Une usine de liquéfaction de gaz naturel sera construite dans le parc industriel et portuaire de Bécancour.

Projet de 570 millions $ à Bécancour

Dans un contexte électoral qui est loin de les préoccuper, les dirigeants d'une entreprise norvégienne ont annoncé un projet de construction et d'exploitation d'une usine de liquéfaction de gaz naturel dans le parc industriel et portuaire de Bécancour au coût de 570 millions de dollars, financés à 100 % par le privé. Et si les travaux prévus de 2015 à 2017 feront travailler 250 personnes dans la région, une trentaine d'emplois seront reliés à sa mise en opération.
«C'est un parc phénoménal qui comporte de nombreux avantages. D'abord, il est desservi par un réseau de gaz naturel. Ensuite, son port en eau profonde est accessible toute l'année et d'autres infrastructures industrielles sont déjà présentes. Enfin, nous pourrons compter sur l'expertise des dirigeants du parc et la présence dans la région d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée», a commenté le directeur général de SLNGaz, Rodney Semotiuk.
Le projet vise donc à approvisionner, de façon fiable et sécuritaire, toutes les industries du Québec qui ne sont pas desservies par le réseau actuel de distribution du gaz naturel. Une fois produit, le gaz naturel liquéfié (GNL) sera acheminé par petits navires méthaniers et par camions, directement chez les clients. Arrivé à destination, le GNL sera gazéifié à nouveau sur le site d'accueil, puis rendu disponible aux clients par SLNGaz.
«Cette approche clé en main, qui offre des solutions sur mesure aux entreprises, a fait ses preuves depuis plusieurs années en Norvège et dans les autres pays scandinaves», assure M. Semotiuk.
Selon lui, le projet de SLNGaz comporte de nombreux avantages pour le Québec. Sur le plan environnemental, en remplaçant le mazout par le gaz naturel, les industries réduiront leur empreinte carbone et amélioreront la qualité de l'air en diminuant les émissions des principaux contaminants atmosphériques, tels que l'oxyde d'azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2) et les autres particules.
Par ailleurs, outre les 30 emplois qui seront créés à Bécancour à compter de 2017, une vingtaine d'autres s'ajouteront au siège social de Montréal. Et c'est sans compter les emplois indirects qui, dit-on, seront au nombre de 60 et plus.
De plus, M. Semotiuk soutient que les entreprises et les industries de toutes les régions du Québec, non reliées au réseau actuel de distribution de gaz naturel par pipeline, pourront bénéficier de l'effet de levier créé par l'utilisation du gaz naturel, «une source d'énergie plus propre et compétitive financièrement».
SLNGaz évaluera également les occasions d'affaires permettant d'exporter le GNL aux industries présentes dans les Maritimes, le Nunavut, ainsi qu'en Europe et aux États-Unis.
«Notre vision du développement est claire: de sa conception à sa mise en opération, nous souhaitons pouvoir élaborer ce projet en collaboration avec la communauté de Bécancour et nous assurer de son  intégration harmonieuse dans le développement socio-économique régional. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons choisi de commencer dès maintenant nos séances de consultations et nos discussions avec la population et les gens d'affaires de Bécancour», a fait savoir le président de SLNGaz, Bjørn Torkildsen.
Le mandat de réalisation de l'étude d'impact environnementale et sociale a été confié à une équipe d'experts de l'unité d'affaires Environnement et eau de SNC-Lavalin, «en raison de leurs compétences et de leurs expériences dans la réalisation d'études similaires au Québec, notamment pour le projet IFFCO Canada, ici-même à Bécancour».
À la lumière de l'expérience vécue avec une usine similaire en Norvège, les promoteurs se veulent rassurants au plan de la sécurité, parlant d'un bilan «impeccable» et «d'aucun risque spécifique».
«Et le port de Bécancour ne deviendra pas un port méthanier pour autant, avec nos bras de chargement pour un à deux bateaux par semaine», a-t-on précisé.
Interrogés à savoir s'ils craignaient une opposition comme celle observée dans le dossier du projet Rabaska, qui consistait à construire un terminal méthanier dans l'est de Lévis, les dirigeants de SLNGaz ont tenu à dire qu'il s'agissait de «deux projets totalement différents».
«Nous, on va prendre le gaz du réseau, ce sera à petite échelle avec un procédé totalement différent. Ce sera dix fois moins gros que Rabaska», a-t-on souligné, «ne percevant pas de signaux négatifs au moment où on se parle».
Invité à commenter la situation politique actuelle au Québec, M. Semotiuk s'est contenté de lancer «nous aimons le Québec», parlant «d'une grande place pour faire des affaires». Et le moment choisi pour faire cette annonce, en pleine campagne électorale, n'est que pure coïncidence, assure-t-on.
Les capitaux étant entièrement privés, l'entreprise n'a aucune attente par rapport à une aide financière de l'État, même si la région dispose d'un programme tel que le Fonds de diversification économique.
«En autant que le gouvernement supporte l'industrie», a-t-on simplement confié tout en invitant les personnes intéressées par le projet à consulter régulièrement le site www.slngaz.com.