L'ancien hockeyeur russe Vladislav Tretyak et l'ex-championne de patinage artistique Irina Rodnina ont allumé la vasque olympique à la fin de la cérémonie d'ouverture.

Place aux choses sérieuses

Même si j'en suis à mes cinquièmes Jeux olympiques, je suis toujours aussi émerveillé devant la qualité du spectacle offert lors de la cérémonie d'ouverture, comme c'était le cas vendredi à Sotchi.
Pour tout athlète, voir la vasque olympique s'allumer est le début d'une grande aventure. Imaginez lorsque ça fait huit jours que vous êtes sur place comme c'est notre cas. On ne se sentait pas encore dans l'ambiance olympique, mais maintenant, c'est le temps de passer aux choses sérieuses.
J'avais donné congé à mes patineurs afin de leur permettre d'assister à la cérémonie, si ça pouvait les aider à se mettre dans le bain. Ce n'est pas tous les athlètes qui veulent y participer, parce que c'est long et très protocolaire, mais dans notre cas, tout le monde était réuni sous le stade olympique deux heures avant le début du spectacle.
Contrairement à mes autres Jeux, nous avons pénétré dans l'enceinte en plein centre du terrain. On ne s'y attendait pas, parce que personne ne te dit ce qui va arriver. Tout ce que tu sais, c'est qu'il va y avoir 40 000 personnes et que tu dois tourner à droite ou à gauche en suivant leur porte-drapeau. Dans notre cas, c'était Armin Zoeggeler, un lugeur qui en est à ses sixièmes Jeux. C'est une légende en Italie.
Une fois assis, nous avons pu assister au spectacle et nous n'avons pas été déçus. J'ai particulièrement aimé le côté historique de la présentation. Ils n'ont pas hésité à aborder leur époque communiste. J'ai travaillé en Allemagne et il y a certains épisodes qui sont tabous. Ça n'a pas été le cas. Lorsque la petite fille a laissé aller son ballon rouge, j'ai interprété ça comme la Russie qui tourne la page sur cette époque et qui regarde vers le futur.
Les concepteurs ont beaucoup utilisé les hauteurs. Par exemple, il y avait ce train format géant qui passait à 100 pieds dans les airs, ou encore les statues flottantes qui représentaient les différentes disciplines. C'était très réussi. Pour ce qui est des jeux de lumières, ça ressemblait beaucoup à Vancouver.
D'ailleurs, c'est très difficile pour moi de dire laquelle de mes cinq cérémonies a été la meilleure. Les époques sont différentes et les technologies aussi. C'était impossible de faire à Nagano ce qui a été réalisé mercredi. Chaque pays donne sa propre couleur au spectacle. À Turin, il y avait une Ferrari, à Salt Lake City il y avait le groupe KISS et à Vancouver, il y avait des castors et des Amérindiens.
C'est Vladislav Tretiak qui a allumé la vasque. C'était un bon choix, avec quatre participations aux Jeux et trois médailles d'or. Pour nous, les Canadiens, c'est un nom légendaire. Mais les Italiens à côté de moi n'avaient aucune idée de qui il était. Disons que le hockey n'a pas la même importance en Italie!
À l'heure où vous lirez ces lignes, mes patineurs seront de retour à l'entraînement en vue des compétitions de vendredi. Un test de dopage est même au menu.