Le syndicat des travailleurs de l'usine Laurentide de Produits forestiers Résolu et l'employeur ont conclu une entente de principe hier soir.

Que réserve 2014 à Laurentide?

À Shawinigan, 2014 était encerclée à l'encre rouge parce qu'il s'agissait, en principe, de la dernière année d'exploitation de l'aluminerie. En août, Rio Tinto Alcan a toutefois pris la décision de devancer cette fermeture, de sorte que la production du métal blanc s'est plutôt arrêtée en novembre.
Pour le moment, il reste bien un centre de coulée et une tour à pâte. Avec les travaux de démantèlement et de nettoyage, un peu plus de 200 personnes sont toujours embauchées à l'usine du boulevard Saint-Sacrement jusqu'au 7 août. Une centaine d'employés termineront ensuite l'année, avant que RTA ne se retire définitivement du site.
Cette mort lente braque les projecteurs en direction de la papeterie Laurentide. Le dernier témoin de la grande époque industrielle shawiniganaise emploie toujours plus de 280 travailleurs et en 2014, les négociations avec le gouvernement du Québec pour l'approvisionnement en bois rond et le délicat renouvellement de la convention collective siphonneront beaucoup d'énergie.
En novembre 2012, Produits forestiers Résolu semait la consternation à Shawinigan en annonçant l'arrêt de la machine à papier no 10 chez Laurentide, laissant l'usine avec une seule unité de production. La première année avec cette nouvelle réalité s'est généralement bien déroulée, observe Francis Dupont, président du local 136 d'Unifor.
«Quand une compagnie arrête une machine, on s'attend au pire!», convient-il. «Je pense qu'on s'en est bien sortis malgré tout. Le travail que nous avons fait ensemble pour que l'usine soit rentable a très bien fonctionné. Nous avons des commandes!»
«Pour nous, 2013 a été une année de transition, d'ajustements», résume Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu.
Défis
L'année 2014 en dira sans doute plus long sur l'avenir de la papeterie Laurentide.
Tout d'abord, l'enjeu de l'approvisionnement demeure entier. Bien que le nouveau régime forestier soit entré en vigueur le 1er avril 2013, le gouvernement du Québec discute toujours avec PFR pour régler cette cruciale question.
La multinationale est d'ailleurs inscrite au registre des lobbyistes en raison des négociations qu'elle mène avec le ministère des Ressources naturelles pour obtenir un approvisionnement de 200 000 mètres cubes de bois ronds pour son usine de Shawinigan.
En septembre, la ministre Martine Ouellet a confié à Carl Grenier le mandat de négociation pour résoudre les divers enjeux de PFR au Québec.
«Ça avance bien, nous avons de bonnes discussions», commente M. Blackburn. «Il faut avoir accès à la ressource et avoir une certaine prévisibilité sur le prix qu'elle va nous coûter et pour combien de temps.»
M. Blackburn ne veut pas préciser l'importance de cet enjeu spécifiquement pour l'usine Laurentide.
«Ces négociations sont importantes pour Produits forestiers Résolu», nuance-t-il. «C'est au Québec que le coût d'approvisionnement de la fibre est le plus cher. On doit trouver une façon d'atténuer cette disparité avec les autres provinces et les États-Unis.»
Plusieurs observateurs croient que l'avenir de cette usine passera inévitablement par un investissement de plus de 200 millions $ pour l'implantation d'une unité de pâte thermomécanique. Mais M. Blackburn laisse entendre que la grande annonce ne se réalisera pas en 2014.
«L'évaluation que nous faisons de ce projet est beaucoup plus dispendieuse que les montants qui ont circulé», fait-il remarquer. «Beaucoup plus! On n'est pas là du tout pour le moment.»
Enfin, au printemps, les syndiqués amorceront le renouvellement de leur contrat de travail, qui vient à échéance le 30 avril. Les employés ont accepté de nombreux reculs au cours des dernières années et la prochaine ronde ne s'annonce pas plus facile.
En février, les sections locales de l'est du Canada se réuniront pour entreprendre les discussions sur le prochain règlement modèle de cette industrie.