Les 13 associations en grève à l'UQTR ont commencé à tenir de nouvelles assemblées afin de déterminer si leurs membres ont l'intention de poursuivre quand même le mouvement de grève.

Rentrée automnale difficile en vue

La rentrée d'automne s'annonce plutôt difficile, tant pour les établissements collégiaux et l'UQTR que pour les étudiants puisque ces derniers devront reprendre de nombreuses semaines de retard académique cumulées au cours de la session d'hiver 2012 dans le cadre du mouvement de grève.
Les étudiants des 14 établissements de la région de Montréal touchés par la grève étudiante n'ont finalement complété que quatre ou cinq semaines d'études durant leur session d'hiver 2012 et devront la terminer au mois d'août, ce qui représente environ six semaines à reprendre.
Par la suite, ils devront à nouveau prendre les bouchées doubles pour espérer reprendre les semaines de formation de la session d'automne 2012 qu'ils perdront pendant ce temps.
Et ça, c'est si le mouvement étudiant ne poursuit pas ses moyens de pression cet automne et perturbe davantage le calendrier scolaire.
Même si cela touche surtout les étudiants de Montréal, la situation affecte par ricochet les trois établissements collégiaux de la région ainsi que l'UQTR qui est d'ailleurs sur le point de publier la solution adoptée par son conseil d'administration.
Le directeur du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay, a été l'un des premiers à lever la main pour signaler à la Fédération des Cégeps que la situation risque de provoquer des débordements encore imprévisibles sur le plan quantitatif dans les collèges régionaux qui ne sont pas touchés par le mouvement de grève.
Le directeur du Collège Shawinigan, André Gingras, constate «qu'il y a une grande proportion des étudiants de cinquième secondaire de Montréal qui ne sont pas encore inscrits dans un collège. Ils regardent comment ça se passe et ils vont s'inscrire en fonction de comment ça va se dérouler. On s'attend à avoir des demandes de dernière minute», dit-il.
«Les répercussions pourraient être au mois d'août», prévoit Nicole Gagné, registraire au Collège Laflèche.
C'est que les inscriptions au collégial se font en trois temps, voire en quatre temps puisque les collèges acceptent aussi certaines inscriptions tardives dans des cas particuliers.
«Quand on a encore de la place dans certains programmes, on essaie de faire des aménagements», explique M. Tremblay.
«On s'attend à avoir beaucoup de demandes à ce moment-là», prévoit André Gingras. La session commence vers le 16 ou le 17 août, mais les inscriptions de dernière minute se font jusqu'au 15 septembre», précise le directeur. «Plus ils retardent, plus leurs chances de réussite sont faibles», fait-il remarquer.
Jusqu'à présent, le Collège Shawinigan n'a pas eu d'inscriptions en provenance de Montréal tandis qu'au Cégep de Trois-Rivières, une vingtaine de ces étudiants seulement se sont pointés.
«Difficile de prévoir s'il y en aura plus», fait remarquer M. Tremblay.
Les collèges ont l'obligation d'accueillir ces nouveaux venus au sein de groupes déjà existants, explique-t-il. Toutefois, les collèges n'ont pas l'obligation de créer de nouveaux groupes, nuance André Gingras.
Ce n'est pas une question de ressources matérielles, explique-t-il, mais le problème est de trouver des ressources humaines à la dernière minute.
Actuellement, les établissements collégiaux et même l'UQTR se grattent la tête pour essayer de trouver le moyen le plus efficace d'aider les étudiants à récupérer leur retard académique.
Pour le directeur du Cégep de Trois-Rivières, une formule de tutorat individuel paraît le moyen le plus logique dans le contexte actuel. «C'est tout un défi pour les étudiants», fait-il valoir.
Quelle que soit la formule retenue, elle imposera l'implication de professeurs et cela «risque de coûter cher» en temps supplémentaire, prévoit M. Tremblay. La facture devra être refilée au ministère de l'Éducation puisque les établissements ne disposent pas des ressources finan-cières nécessaires, fait-il remarquer.