La foule était dense mercredi soir pour accueillir Alex Nevsky qui a tôt fait d'imposer son univers sur la grande scène.

Retour heureux sous le ciel bleu du FestiVoix

Magnifique soirée mercredi à Trois-Rivières. Côté température, le FestiVoix est vraiment béni. Après deux journées de répit à observer valser une météo dans tous ses états, voilà que le calme était de retour mercredi soir, comme si le vent ne s'était jamais levé en début de journée. Un grand dégagement, juste à temps pour permettre à l'événement de reprendre en toute quiétude là où les choses avaient été laissées en plan dimanche soir.
<p>Avec sa fougue et son répertoire fort intéressant, Sally Folk semble s'être alliée des adeptes mercredi en sol trifluvien.</p>
<p>Pour ses 50 ans, la Maîtrise du Cap a deux rendez-vous plutôt qu'un cette année au FestiVoix. Mercredi, on proposait le spectacle <em>Moi mes souliers</em> sur la scène des Ursulines alors que samedi, ils chanteront avec Marie-Denise Pelletier.</p>
Un retour au beau fixe juste à temps pour permettre à la foule de se masser confortablement devant la grande scène, en fin de soirée, pour saluer comme il se doit Alex Nevsky. Ce dernier n'a d'ailleurs pas tardé à placer les choses et à entraîner les gens dans son univers.
Départ planant sur Himalaya mon amour, la chanson-titre de son album, humour efficace dès les premières interventions, histoire de bien camper sa personnalité, et belle astuce pour faire fredonner les gens sur Je te quitterais, l'un des titres les plus sombres de son album, on peut imaginer que la suite fut belle. Disons que c'est à reculons que j'ai quitté les lieux pour honorer l'embarrassante, mais néanmoins incontournable heure de tombée. Paraît même qu'il avait prévu offrir une inédite, une primeur de son prochain album aux Trifluviens. Mais bon.
Or, il en est une autre qui semble être repartie mercredi avec un bon nombre de nouveaux adeptes du côté de Trois-Rivières. Très agréable rencontre que cette Sally Folk, fougueuse auteure-compositrice-interprète qui a fort bien chauffer les planches de la grande scène avant l'arrivée de Nevsky, et qui en a certainement happé plusieurs avec son répertoire juste assez pop, juste assez rock et un brin rebelle.
Assumant la grande scène sans problème en compagnie de ses quatre musiciens, la jeune femme a défilé les pièces de son album éponyme avec assurance, nous entraînant dans un univers intéressant incluant son hymne à l'infidélité, Heureux infidèle; une ballade intitulée C'est vrai, qui nous baigne dans une histoire de désolation amoureuse; une autre pièce un peu trash, de son propre aveu; sans compter la pièce où elle chante s'être faite prendre à croire à un poète, qu'elle nous balance comme ça, en pleine Capitale de la poésie. Textes denses, belle énergie et présence scénique chaleureuse, le portait d'ensemble est intéressant.
La jeune artiste n'a qu'un album éponyme à son compte jusqu'à présent, et complète ainsi son matériel avec quelques reprises qui collent parfaitement à son timbre et à son énergie, qu'elle emprunte la folie de la chanson Isabelle à Jean Leloup, ou qu'elle aille valser allègrement dans le répertoire de Niagara. C'est d'ailleurs sur les notes de Je dois m'en aller qu'elle a laissé les gens, mercredi en fin de prestation, après avoir précisé que la soirée défilait trop rapidement.
De toute évidence, elle aussi quittait à reculons mercredi. Dommage, on en aurait bien pris aussi un peu plus que ces 45 minutes. On dit de Sally Folk qu'elle s'est révélée un coup de coeur de Daniel Bélanger, mercredi, on semblait être plus d'un à partager. À suivre.
La soirée avait par ailleurs débuté sagement du côté de la scène des Jardins des Ursulines avec le quatuor La Cançao (la chanson en portugais), un ensemble jazz montréalais qui en était mercredi à son tout premier rendez-vous avec Trois-Rivières.
Pour célébrer l'occasion, on nous a offert une entrée de samba, quelques bossa nova en plats de résistance, une touche de blues au passage et quelques rasades de jazz, le tout entrecoupé du Cinéma de Claude Nougaro ou de la classique Que reste-t-il de nos amours. Petit moment doux, élégant, correct. Un peu frisquet toutefois en terme de présence scénique.
Enfin, on a remonté le temps du côté de la scène des Ursulines, là où les Petits Chanteurs de la Maîtrise du Cap célébraient les 50 ans de leur ensemble en revisitant plusieurs grands succès québécois, d'Harmonium à Mes Aïeux en passant par Dubois, Dufresne, Lavoie et Charlebois, entre autres, avec clin d'oeil privilégié au répertoire de Félix Leclerc.
Ce spectacle, intitulé Moi mes souliers, avait déjà été présenté au printemps à la salle J.-Antonio-Thompson. Notons par ailleurs que samedi, les Petits Chanteurs auront un deuxième rendez-vous avec le FestiVoix, cette fois pour chanter auprès de Marie-Denise Pelletier.