Le conflit perdure depuis plus de sept mois chez Silicium Québec.

Retour au travail chez Silicium Québec

Les cicatrices se referment lentement après un conflit de travail d'une durée de près de huit mois chez Silicium Québec, à Bécancour. Une partie des employés ont retrouvé leur gagne-pain vendredi matin.
Même si seulement 75 des 145 travailleurs étaient de retour à l'horaire vendredi, tous s'étaient donné rendez-vous devant le site afin de souligner la fin du conflit de travail. Des retraités de l'entreprise avaient même pris soin de se déplacer afin d'encourager leurs anciens collègues.
«Nous n'avons pas été gâtés avec la température, puisqu'avec le froid, aucun four ne marche. Évidemment qu'après huit mois, la motivation est différente. Il faut reprendre le contexte de travail. Malgré tout ça, ça s'est quand même bien passé», a mentionné Jean Simoneau, président de la section locale 184.
Même si plusieurs affichaient un air soulagé d'être enfin de retour au boulot, les traces laissées par ce long conflit prendront plusieurs mois avant de disparaître. Silicium Québec avait décrété un lock-out trois jours après l'échéance de la convention collective des ses employés, le 30 avril 2013. L'entreprise avait par la suite été reconnue coupable par la Commission des relations du travail d'avoir fait appel à des briseurs de grève à deux reprises.
«L'ambiance est bonne, mais il y a des choses difficiles à digérer, a avoué M. Simoneau. C'était un long conflit et il y a eu l'utilisation de briseurs de grève. Ça prendra un certain temps avant de revenir à la normale, mais le reste des membres sont conscients qu'il y a un travail à faire.»
Le président du syndicat estime d'ailleurs que l'appui des membres, à la hauteur de 76 %, envers la nouvelle entente de travail démontre l'intérêt de ceux-ci envers le retour à l'ouvrage.
Cette première vague de 75 employés à mettre un pied dans l'usine devrait être suivie d'une deuxième, le 23 janvier. À ce moment, 45 autres travailleurs effectueront leur entrée chez Silicium Québec, ce qui portera le pourcentage d'employés de retour au boulot à 85 %.
La suite des choses est toutefois moins certaine, puisque certains travailleurs pourraient devoir se trouver un nouvel emploi.
«Depuis le début du conflit, l'employeur désire réduire les effectifs. Comment ça va se passer? Nous aurons un portrait global en mars. On espère pouvoir faire travailler le plus de monde possible, mais il y aura peut-être des gens qui ne seront pas rappelés», a avoué M. Simoneau.
Le nouveau contrat de travail liant les deux parties est d'une durée de quatre ans et prévoit un gel des salaires de 2014 jusqu'au 31 octobre 2016. Les travailleurs profiteront d'une majoration salariale de 2,75 % dès le 1er novembre jusqu'au 30 avril 2017.
De plus, selon les informations fournies par le syndicat, aucun changement n'est prévu aux clauses en lien avec la sous-traitance. Les syndiqués devront aussi assurer 20 % de leurs frais médicaux, ce qui n'était pas le cas par le passé.