Samuel Girard imitera-t-il son ancien coéquipier Anthony Beauvillier en méritant un casier dans la LNH à 19 ans?

Quatre joueurs pourraient changer les données 

CHRONIQUE - Ce n'est pas un grand secret d'État, certains clubs retiennent leur souffle en ce moment. Quelques surdoués tentent de suivre actuellement les traces d'Anthony Beauvillier, en graduant plus rapidement que prévu.
Bien sûr, leur équipe junior est derrière eux, leur mission est justement de les développer pour les ligues majeures. Reste que s'ils réussissent à déjouer les calculs, ces formations verront leur alignement être soudainement moins puissant que prévu. Coup d'oeil sur les dossiers les plus problématiques.
Pierre-Luc Dubois
Pierre-Luc Dubois, Armada
Lui reste-t-il des choses à prouver dans le junior? Il a été le troisième choix au total dans la LNH en 2016. Il a participé au dernier Championnat du monde junior avec Équipe Canada. Il a transporté l'Armada jusqu'en finale de la LHJMQ en séries. Il a amassé 188 points à ses 151 derniers matchs dans le junior.
À ce tableau fort étoffé, il faut ajouter sa charpente de 6'3'' et 215 livres, un atout pour se mesurer aux hommes. Tout ça indique que Dubois, à 19 ans, a des chances légitimes de graduer dans les prochaines semaines.
Mais attention, c'est loin d'être gagné d'avance. Il appartient aux Blue Jackets de Columbus, qui ont les mains pleines en attaque. Dubois doit gagner son job sinon, les Blue Jackets ne brûleront certainement pas une année à son contrat pour l'installer sur un quatrième trio. Il connaît un bon début de camp, il a connu un match de deux buts la semaine dernière.
Jérémy Roy
Jérémy Roy, Armada
Un cas intrigant. À 20 ans, il a certainement le coffre d'outils pour jouer chez les pros. Le talent lui sort par les oreilles. Le problème, c'est que Roy n'a presque pas joué la saison dernière, une blessure l'a coincé à l'infirmerie.
Les trois dernières saisons ont été marquées par de longues convalescences, ce qui a nécessairement stoppé sa progression. Les Sharks ont promis avant le camp d'entraînement d'être prudent avec leur choix de deuxième ronde.
Mais voilà, Roy, lui, veut passer maintenant à la prochaine étape. Il a connu un excellent début de camp, et il compte forcer la main des Sharks.
«J'ai une très bonne relation avec les Sharks, je leur fais entièrement confiance dans le processus. C'est leur décision et je suis sûr qu'ils vont prendre la bonne», indique le Grand Manitou de l'Armada Joël Bouchard.
Samuel Girard parviendra-t-il à se tailler un poste chez les Predators?
Samuel Girard, Cataractes
Ça fait un an qu'il crie sur tous les toits qu'il veut percer la formation des Predators à l'automne 2017. Anthony Beauvillier lui a servi d'inspiration. Or, la porte est ouverte à Nashville, avec la blessure à Ryan Ellis. Il n'est évidemment pas seul à reluquer cet emploi, mais après deux vagues de coupes, il reste huit défenseurs en santé au camp.
Girard a été élu troisième étoile à son premier match, il a amassé une passe au second et il a terminé avec un différentiel de +2 à son troisième. Rien, donc, pour amoindrir l'affection que lui porte Peter Laviolette, un pilote qui aime voir ses défenseurs générer de l'attaque.
À 19 ans, 5'10'' et 175 livres, peut-il réellement tenir son bout dans un monde de géants? Chose certaine, il est étudié sous toutes ses coutures à l'heure actuelle. Ne soyez pas surpris si la Tornade de Roberval amorce au moins la saison avec les Predators.
Un cheminement à la Thomas Chabot l'an dernier - quelques semaines dans la LNH, puis retour dans le junior où il a notamment participé au championnat du monde - pourrait très bien se matérialiser.
Brandon Gignac
Brandon Gignac, Cataractes
Après quatre saisons dans le junior, Gignac croit être prêt pour les pros. Vrai que son explosion sur patins lui permet de suivre sans problème le tempo des hommes. Vrai aussi, par contre, qu'étant né au mois de novembre, il est à peine plus âgé que les joueurs de 19 ans du circuit Courteau.
Les Devils vont certainement prendre cette donnée en considération quand viendra le temps de décider s'ils lui ouvrent tout de suite les portes de leur club-école. En revenant junior, Gignac aurait la chance de jouer le rôle de meneur offensif, lui qui a toujours été dans l'ombre des Beauvillier, D'Aoust et Yan.
Pas mauvais comme état de service dans un portfolio. Évidemment, s'il prouve au cours des prochaines semaines qu'il peut déjà contribuer offensivement dans la Ligue américaine, les partisans des Cataractes devront faire leur deuil du vétéran de 20 ans.
Giovanni Fiore
Citation de la semaine
«Ma progression est mon meilleur atout. Tant et aussi longtemps que je progresse chaque jour, ça veut dire que je m'améliore. C'est ce que l'équipe veut. Dès que j'ai eu leur appel, je n'ai eu qu'un seul objectif en tête, qui est de jouer pour les Ducks.»
L'ex-Cataractes Giovanni Fiore au site NHL.com. Fiore a mérité le privilège, il y a quelques jours, de compléter le trio de Ryan Getzlaf et Corey Perry.
Fiore a signé un contrat de trois ans après une dernière campagne du tonnerre dans la LHJMQ sous les ordres de Marc-André Dumont au Cap-Breton.
Auparavant, Martin Bernard l'avait remis sur les rails à Shawinigan, où Martin Mondou l'avait obtenu des Voltigeurs de Drummondville contre l'équivalent d'une chaudière de rondelles! L'essentiel du mérite revient quand même à Fiore, qui a toujours cru en son talent. À 21 ans, il cogne à la porte de la LNH.
Joël Bouchard
Des cheveux blancs à cause du repêchage européen!
Joël Bouchard se frotte les mains de satisfaction. En Jan Hladonik et Aleksi Anttalainen, le grand patron de l'Armada mise sur un duo européen à son goût. Enfin.
«Le repêchage européen, c'est tellement compliqué. C'est ce que je déteste le plus dans le hockey junior. Pas de problème à me taper 15 heures en autobus. Mais le repêchage euro, il n'y a jamais rien de sûr... Et c'est un rayon qui influence grandement la qualité de nos équipes», souligne d'entrée de jeu Bouchard.
Cette fois par contre, le puzzle s'est mis en place avec l'arrivée de Hladonik et Anttalainen. Ce dernier a particulièrement bien paru lors du premier week-end de l'équipe. «Il est bon, hein? C'est gratifiant de le voir chez nous, on a mis tellement d'efforts pour qu'il soit ici. Il ne voulait pas venir au départ, il fait partie d'un gros programme national avec des géants en avant de lui. On a dû lui démontrer beaucoup, beaucoup d'amour pour le faire changer d'idée!»