Le président du syndicat, André Fleury, envisage la possibilité de créer une nouvelle pétition électronique, si jamais la direction du CSSS de Trois-Rivières refuse de remettre en place la version papier de la pétition qui a été confisquée mardi.

Qualité des soins dans les CHSLD: le syndicat réclame le retour de la pétition

Devant le refus de la direction des CHSLD de Trois-Rivières de remettre en place la pétition dénonçant la qualité des soins offerts, confisquée mardi, le syndicat des préposés aux bénéficiaires envisage différentes options pour la suite des choses, de la création d'une pétition électronique jusqu'à, en dernier recours, l'utilisation de moyens légaux.
Yves Donaldson et Johanne Frigon.
Mercredi, le président du syndicat, André Fleury, a rencontré le département des ressources humaines pour demander qu'on réinstalle la pétition dans les différents établissements, mais en vain.
«Je leur ai dit qu'ils devraient remettre les pétitions à leur place. Ils n'ont pas à se sentir menacés par ça et qu'ils laissent le processus se faire. Avant qu'il n'enlève la pétition, l'employeur était un observateur. En l'enlevant, il a sauté dans l'arène», image-t-il.
Mardi, la direction avait décidé de confisquer la pétition distribuée dans les différents CHSLD de Trois-Rivières par le préposé aux bénéficiaires, Yves Donaldson.
Pour justifier ce geste, le Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières soutient que «le contenu (de la lettre rattachée à la pétition) n'est pas respectueux, tant pour les résidents, les familles que l'établissement», a fait savoir Fanny Houle, conseillère en communication au CSSS de Trois-Rivières.
Néanmoins, le président du syndicat se dit prêt à s'asseoir avec la direction afin de discuter de la situation.
«Que l'employeur regarde le tout avec nous et qu'il nous dise ce qui le dérange. On va regarder si on peut réaménager ça (la pétition), si possible, dans le respect de tout le monde. Si l'employeur refuse, il faut se retourner vers autre chose. Et c'est ce qu'on va commencer à regarder», explique-t-il.
Parmi les moyens envisagés, M. Fleury mentionne la tenue d'une assemblée générale ou encore la création d'une nouvelle pétition, électronique cette fois.
«Avec une pétition électronique, ça pourrait prendre de l'ampleur à travers la province sur Internet», souligne-t-il.
Cependant, le premier objectif du représentant syndical demeure de récupérer la pétition, via le dialogue. Si la direction refuse d'obtempérer, d'autres options, plus draconiennes, pourraient même être envisagées.
«S'il faut, on va consulter nos avocats et on va voir ce qu'on peut faire du côté légal», confie M. Fleury.
Craintes de représailles
Quant à l'instigateur de la pétition, il croit que la direction s'en est emparée afin de prendre en note les noms qui se retrouvent dessus.
«En ayant les noms de tous ceux qui ont signé, je crains qu'il y ait des représailles», indique M. Donaldson, qui mentionne avoir encore en sa possession une partie de la pétition qui totalise environ 65 noms.
Également porte-parole du mouvement de dénonciation, la préposée Johanne Frigon n'en revenait tout simplement de l'attitude de ses patrons.
«C'est ordinaire... et ils n'ont pas vraiment le droit de retirer la pétition. En-dessous de ça, il y a certainement anguille sous roche», croit-elle.
De son côté, la députée de Trois-Rivières, Danielle Saint-Amand, a préféré ne pas commenter le geste de la direction du CSSS de Trois-Rivières. Une rencontre est prévue entre les deux préposés à l'origine du mouvement et un représentant du cabinet de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, le 30 août dans les bureaux de la députée de Trois-Rivières. À cette occasion, M. Donaldson remettra la pétition au membre du cabinet des Services sociaux.