Marie-Claude Durand, présidente du comité, Geneviève Dubois, mairesse, et Stéphane Biron, membre du comité.

Quai de Port-Saint-François: Nicolet presse Ottawa d'agir

«Je suis heureuse de voir qu'on ne lâche pas le morceau dans le dossier de réfection du quai de Port-Saint-François qui, 26 ans plus tard, n'est toujours pas réglé. La réfection, il nous la faut plus que jamais. Le feu est toujours bien présent et on a bien l'intention de souffler sur la braise pour la garder bien vivante.»
Voilà le message lancé mercredi par la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, pour presser Ottawa de procéder à la remise à neuf du quai.
«Ce dossier a été latent trop longtemps soit par manque de fonds, soit par changement de gouvernement au niveau fédéral, mais j'estime que celui-ci doit être relancé avec toute la vigueur qu'il mérite. Je crois que les Nicolétaines et Nicolétains se sont montrés très patients. Nous avons vraiment besoin d'Ottawa pour assurer la sécurité de cette infrastructure, mais aussi comme partenaire du développement de Nicolet», a-t-elle indiqué, entourée des membres du comité de mise en valeur.
D'ailleurs, sa présidente, Marie-Claude Durand, est d'avis que Nicolet a grandement besoin que la tête du quai soit réparée, à un coût estimé à 1,8 million de dollars en 2007.
«Il y a plusieurs bonnes raisons d'investir dans le quai, que ce soit pour le tourisme, la proximité de la piste cyclable, la fenêtre directe sur le lac Saint-Pierre, pour sa faune et sa flore, pour le patrimoine historique, pour son superbe site récréotouristique avec la plage et pour son utilité au niveau de la voie maritime du Saint-Laurent», a-t-elle énuméré.
Selon elle, il y a des risques à ne rien faire parce que le quai représente une protection contre les embâcles de glace et l'érosion. «Il est urgent d'intervenir avant que la situation se dégrade et provoque des incidents», soutient Mme Durand.
En 1991, Saint-Jean-Baptiste-de-Nicolet avait amorcé des pourparlers avec le gouvernement fédéral et différents scénarios furent envisagés jusqu'en 2000. «Mais rien n'a encore bougé pour le quai patrimonial de 1830. Je crois qu'il est grand temps qu'on réactive ce dossier», a renchéri la mairesse Dubois.
Lors des inondations printanières, le ministre fédéral François-Philippe Champagne avait eu l'occasion de visiter le quai et d'être sensibilisé au projet. «Le comité l'avait également rencontré en août 2016», précise-t-elle.
Or, déjà en février 1991, Pêches et Océans Canada jugeait que l'extrémité était dans un état de stabilité structurale très précaire.
«La Ville a réitéré son appui, le 13 mars dernier, au comité de mise en valeur du quai. Si jamais le fédéral nous cédait le quai réparé ou nous envoyait les subventions pour le faire, la Ville s'engage à le prendre en charge par la suite. Le municipal est prêt à faire sa part. Il nous reste à avoir les réponses, que nous souhaitons rapides et favorables du fédéral, et du provincial, qui pourrait aussi être interpellé dans ce dossier», poursuit Mme Dubois.
Même s'il n'a pas encore été approché par la Ville, le député fédéral de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, se dit prêt à pousser le dossier tout y en allant néanmoins de certaines mises en garde.
«Le risque est grand. Je ne sais pas si la Ville a payé pour faire faire des estimés assez sérieux des coûts. Après 20 ans, le quai de Sorel a été remis à la Ville avec un montant forfaitaire de cinq millions de dollars. La plupart des observateurs disent que Sorel va avoir à débourser beaucoup plus que ça parce que les quais se rongent en dessous et ça coûte énormément cher», fait-il remarquer.
Dans le cas du quai de Port-Saint-François, «on a la même réponse depuis longtemps du fédéral: on vous donne le quai tel qu'il est», rappelle le député bloquiste.
Si, à Deschaillons, le milieu a refusé l'offre de prendre le quai avec un montant d'argent, le doyen à la Chambre des communes connaît deux «petits cas» de quais qui ont été réparés avant d'être remis, soit à Yamaska et Notre-Dame-de-Pierreville. «Mais dans les quais majeurs, il est toujours donné avec un montant forfaitaire», a-t-il fait savoir.
Pour le représentant de la Ville au sein du comité, Stéphane Biron, ce projet correspondrait bien aux prétentions du premier ministre Justin Trudeau selon lesquelles l'investissement dans les communautés n'est pas étranger à la performance financière de son gouvernement.
«On a un potentiel récréotouristique», conclut celui qui parle d'une volonté de faire la réfection et une intention de s'en occuper.