Le ministre Réjean Hébert ne s'explique toujours pas comment tant de personnes et d'organismes ont pu mal interpréter le projet Optilab.

Projet Optilab: Hébert ne comprend toujours pas

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, s'expliquait mal, jeudi, comment l'Agence de santé et des services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, le Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières, l'Association des médecins spécialistes du Québec et la faculté de médecine de l'Université de Montréal ont pu tous conclure d'un simple document de travail sur le projet Optilab, qu'il en appliquerait automatiquement les recommandations... soit de transférer une partie des opérations du laboratoire du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières vers Sherbrooke.
Réjean Hébert soutenait toujours qu'il ne s'agissait que d'un document de travail, soit le rapport d'un groupe qui s'est penché pendant deux ans sur l'optimisation des laboratoires médicaux des centres hospitaliers, lequel groupe en était venu à ces fameuses recommandations si contestées.
«Nous avons reçu ce document et demandé aux différentes agences de santé du Québec de voir comment on pouvait mettre en application ce rapport, quels étaient les impacts et les besoins en termes d'informatique et de transport des prélèvements. Mais pour nous, il est hors de question de démanteler ce qui va bien. Le rapport visait à améliorer l'efficacité des laboratoires au Québec, alors dans une région comme la Mauricie et le Centre-du-Québec où tout va bien, on ne démantèlera pas ce qui va bien.»
Lorsqu'on demande au ministre Hébert comment il explique que les principaux établissements de santé touchés par le projet aient si mal compris ce qui se passait qu'ils ont senti le besoin de faire une sortie dans les médias pour contrer un «simple projet» toujours en cours de consultation, il avoue ne pas savoir ce qui a déclenché ce tollé, ni ce qui a pu clocher dans les communications entre le ministère et des établissements généralement bien branchés avec Québec.
«Le document a été déposé fin décembre, nous sommes début février, j'ai tenu rapidement à éteindre ce débat parce que pour moi, pas question de démanteler ce qui va bien ni de faire en sorte que des régions qui ont un laboratoire efficace soient pénalisées», répète-t-il.
Le ministre ajoute qu'il était en vacances lorsque le débat a eu lieu: un débat qu'il qualifie de tempête dans un verre d'eau. «Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Je constate que la région est solidaire de son système de santé et j'en suis heureux», a-t-il plaisanté.
Il semble qu'on ne saura jamais pourquoi le groupe d'experts a recommandé de démanteler partiellement le laboratoire du CHRTR, s'il fonctionnait si bien.
Quant aux déclarations enflammées du président de l'Association des médecins spécialistes du Québec, le docteur Gaétan Barrette, qui n'a pas mâché ses mots à l'endroit du ministre, Réjean Hébert réplique simplement que cela lui a rappelé... la dernière campagne électorale.