Pierre Giguère, candidat libéral dans le comté de Saint-Maurice, était accompagné de Martin Coiteux hier après-midi, lors d'un point de presse présenté au Centre d'entrepreneuriat Desjardins de Shawinigan.

Pierre Giguère veut un «vrai» ministre régional

Si jamais le Parti libéral du Québec forme le prochain gouvernement, Philippe Couillard ne fera certainement pas l'affront à la Mauricie de désigner un ministre responsable qui aura été élu à l'extérieur de la région. Le candidat dans la circonscription de Saint-Maurice, Pierre Giguère, en a donné l'assurance jeudi après-midi, en marge du dévoilement des cinq initiatives économiques proposées par le PLQ.
«Nous avons perdu une dizaine de milliers d'emplois (en 2012 et 2013) et il faut remettre la Mauricie sur la carte», mentionne M. Giguère. «Il faut avoir un poids politique. Avant les élections, il y avait un gouvernement avec deux députés de la région qui avaient plus ou moins la confiance de la première ministre. Nous avions un ministre (responsable de la Mauricie) qui venait de l'extérieur.»
«On veut se prendre en main», ajoute M. Giguère. «Nous avons une belle brochette de candidats libéraux. Nous avons des candidats ministrables. Notre chef a été catégorique, ce sera quelqu'un d'ici qui s'occupera de la Mauricie. Il faut reprendre notre place, mettre du poids politique.»
Questionné à savoir en quoi la désignation du député de Johnson comme ministre responsable de la Mauricie avait pu nuire à la région, M. Giguère est demeuré vague. Il détecte avant tout que la nomination d'Yves-François Blanchet a constitué une gifle à l'endroit de la députée de Champlain, Noëlla Champagne et de son collègue de Saint-Maurice, Luc Trudel.
«J'aime qu'on s'occupe de nos affaires nous-mêmes», commente M. Giguère. «Ce n'est pas la personne, c'est le principe qu'il vienne de l'extérieur. C'est un manque de confiance aux personnes qui étaient ici. Je suis convaincu qu'avec les personnes ministrables que nous avons dans notre équipe, nous pourrons faire mieux.»
Jeudi, M. Giguère était accompagné du candidat du comté de Nelligan, Martin Coiteux, l'un des ténors de l'équipe économique libérale. Ils ont visité l'entreprise Shalwin, de même que le Centre d'entrepreneuriat Desjardins.
M. Coiteux rappelle que les libéraux s'engagent à créer 250 000 emplois sur une période de cinq ans. Hier, le chef a annoncé cinq mesures pour favoriser l'atteinte de cet objectif: un nouveau crédit d'impôt à l'exportation pour les PME représentant 150 % du coût du transport; la création d'un dossier unique pour l'ensemble des démarches administratives avec l'État; les programmes Créativité Québec et Démarrage Québec et finalement, l'exonération de l'imposition du gain en capital lors de la vente d'une entreprise, une mesure qui comprend la création d'un fonds d'économie à l'abri de l'impôt pour le transfert des fermes au sein d'une même famille.
Les deux représentants libéraux n'ont pas voulu s'avancer sur le nombre d'emplois qu'ils aideraient à créer spécifiquement en Mauricie au cours de la période visée si leur parti est élu. Par contre, M. Giguère glisse que «d'ici quelques jours», l'équipe régionale dévoilera un «plan mauricien» qui portera spécifiquement sur les moyens à prendre pour relever ce défi.
«Nous avons un objectif pour le Québec entier, mais ça passe effectivement par chacune des régions», estime M. Coiteux. «Les cinq initiatives annoncées pour la PME ne peuvent qu'avoir un formidable impact en Mauricie.»
Trudel éberlué
Rapidement informé des propos de son adversaire libéral, le député sortant du comté de Saint-Maurice, Luc Trudel, n'a pas mis de temps à tourner en dérision les insinuations de Pierre Giguère sur son poids politique.
«Le pauvre transfuge est vraiment confus», lance M. Trudel. «Son chef est venu dénoncer la pluie d'investissements dans la région avant le déclenchement de l'élection! Maintenant, son candidat va dire que je n'ai pas la confiance de ma chef... Franchement!»
«Le plus ironique de tout ça, c'est de faire cette annonce à l'intérieur du projet que le PLQ avait refusé à Michel Angers», ajoute le député sortant, en parlant du Centre d'entrepreneuriat Desjardins.
«Quand il était à la CAQ, ce candidat promettait de régler ce dossier, dénonçant l'inaction du gouvernement libéral. Maintenant, il accuse le Parti québécois d'avoir donné 2,2 millions $ au centre d'entrepreneuriat pour faire aboutir le projet? C'est tellement rigolo! Ça manque de sérieux.»