Par quelques pourcentages d'avance, un peu moins de 1000 votes, les Trifluviens ont assis à nouveau le néodémocrate Robert Aubin sur le siège du député de Trois-Rivières. Une note finale qui est rentrée à près de 2 h mardi matin. On le voit ici avec sa conjointe Marie-Josée Dallaire.

Robert Aubin réélu de justesse dans Trois-Rivières

Il a été élu pour la première fois en 2011 en surfant sur la vague orange du Nouveau parti démocratique qui avait balayé le Québec. Quatre ans plus tard, il a résisté à la vague rouge de 2015 qui a porté le Parti libéral aux plus hautes sphères du pouvoir canadien.
Par quelques pourcentages d'avance, un peu moins de 1000 votes, les Trifluviens ont assis à nouveau le néodémocrate Robert Aubin sur le siège du député de Trois-Rivières. Une note finale qui est rentrée à près de 2 h mardi matin.
Même si son chef, Thomas Mulcair, ne s'est pas présenté dans la circonscription trifluvienne au cours des 78 derniers jours, M. Aubin aura pu bénéficier d'un appui populaire à la hauteur de ses attentes. 
Il s'en est fallu de peu pour que le libéral Yvon Boivin coiffe au fil d'arrivée son homologue néodémocrate. Pourtant, à la dernière minute, Robert Aubin aura déjoué les pronostics et l'aura remporté par quelques dizaines de voix. Au restaurant l'Oriflamme où s'étaient réunis une cinquantaine de partisans, la soirée aura été haute en couleur et aura, certes, donné à quelques-uns beaucoup de sueur froide.
Il faut dire que tout au long de la soirée, les néodémocrates tombaient comme des mouches d'un océan à l'autre. Avec la victoire de Ruth Ellen Brosseau dans la circonscription de Berthier-Maskinongé, un vent d'espoir a soufflé... jusqu'à ce que le libéral Yvon Boivin prenne l'avance jusqu'à tard dans la soirée. Et pourtant, Robert Aubin n'a jamais perdu espoir. Un espoir qu'il a fallu arroser tout au long de cette campagne électorale, la plus longue de l'histoire moderne du Canada.
«La campagne a été trop longue, on le dit partout. Inutilement longue. Je ne pense pas que la longueur n'ait servi personne. Mais personnellement, lorsque je regarde l'équipe qui m'entourait, j'ai un grand vent de satisfaction, comme je n'en avais pas les moyens en 2011. De voir des gens que je ne connais pas qui sont venus me donner un coup de main, ça été extraordinaire», formule M. Aubin, en avouant que le NPD a fait «des pertes importantes».
«On peut penser que Justin Trudeau se serait moins fait connaître avec une campagne plus courte. Mais la réalité, c'est qu'une seule personne détenait la clef de la longueur de la campagne, et c'est M. Harper», renchérit-il.
Rappelons qu'au cours de la campagne, Robert Aubin avait formulé plusieurs dossiers prioritaires pour Trois-Rivières. Celui qui avait fait campagne en mettant de l'avant la création d'emplois, le bien-être des aînés et la pyrrhotite a donc remporté son pari. Avec un gouvernement majoritaire libéral, Robert Aubin ne se décourage pas de devoir travailler à nouveau sur les bancs de l'opposition. Un peu plus tôt dans la campagne, il soulignait à grands traits que même dans l'opposition, un député pouvait faire avancer des dossiers.
«On règle des problèmes d'immigration, de l'agence du revenu. J'ai la satisfaction du devoir accompli. Et il y a le volet législatif. Même dans l'opposition, on peut faire avancer des dossiers. Le gouvernement est une machine lourde, mais le changement est possible en politique. C'est ce qui me fait continuer.»
Pour Denis Roy, spécialiste de l'image et président l'agence de communication et marketing Egzakt, les libéraux auront réussi à marier et la forme et le contenu, contrairement au NPD qui s'est contenté d'être sur la défensive tout au long de la campagne.
«Il y a eu plus d'audace du côté libéral», estime M. Roy.
Notons par ailleurs que le libéral a terminé la course quelques mètres derrière le député réélu avec 30,3% des voix, le bloquiste, André Valois, a terminé la course avec 17 % des voix, le conservateur Dominic Therrien avec 18,6 %, et le vert Éric Trottier avec 1,9 % des votes.