruire...»
Robin Roy a entrepris dès lors d'enseigner l'entraînement physique, mais a rapidement été invité à joindre les G.O. des Clubs Med, ce qu'il a fait pendant un moment, à Punta Cana en République dominicaine.
«Je suis revenu deux mois plus tard. Je plafonnais sur le plan de la créativité. C'est bien beau le paradis mais j'avais l'impression d'être à ma retraite.»
L'homme a bougé ensuite passablement en devenant instructeur dans plusieurs centres d'entraînement physique à Trois-Rivières, jusqu'à convenir que la meilleure solution était encore de créer son propre centre, Aérobin, qui a vu le jour en 2005, avec le succès que l'on connaît. «Mes séances sont complètes. Je n'ai pas fait de publicité pour mon centre depuis 2007...»
De l'énergie en voulez-vous
Robin Roy a toujours bougé de la sorte. Il n'aime pas le mot hyperactif, mais considère sans ambages qu'il ne peut pas s'épuiser. «C'est impossible. J'ai une énergie incroyable. Il faut que je la répande.»
En Tanzanie au cours des dernières semaines, il a réduit la vitesse un bon brin. «C'est le voyage le plus reposant de ma vie. Habituellement, je me cours pour tout voir mais cette fois, je pouvais m'asseoir dans un hamac à regarder la mer pendant quatre heures... C'est la plus belle affaire. Le fitness, c'est ma vie mais le voyage, c'est ma passion.»
Sa dernière décennie lui donne des ailes et lui fait relever la tête. «Certains croient que je suis frais chier parce que je marche la tête haute», sourit-il. «Si je marche la tête haute, c'est que je sais à quel point je suis parti de rien. Je sais d'où je pars. Jamais je ne pourrai me prendre pour quelqu'un d'autre.»
Et de sept
Au chapitre des DVD, son dernier se nomme Au sommet de la forme. Il est le septième de son cru et le quatrième de sa série Bootcamp, qui alterne les courtes séances cardios et musculaires afin d'optimiser les résultats.
«C'est celui qui me ressemble le plus», observe Robin Roy. «D'un DVD à l'autre, je m'améliore et je me spécialise. Celui-là ressemble beaucoup à mes séances.»
Pour ce DVD, Robin Roy est particulièrement fier de ses choix musicaux. Et puisqu'il a joué de la batterie pendant 10 ans, le rythme est roi. «La musique, c'est le point numéro un. C'est elle qui m'inspire le mouvement. Je voulais un DVD qui fesse au niveau du son. On se défonce, alors ne me parlez pas de petites musiques d'ascenseur.»
Il se concentre par ailleurs pour trouver des mouvements qui vont rejoindre aussi les hommes. «Ce sont des mouvements simples mais intenses. Il y a un équilibre dans la complexité des mouvements.»
Sur son DVD, il est entouré de trois femmes et d'un homme, quatre de ses fidèles, dit-il. À eux cinq, ils représentent d'ailleurs toutes les décennies puisque ses acolytes ont entre 21 et 54 ans.
«Ce sont mes meilleurs amis, des personnes assidues qui sont issues de mes cours et qui maîtrisent les mouvements. C'est une équipe que je suis fier d'avoir. Sur mes DVD, vous ne verrez jamais des poupounes. J'en voudrai jamais.»
Pas plus que ses séances se passeront sur la plage ou en studio. Robin préfère et de loin les sites extérieurs. Après avoir opté pour la Cité de l'énergie de Shawinigan et le port de Trois-Rivières précédemment, il a misé cette fois-ci sur le Vieux-Port de Montréal, où ils ont tourné en pleine canicule cet été. «J'aime tourner n'importe où pour montrer que c'est accessible. Mes exercices ne prennent pas beaucoup de place. Les élèves peuvent même les faire sans problème dans une classe.»