Joyeux souvenir de la folie Jean Leloup, hier soir, à la première de Québec Issime.

Québec Issime: première soirée de retrouvailles convaincante

C'était soir de première mercredi pour Québec Issime. Première de la vingtième saison touristique de la troupe et première représentation de la deuxième saison de leur migration trifluvienne avec la production De Céline Dion à La Bolduc, une soirée de retrouvailles qui s'est déroulée de manière plutôt parfaite. Hier à la salle J.-Antonio-Thompson, artistes saguenéens et spectateurs trifluviens s'entendaient comme larrons en foire.
Il faut dire que la troupe était prête, mais alors là très prête. À pareille date l'été dernier, la vingtaine d'artistes n'avaient résolument pas atteint le niveau de production qu'ils ont présenté hier soir. Si l'an dernier au soir de première, on pouvait les trouver charmants, cette année, ils versent bien davantage vers le côté épatant. La maturité de la vingtaine, faut croire.
C'est d'ailleurs en marquant ce vingtième anniversaire que l'on a parti la soirée hier par le biais d'un montage vidéo projeté sur écran géant nous permettant de voir défiler les reportages télévisuels et les témoignages filmés sortis des archives, tous relatant les moult productions de Québec Issime. La troupe s'est même payé le luxe cette année de présenter sur vidéo un court message de Céline Dion à son endroit, pour son vingtième anniversaire.
C'était avant que le rythme prenne son élan pour ne plus arrêter, un voyage musical en 14 tableaux qui permet au spectateur de revisiter le dernier siècle de bien agréable manière, via une centaine de pièces typiquement québécoises. 
Les répertoires se déploient avec aisance et le plaisir semble facile sur scène chez la vingtaine d'artistes qui évoluent dans un tourbillon de costumes, que l'on se replonge dans l'époque disco ou dans celle des boîtes à chanson, que l'on baigne dans le segment des comédies musicales ou des chansons de feu de camp, que l'on se retrouve devant Dédé et sa P'tite Julie, Diane Dufresne et son Parc Belmont, Roch Voisine et son éternelle Hélène ou Mes Aiëux et leur Dégénération.  Chez les solistes, on passe du rock au pop et on traverse les époques avec une superbe constance et quelques clins d'oeil humoristiques bien dosés. Le tout se déploie par ailleurs avec, en fond de scène, de nouvelles projections. Au niveau de la facture visuelle comme sur le plan des chorégraphies, on a aussi atteint cette année un niveau nettement supérieur à ce que la production laissait voir à pareille date l'an dernier. 
Justesse, précision et rythme étaient au rendez-vous hier au soir de première, quoiqu'avec les petits discours protocolaires du départ, cette représentation s'est terminée plutôt tardivement. À 22 h, ils ne faisaient que commencer la deuxième portion du spectacle. Selon mes espions sur place, le spectacle s'est terminé au bout de trois heures, à 11 h 05, sur une ovation enthousiaste.
Pour qui ne l'a pas encore honoré, le spectacle est une valeur sûre estivale. N'hésitez pas. C'est qu'ils ont la bonne humeur contagieuse, ces Saguenéens. Au moment de quitter pour l'heure de tombée, hier, un vent de yéyé s'était levé dans les décors de Jeunesse d'aujourd'hui, là où Pierre Lalonde chantait C'est le temps des vacances. Vous avez dit vacances?