Marmen est plus que jamais un acteur économique de premier plan. L'entreprise fondée en 1972 devrait compter 1300 employés d'ici la fin de 2014.

Quand la récolte s'annonce bonne...

Normalement, au lendemain d'une fermeture d'usine de l'importance de Rio Tinto Alcan à Shawinigan, il serait plutôt inapproprié de parler d'optimisme. Pourtant, malgré ce coup dur qui est survenu prématurément, la région est en droit d'envisager 2014 avec positivisme.
Il est vrai que l'impact négatif de la fermeture de la centrale nucléaire ne s'est même pas encore fait sentir complètement. Mais il n'en demeure pas moins que la fin de Gentilly-2 a été accompagnée d'un fonds de diversification économique de 200 millions de dollars. Et il faut en profiter.
Depuis le début de ce plan spécial, Québec a annoncé des aides de dix millions de dollars pour la création de 200 emplois. Et au cours des prochaines semaines, on confirmera des soutiens déjà approuvés de huit millions de dollars pour la création de 300 emplois. Bref, beaucoup de projets à venir, surtout dans un contexte hautement électoral.
Chose certaine, avec ou sans le Fonds, ça va bouger dans la région en 2014. Il est déjà acquis que l'entreprise IFFCO puisse débuter cet été la construction de son usine d'engrais au coût de 1,2 milliard de dollars dans le parc industriel de Bécancour. Et ça s'active sur le site LaPrade avec RER Hydro et des promoteurs dans le domaine du recyclage.
Et à ce moment charnière dans l'histoire de sa ville, le maire Jean-Guy Dubois a pris l'heureuse initiative de mettre sur pied un chantier économique fort impressionnant. À l'aube de ses 50 ans, Bécancour veut se définir et, surtout, cesser de dépendre de la grande entreprise pour son avenir, d'où le virage PME, sans lever le nez pour autant sur les méga projets. Comme s'est plu à le dire le premier magistrat lors de l'adoption de son budget 2014, il faut faire autrement.
À Shawinigan, le centre d'entrepreneuriat et sa station du numérique symbolise cette reconversion économique avec, comme entreprise phare, Alchemic Dream.
À Trois-Rivières, la construction d'un second bâtiment technologique sur le site de l'ancienne Tripap constitue un autre symbole fort de cette transformation du tissu économique traditionnel. Et même chez Kruger, on sort des sentiers battus avec cette usine pilote de filaments de cellulose.
Marmen est plus que jamais un acteur économique de premier plan. Pendant qu'il ne cesse d'agrandir ses installations à Trois-Rivières, voilà que Patrick Pellerin s'attaque au marché américain. Résultat? L'entreprise fondée en 1972 par son père Fernand devrait compter 1300 employés d'ici la fin de 2014.
Dans Nicolet-Yamaska, on vient d'avoir la main heureuse avec cette annonce inespérée d'un centre de congrès de 800 places à l'Hôtel Montfort de Nicolet. Et non seulement l'entreprise Rovibec a-t-elle choisi de rester dans la MRC, mais un gros projet de vitrine agroalimentaire s'apprête à voir le jour à Saint-Léonard-d'Aston, dans les environs du Madrid 2.0.
Évidemment, on ne peut ignorer la menace qui pèse sur l'avenir de l'Aluminerie de Bécancour et son millier d'emplois. C'est cette année que «ça passe ou ça casse» alors que la géante Alcoa veut obtenir une entente avec Québec sur les tarifs d'électricité avant l'entrée en vigueur des hausses prévues dès 2015. On a beau parler de diversification économique, il faudrait conserver un minimum d'acquis dans la région. Et après Belgo, Norsk-Hydro, Gentilly-2 et Rio Tinto Alcan, on ne peut se permettre de perdre l'A.B.I.
Mais une fois que ce gros nuage se sera dissipé (et il le sera, en cette année possiblement électorale), le ciel économique de la Mauricie et du Centre-du-Québec devrait être plus dégagé que l'an dernier. Car la récolte s'annonce bonne en 2014...