Marc Garceau devant la maison qui cause bien des maux de tête à sa famille.

Pyrrhotite: des victimes perdent leur garantie

Marc Garceau et Christine Thiffault avaient pris une chance, un risque qu'ils croyaient très bien calculé. En juin dernier, ils ont acheté une maison dans le secteur Trois-Rivières-Ouest tout en étant pleinement conscients que cette dernière contenait de la pyrrhotite.
Toutefois, une lettre en bonne et due forme de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ reçue en juin leur garantissait que la maison étant sous observation jusqu'à ce qu'il y ait évolution des fissures déjà présentes, la garantie de la GMN serait prolongée et transférable.
Juste avant l'offre d'achat, leur notaire a vérifié la validité de cette information. Annie Larose, adjointe au service de conciliation de la GMN de l'APCHQ, a répondu par écrit au notaire que la garantie, dans le cas de la maison en question, était bel et bien transférable. Elle a joint à son courriel copie d'une lettre du directeur général de la GMN, Ronald Ouimet, confirmant le tout.
C'est donc à plein prix et en toute confiance que M. Garceau et Mme Thiffault, parents de cinq enfants, procèdent à l'achat.
Mardi, sur l'heure du dîner, ces nouveaux propriétaires ont reçu une véritable bombe par voie de courriel de la part de l'administrateur provisoire de la GMN, la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Le courriel leur annonce que désormais, leur maison n'est plus sous observation et que leur garantie est donc caduque.
C'est qu'avec ce courriel, le couple de propriétaires reçoit aussi une lettre laconique de la part de la firme Inspec-Sol.
Cette lettre indique qu'un employé d'Inspec-Sol est passé à la résidence le mercredi 30 octobre dernier pour inspecter l'évolution des fissures et que ces dernières n'ont pas changé depuis le carottage de 2006. La lettre indique aussi que la maison contient un pourcentage volumique de 0,1 % de pyrrhotite et qu'il n'y a donc pas raison de la lever pour en changer les fondations.
«Qui voudra acheter notre maison avec 0,1 % de pyrrhotite», se questionne le couple qui se sent maintenant entre deux chaises puisque la norme canadienne sur le béton n'est toujours pas été révisée malgré le drame qui sévit en Mauricie depuis quatre ans.
Marc Garceau et Christine Thiffault sont sous le choc. C'est que personne d'Inspec-Sol n'est venu chez eux pour inspecter les fissures le 30 octobre, comme le prétend la lettre.
M. Garceau travaille de nuit et la famille possède deux chiens qui jappent bruyamment au moindre mouvement dans les environs extérieurs de la maison. Mme Thiffault indique de plus que la majorité des fissures sont sur la dalle du garage. Ce dernier est non seulement fermé en tout temps, mais il y a toujours une des deux voitures stationnée là où sont les fissures. Aucun employé d'Inspec-Sol n'aurait donc pu y aller pour observer l'évolution des fissures.
Le porte-parole de la Coalition Proprio-Béton, Yvon Boivin, estime que le couple devrait demander un autre carottage et de nouveaux tests avec les nouvelles données.
«La Coalition a de très grandes réserves à l'égard des conclusions de l'expert dans ce dossier. Nous recommandons une nouvelle expertise complète», prône M. Boivin.
On se rappellera qu'une quinzaine de victimes de la pyrrhotite ont reçu, en octobre et juin derniers, une lettre de la part de la GMN de l'APCHQ leur disant que leur maison, sous observation, était toujours sous garantie et que cette garantie était transférable à un éventuel acheteur. Par la suite, l'administrateur provisoire de la GMN, Raymond Chabot Grant Thornton, a écrit à ces mêmes personnes pour invalider la lettre en question.
Cette lettre de la GMN a eu des conséquences catastrophiques pour plusieurs victimes qui l'ont reçue, dont le couple Garceau-Thiffault qui n'aurait sans doute jamais acheté la maison en sachant ce qui les attendait.