Les propriétaires de maisons touchées par la pyrrhotite peuvent compter sur l'appui des candidats de tous les partis.

Pyrrhotite: une liste d'épicerie de 45 millions $

L'événement était on ne peut plus rare. Mercredi matin, la plupart des candidats régionaux du Parti québécois, du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec étaient présents dans un même local, réunis par une même cause.
Il n'y a que la fameuse pyrrhotite pour arriver à un tel tour de force en pleine campagne électorale.
L'enjeu principal, un engagement électoral de 45 millions $, soit 15 millions $ pendant les trois prochaines années, que veulent obtenir, pour les victimes, la Coalition Proprio-Béton et le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.
Les libéraux avaient d'abord créé un programme d'aide de 15 millions $, en 2011, qui devait tenir la route pendant 10 ans. Mais le gouvernement du Parti québécois a été obligé d'ajouter 15 millions $ de plus, il y a quelques semaines.
Mercredi, la députée sortante de Champlain, Noëlla Champagne, a déclaré que c'était d'ailleurs «une question d'heures» avant que les victimes puissent commencer à bénéficier de ce nouveau montant d'aide. «Ces 15 millions-là ont été votés. Il n'y a aucun parti ici présent, libéraux, caquistes ou peu importe, qui irait à l'encontre d'une telle chose. Ne vous inquiétez pas, la confirmation a été donnée hier (lundi)», a indiqué Mme Champagne.
Pour ce qui est d'injecter le même montant à nouveau pendant trois années d'affilée, le PQ et les libéraux de la région promettent d'aller défendre l'idée s'il sont élus, ou réélus.
Mais la Coalition avait tout un panier bien garni de demandes à présenter à la salle remplie, mercredi, de candidats et d'organisateurs politiques.
Elle veut que soit créée une table de concertation où siégeraient, avec elle, la Régie du bâtiment, la Société d'habitation du Québec, la Société immobilière du Québec, le ministère des Affaires municipales, celui des Finances, ainsi que les municipalités affectées par la pyrrhotite et les députés locaux provinciaux et fédéraux.
La Coalition et le maire de Trois-Rivières ont réitéré l'importance que le siège social de la nouvelle Garantie de construction résidentielle, créée récemment par la ministre Agnès Maltais dans son effort pour mettre de l'ordre dans la gestion des plans de garantie de maisons neuves, soit installé à Trois-Rivières lors de son entrée en vigueur, en janvier 2015.
La Coalition veut un engagement des partis politiques afin que l'administrateur provisoire de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ respecte la promesse, dans le cas particulier d'une quinzaine de victimes, de réactiver leur garantie.
Finalement, la Coalition souhaite que les victimes n'aient pas à défrayer les coûts élevés du débranchement et du nouveau raccordement à Hydro-Québec, estimant que la Société d'État a sa part à faire en pareille catastrophe.
Le maire estime que le gouvernement a une bonne raison d'investir dans l'aide aux victimes puisqu'il en retirera des bénéfices financiers.
«On parle d'à peu près 1 milliard $ de travaux à réaliser. Quand il y a construction, le gouvernement récolte la taxe de vente, récolte des impôts sur des travaux qui n'auraient pas eu lieu. S'il n'y avait pas eu de pyrrhotite, le gouvernement ne récolterait pas d'argent. On ne les rénoverait pas, les maisons. Au contraire, le gouvernement va faire de l'argent», calcule le maire Lévesque, même si tel n'est pas le but, précise-t-il.
Rappelons, en effet, que l'argent qu'a injecté et que mettra le gouvernement dans l'aide aux victimes pourrait lui être remboursé lorsque les procédures judiciaires seront terminées. Le jugement devrait d'ailleurs sortir très bientôt, certains parlent même de ce mois-ci. Il faudra toutefois voir si les parties impliquées iront en appel.
Selon M. Lévesque, les 45 millions $ supplémentaires demandés «devraient régler une bonne partie du problème. Ça prendrait un engagement ferme des candidats et candidates», dit-il.
Le maire estime qu'il est temps, pour la région, de cesser de quémander de l'argent pour régler un problème dont elle n'est pas responsable.