Le PDG de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau.

Produits forestiers Résolu a souffert du froid polaire

Le froid sibérien qui s'est récemment abattu sur le Canada et le nord-est des États-Unis fera inévitablement grimper les coûts d'exploitation des usines nord-américaines de Produits forestiers Résolu (TSX:RFP), affirme son président et chef de la direction.
En conférence téléphonique, jeudi, en marge du dévoilement des résultats du quatrième trimestre de la forestière, Richard Garneau a expliqué n'avoir rien vu de tel depuis près de 40 ans.
«Ce vortex polaire, qui a frappé l'Amérique du Nord, ça n'a certainement jamais été vu par nos équipes de direction aux États-Unis, a-t-il expliqué. Ce phénomène nous a forcés à réduire la production dans plusieurs de nos installations.»
Les usines nord-américaines de Résolu, qui en possède également en Corée du Sud, ont ainsi connu plusieurs pépins au cours des derniers mois.
«Nous avons notamment été obligés de réduire la production, a expliqué M. Garneau. La tuyauterie (de plusieurs usines) a gelé. C'est certain que ça va avoir un impact sur nos coûts d'exploitation. Même en Ontario et au Québec.»
Questionné par les analystes, le pdg a expliqué que les résultats du premier trimestre seront influencés par cette situation inhabituelle, mais n'a pas été en mesure d'en dire plus.
«Nous aurons l'occasion d'en discuter à la fin du premier trimestre», a simplement laissé tomber M. Garneau.
Le pdg de Résolu a aussi ouvert la porte à de possibles acquisitions dans le futur, mais a rapidement laissé entendre qu'il n'était pas pressé d'agir. «On ne veut pas avoir une dette trop lourde, a-t-il rappelé aux analystes. Nous voulons être en mesure de gérer cela tout en générant de la valeur pour nos actionnaires.»
M. Garneau a également suggéré que la forestière serait probablement tentée de bouger dans les secteurs de la pâte commerciale et des produits du bois si elle devait prendre de l'expansion.
Quant à ses résultats du quatrième trimestre, l'entreprise établie à Montréal a battu la prévision des analystes en réduisant sa perte à 3 millions $US, comparativement à une perte de 45 millions $US au trimestre correspondant de 2012.
Résolu a ainsi perdu trois cents par action pour le trimestre qui s'est terminé le 31 décembre dernier, comparativement à 47 cents à la même période en 2012.
Les revenus sont demeurés stables, à 1,15 milliard $US.
Les analystes sondés par Thomson Reuters s'attendaient à ce que le bénéfice ajusté de la forestière québécoise soit de 29 cents l'action.
Son bénéfice d'exploitation a été de 8 millions $US au troisième trimestre par rapport à une perte de 58 millions $US à la période correspondante de 2012.
Le résultat avant intérêts, impôts et amortissements est passé de 1 million $US à 49 millions $US au quatrième trimestre, notamment en raison d'une bonne performance dans le secteur de la pâte commerciale. «Nous avons pris des moyens afin de stimuler la croissance dans ces secteurs grâce à des investissements, en plus de maximiser notre capacité de production ainsi que nos marges», a dit M. Garneau.
En ce qui a trait à l'exercice 2013, la perte nette de l'entreprise québécoise a été de 639 millions $US, ou 6,75 $US l'action, comparativement à un profit de 1 million $, ou un cent par action, en 2012.
Sur une base ajustée, le résultat a été de 107 millions $US, ou 1,13 $ l'action, en progression comparativement aux 86 millions $, ou 88 cents par action, enregistrés lors de l'exercice précédent.
Les revenus ont fléchi, passant de 4,46 milliards $US à 4,5 milliards $US.
La perte d'exploitation pour 2013 a été de 2 millions $ US, par rapport à 28 millions $US en 2012, notamment en raison d'une réduction de 30 millions $US des coûts de production.
À la Bourse de Toronto, le titre de Résolu a reculé jeudi de 7 cents pour clôturé à 20,97 $.