Rénald Laquerre acquitté

L'homme d'affaires trifluvien Rénald Laquerre a été acquitté des accusations que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) avait déposées contre lui en 2016. L'organisme lui reprochait d'avoir versé au Parti québécois plus d'argent que la loi ne le permet au cours de l'année 2015.
Dans un jugement rendu au cours des derniers jours, la Cour du Québec a statué que M. Laquerre n'avait pas l'intention de contribuer pour plus de 100 $ - soit la limite permise annuellement par la loi  - à la caisse électorale de la formation politique, et ce, même s'il a bel et bien effectué trois versements de 100 $ au cours d'une même année. S'il avait été reconnu coupable, M. Laquerre aurait dû payer une amende minimale de 5000 $.
Dans le jugement daté du 19 septembre, il est expliqué que le résident du secteur Saint-Louis-de-France a fait une contribution de 100 $ en avril 2015 en se servant du formulaire de renouvellement d'adhésion au parti politique, ce qu'il n'avait jamais fait au cours des 20 années précédentes. 
Auparavant, il attendait qu'un représentant de l'association péquiste de la circonscription de Trois-Rivières le contacte avant de verser sa contribution. Il n'avait cependant pas remarqué en remplissant le formulaire que son 100 $ de 2015 allait se retrouver dans les coffres de l'association de la circonscription de Champlain en raison de son lieu de résidence.
Voyant en octobre 2015 que M. Laquerre n'avait pas encore contribué à la caisse de l'association de la circonscription de Trois-Rivières, comme il en avait l'habitude depuis de nombreuses années, l'ancien député bloquiste et président de la campagne de financement dans Trois-Rivières à ce moment, Yves Rocheleau, l'a contacté afin de savoir pourquoi il n'avait pas encore fait de don pour l'année en cours. 
D'abord surpris, M. Laquerre a par la suite indiqué à son interlocuteur qu'il avait peut-être oublié et s'est engagé à le faire rapidement. Il verse donc sa contribution le 25 octobre par Internet en utilisant sa carte de crédit.
Alors qu'il se trouvait en Floride, M. Laquerre a reçu en décembre 2015 un appel d'un autre représentant de l'association trifluvienne qui l'informait que son nom ne se retrouvait toujours pas sur la liste des donateurs. 
L'homme d'affaires lui a donc envoyé un autre chèque de 100 $ en spécifiant de ne pas l'encaisser si jamais il constatait éventuellement que la contribution était déjà faite. 
Or, le don effectué en octobre avait été remboursé automatiquement par le DGEQ à M. Laquerre car il en avait déjà fait un à l'association de Champlain. Et comme il avait quitté le Québec pour la Floride quelques jours après, et ce, pour tout l'hiver, il n'a pris connaissance de cette histoire qu'à son retour au printemps 2016 en ouvrant une lettre que lui avait fait parvenir le DGEQ en novembre 2015.
Dans ces circonstances, le Tribunal a conclu qu'«on ne peut reprocher à un donateur qui contribue depuis vingt ans à un parti d'une certaine façon de se méprendre sur un formulaire qu'il n'utilise pas. 
Au surplus, le parti lui-même contribue à alimenter sa croyance, et ce, à deux reprises. Malgré que le parti ne participe pas à la commission de l'erreur, le défendeur n'aurait pas commis l'infraction n'eût été leur insistance».
Il n'a pas été possible de s'entretenir avec M. Laquerre pour avoir ses commentaires relativement à ce jugement. 
Yves Rocheleau s'est quant à lui dit très heureux de ce dénouement et souligne qu'il a témoigné en faveur de M. Laquerre dans ce dossier.