En mars, la glace olympique du Complexe sportif Alphonse-Desjardins de Trois-Rivières a accueilli les sélections nationales juniors de patinage de vitesse courte piste.

Patinage de vitesse à Shawinigan: au point mort depuis trois ans

Le 2 mai 2007, le conseil municipal de Shawinigan achetait la paix en décidant d'équiper son futur amphithéâtre municipal de bandes rétractables, un concept qui venait d'être implanté au Pavillon de la jeunesse d'ExpoCité, à Québec. Dix ans plus tard, cet investissement en valait-il le coup? Dans ce troisième texte d'une série de quatre, Le Nouvelliste rappelle les débats qui avaient animé la réflexion, les espoirs suscités par la présence d'une glace olympique au Centre-de-la-Mauricie, le bilan de l'utilisation de ce mécanisme innovateur et le rendez-vous manqué avec le patinage de vitesse courte piste. 
L'amphithéâtre de Shawinigan et sa glace olympique devaient devenir un site privilégié pour la création d'un club de patinage de vitesse courte piste et accueillir des événements d'envergure nationale. Des discussions en ce sens se sont déjà déroulées avec l'association provinciale, mais présentement, elles sont au point mort.
Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec, raconte que Shawinigan a testé la température de l'eau au cours des dernières années. En juin 2013, son organisation avait même présenté son assemblée générale annuelle à l'Auberge Gouverneur pour démontrer son intérêt. L'approche n'a finalement rien donné de concret.
Selon M. Dubreuil, Shawinigan possède le seul amphithéâtre municipal équipé d'une glace olympique à ne pas accueillir de patinage de vitesse au Québec. Il existe un contexte comparable au Sportplex de Pierrefonds, mais il s'agit d'un établissement privé.
«Nous avons eu des discussions avec la Ville et avec les clubs locaux de Trois-Rivières et Saint-Tite», raconte M. Dubreuil. «En 2013, nous avions visité le centre, nous avions fait part de nos intentions d'organiser des événements. Mais les conditions n'ont jamais été réunies. Il n'est pas trop tard, nous sommes encore intéressés. Mais après notre AGA, à partir de 2014, le dossier est tombé en panne sèche.»
La FPVQ porte évidemment une attention particulière aux demandes des municipalités où des clubs de patinage de vitesse sont bien implantés pour organiser des événements provinciaux. Même avec sa glace olympique, Shawinigan se retrouve donc hors circuit pour le moment.
«Il faut une série d'ingrédients», illustre M. Dubreuil. «Il faut aussi être conscient qu'il y avait des enjeux du côté de Saint-Tite.»
Sylvain Bédard, coordonnateur aux loisirs et aux événements dans la ville des cow-boys, ne se rappelle pas de discussions avec Shawinigan pour y établir un troisième centre de patinage de vitesse courte piste en Mauricie. Dans son esprit, la formation des Étoiles filantes, qui vient de fêter son 40e anniversaire, résisterait à l'arrivée d'un club à Shawinigan.
«Ça fait plusieurs années qu'on existe», commente M. Bédard. «Nous avons un bon ambassadeur en Éric Bédard (médaillé olympique) et nous en sommes très fiers. Nous avons de bons bénévoles, une équipe solide, une bonne logistique pour l'installation des matelas trois fois par semaine. On ne peut rien empêcher, mais c'est sûr qu'on va se battre pour ne pas perdre notre club à Saint-Tite.»
Le responsable ne sent pas que le fait d'offrir une patinoire de dimension nord-américaine puisse nuire par rapport à l'infrastructure disponible à Shawinigan pour les athlètes en courte piste. Au cours du dernier hiver, le club comptait 37 inscriptions. Six de ces patineurs venaient de Shawinigan.
En fait, le directeur général de la FPVQ convient que les bénévoles d'un milieu font davantage la différence que les infrastructures en place.
«Parfois, il suffit de trouver le bon ingrédient, les leaders locaux», commente M. Dubreuil. «À Shawinigan, ça a manqué. Nous n'avons pas été capables de trouver un ou deux leaders qui pourraient faire toute la différence.»
Engouement
Le directeur général de la FPVQ rappelle que la glace olympique shawiniganaise était arrivée dans un contexte où ces surfaces émergeaient à travers la province. Pendant longtemps, seul l'aréna Maurice-Richard offrait cette dimension de patinoire. Le cas de Pierrefonds est arrivé par la suite, mais le patinage de vitesse n'a pas réussi à s'y intégrer pour le moment. 
La réfection du Centre Georges-Vézina, à Saguenay, a vraiment lancé la vague des patinoires olympiques, raconte M. Dubreuil. Lévis, Matane, Drummondville, Châteauguay et Sherbrooke ont suivi, de même que le Pavillon de la jeunesse, à Québec et le Complexe sportif Alphonse-Desjardins à Trois-Rivières. La Place Bell, à Laval, offre maintenant une glace olympique et Rimouski vient d'en annoncer l'aménagement dans un nouveau complexe.
Le projet de Shawinigan est donc arrivé dans une vague qui s'est amorcée au début du nouveau millénaire.
«À ce moment, nous conscientisions les décideurs politiques et administratifs qu'en rénovant ou en construisant de nouveaux arénas, ils devaient se pencher (sur la glace olympique) parce que notre sport progressait», se remémore M. Dubreuil. «Shawinigan faisait partie des villes intéressées et elle avait établi un projet pour une patinoire de dimension internationale.»
«Je pense que la Ville a été visionnaire dans son intérêt», analyse M. Dubreuil. «Nous aurions préféré une glace internationale, mais le concept hybride est intéressant. Nous avions promis de faire notre possible pour la tenue d'événements récurrents et la fondation d'un club. Malheureusement, pour l'instant, ça ne s'est pas concrétisé.»