Les Productions de la 42e Rue ont offert une brillante interprétation des Misérables version concert vendredi, samedi et dimanche à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Productions de la 42e Rue: une excellente version des Misérables

La relative jeunesse de la troupe des Productions de la 42e Rue ne fait pas obstacle au calibre des spectacles qu'elle offre, comme elle l'a démontré avec la comédie musicale Les Misérables version concert, offerte cette fin de semaine à la Maison de la culture. Guidés par William Lévesque, les 28 comédiens-chanteurs et les 13 musiciens ont fait honneur à cet incontournable du répertoire du théâtre musical.
Les passionnés de comédies musicales qui avaient fondé les Productions de la 42e Rue en 2010 avaient donné un premier spectacle, La Belle et la Bête, en septembre de cette année-là. Promenons-nous dans les bois avait suivi en juillet et depuis, la troupe propose un rendez-vous en janvier et un autre à l'été. Les Misérables était donc le septième spectacle créé par le groupe.
Les destins de Jean Valjean, Fantine, Cosette et autres personnages campés dans le Paris du XIXe siècle par Victor Hugo ont été représentés maintes fois sur les planches par des professionnels et des amateurs de tous les niveaux, et le scénario fut adapté aux petit et grand écrans.
Choisir de s'approprier l'oeuvre implique le défi de ne pas décevoir par une interprétation déficiente ou encore par une paresse créative dans la scénographie et la mise en scène. Le concepteur, metteur en scène et directeur musical William Lévesque a brillamment relevé le défi.
On se doute que les Productions de la 42e Rue ne disposent pas d'un budget de millions de dollars, on sait que la rue des Forges n'est pas Broadway et que les membres de la troupe ne sont pas des artistes professionnels à la carrière internationale. Mais tous les ingrédients ont été réunis par William Lévesque pour faire passer un excellent moment aux spectateurs réunis dans les trois salles combles vendredi, samedi et dimanche.
Devant la perspective d'une version concert du spectacle musical, on aurait pu anticiper une performance statique, un enchaînement de numéros de chant évoquant les «séances» de salles paroissiales d'antan.
Le metteur en scène a évité ce piège en créant des tableaux très dynamiques. Il a su utiliser l'espace de la scène autant dans sa largeur, sa profondeur que sa hauteur (par la disposition des praticables) pour rendre très esthétiques et vivantes les interprétations des comédiens-chanteurs.
Un décor sobre mais évocateur, des costumes appropriés et des éclairages soignés ont contribué à animer la trentaine de chansons qui se sont succédé dans un rythme soutenu, sans temps mort ou intermède de changement de décor comme au théâtre, par exemple.
Du côté des interprètes, des étoiles d'excellence peuvent être accordées à Philippe Champagne et Manon Carrier, qui incarnaient Jean Valjean et Fantine. Ces deux membres fondateurs de la troupe font preuve d'un talent qui allie à la fois les qualités vocales et celles du jeu. On parle ici de force brute d'interprétation. Enseignante de profession, Manon Carrier pourrait facilement être chanteuse!
Un autre habitué des spectacles de la 42e Rue, Patrick Carrière, a démontré une fois de plus, lui aussi, sa combinaison d'aise à la fois au chant que dans le jeu, en donnant vie au personnage d'Enjolras, compagnon de Marius sur les barricades.
Des mentions peuvent également être décernées aux talents vocaux d'Alain-Alexandre Charest et de Catherine Lacerte dans les rôles de l'inspecteur Javert et d'Éponine.
En ce qui concerne l'excellence du jeu plus théâtral, on peut souligner la performance de Martin Francoeur dans le rôle du cupide maître Thénardier. D'un bout à l'autre du spectacle, tous les numéros, autant ceux d'ensemble que les duos et les solos, ont été livrés avec justesse et qualité. Bravo.
Enfin, notons que la participation d'un vrai orchestre - au lieu du recours à une trame enregistrée, apporte une dimension d'authenticité et de richesse à un spectacle comme celui proposé par la troupe trifluvienne.
Le prochain rendez-vous des Productions de la 42e Rue est prévu du 18 au 20 juillet avec la comédie musicale Chicago.