Québec donne son aval à IFFCO

Le gouvernement du Québec vient d'autoriser l'établissement du projet d'usine d'engrais d'IFFCO à Bécancour. Publié mercredi dans la Gazette officielle du Québec, le décret a été adopté le 26 mars par le Conseil des ministres, sous la recommandation du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.
L'adoption du décret gouvernemental marque une étape importante dans l'évolution du projet puisqu'elle autorise la construction de l'usine d'engrais à Bécancour. De plus, le décret définit les engagements auxquels IFFCO Canada est tenue, notamment les mesures de protection et de contrôle de la qualité de l'air, de l'eau et des sols ainsi que certaines exigences reliées au suivi environnemental et aux mesures d'urgence.
Depuis la création d'IFFCO Canada en juillet 2012, le projet progresse rapidement et a franchi plusieurs étapes importantes. L'évaluation sociale et environnementale s'est conclue par un rapport favorable du Bureau des audiences publiques sur l'environnement en janvier 2013, suivie d'une recommandation en faveur du projet par le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs. Le décret qui vient d'être adopté marque donc la fin du processus d'évaluation sociale et environnementale et donne officiellement le feu vert au projet d'usine d'urée d'IFFCO Canada.
Devant s'échelonner jusqu'en 2017, les travaux de construction vont nécessiter l'embauche de 1000 à 1500 travailleurs. Une fois réalisée, l'usine fera travailler 250 personnes.
«Au nom d'IFFCO Canada, je tiens à remercier le gouvernement du Québec ainsi que tous les intervenants qui ont participé avec diligence et rigueur à l'évaluation environnementale du projet. Nous remercions également la communauté d'accueil pour son soutien indéfectible tout au long du processus qui a conduit à l'obtention du décret», a déclaré le président-directeur général, Manish Gupta.
En janvier 2013, IFFCO Canada a fait l'acquisition du terrain où sera érigé le complexe, soit l'ancien site de Norsk Hydro. Le choix du Parc industriel et portuaire de Bécancour se veut stratégique, cet emplacement étant desservi par voies terrestre, ferroviaire et maritime. Le marché nord-américain est facilement accessible. Le port de mer en eau profonde constitue de plus un net avantage concurrentiel pour les marchés internationaux, notamment européens.
En janvier dernier, IFFCO Canada a retenu les services de Ganotec Inc. pour finaliser l'évaluation du coût du projet et faire une proposition de contrat ingénierie-approvisionnement-construction pour la construction de l'usine. L'entreprise italienne Maire Tecnimont a également été retenue comme fournisseur et intégrateur technologique, à travers sa filiale Stamicarbon B.V., un leader dans son marché,
Maire Tecnimont fournira la technologie du procédé d'urée. À travers sa filiale Tecnimont, le groupe agira à titre de fournisseur d'ingénierie et d'approvisionnement d'équipements de procédés pour Ganotec Inc.
Le procédé d'ammoniac sera pour sa part fourni par KBR, une compagnie américaine comptant 70 ans d'expérience dans la conception de tels procédés et dont les installations comptent pour plus de la moitié de la production mondiale d'ammoniac.
En janvier 2014, IFFCO Canada a répondu aux appels d'offres de TransCanada PipeLines en vue de garantir son approvisionnement en gaz naturel. Rappelons que le gaz naturel est la matière première principale du procédé de fabrication d'urée de la future usine IFFCO Canada. L'abondance de cette ressource et son prix concurrentiel ont été des facteurs déterminants dans la décision de l'entreprise de s'implanter au Québec.
«Il ne reste qu'à finaliser le montage financier du projet pour donner le feu vert à la construction du complexe industriel. Le projet avance bien et le contexte d'affaires demeure favorable. Nous sommes toujours confiants de pouvoir mettre en exploitation notre usine en 2017», précise M. Gupta.
Cette usine sera l'une des plus grandes usines de fabrication d'urée en Amérique du Nord. Sa capacité annuelle de production sera de 1,3 à 1,6 million de tonnes d'urée granulaire destinées surtout au marché de l'engrais et 760 000 tonnes de fluide d'échappement diesel. Le coût du projet est actuellement estimé à 1,6 milliard $, selon l'étude de faisabilité financière la plus récente.
La Coop fédérée, l'un des actionnaires du projet, s'est déjà portée acquéreur d'environ 500 000 tonnes d'urée par année, qu'elle distribuera dans son vaste réseau au Québec, au Canada et dans certains États américains.