La pataugeoire du parc Jean-Béliveau

Pataugeoire au parc Jean-Béliveau: Trois-Rivières fait marche arrière

L'accès à la pataugeoire du parc Jean-Béliveau sera, finalement, gratuit. Après avoir annoncé que ce point d'eau serait désormais payant pour les utilisateurs, la Ville recule et accepte la gratuité du plan d'eau, au même titre que les deux autres pataugeoires de Trois-Rivières, soit celles des parcs Des Chenaux et Des Ormeaux.
Rappelons que, la semaine dernière, la Ville annonçait que la pataugeoire du parc Jean-Béliveau serait désormais payante étant donné de nouvelles normes imposées par Québec qui demandent à ce que les plans d'eau de plus de 60 centimètres de profondeur soient considérés comme des piscines.
Toutefois, devant l'argumentaire des gens du secteur, le maire Yves Lévesque indiquait, vers la fin de la semaine, que le conseil couperait la poire en deux et baisserait de moitié la tarification pour cette pataugeoire étant donné qu'elle ne présentait pas les mêmes caractéristiques que les autres piscines municipales.
Le conseiller du district Marie-de-l'Incarnation et candidat à la mairie, Jean-François Aubin, a toutefois relancé ses collègues lundi, par courriel puis en séance de travail, afin de voir si le retour de la gratuité n'était pas envisageable.
«Durant la fête de district cette fin de semaine, j'ai discuté avec beaucoup de citoyens et c'était évident que le compromis de demi-prix ne convenait pas. J'ai essayé de trouver une autre solution», explique celui qui, en téléphonant au service des loisirs, a constaté que la Ville disposait d'une autre pataugeoire, cette fois au parc des Chenaux, et que cette dernière était gratuite.
«On a identifié au total trois points d'eau qui ne correspondaient pas aux critères des autres piscines en ce qui concerne la profondeur de l'eau. Après discussion, les gens du conseil ont convenu qu'avec un critère précis comme celui de la profondeur, on irait de l'avant avec la gratuité», indique Jean-François Aubin.
Le maire Yves Lévesque explique ce changement de cap en raison d'un souci d'équité. «J'ai appris ce matin (lundi) que la pataugeoire du parc Des Chenaux était gratuite. Elle est à 66 centimètres de profondeur. Alors par souci d'équité, je pense que les trois pataugeoires de notre territoire doivent être gratuites», mentionne Yves Lévesque.
Désormais, toute piscine ayant moins de 1,55 mètre de profondeur sera gratuite, et ce, même si les nouvelles normes de Québec exigent qu'elles soient considérées comme des piscines et qu'elles aient la surveillance adéquate.
Un compromis qui réjouit le conseiller du district où se situe la pataugeoire du parc Jean-Béliveau. «Ça me semble une proposition de compromis acceptable. Pour moi, c'est une bonne nouvelle, ça permet de dire qu'à trois endroits dans la Ville, autant à l'ouest qu'à l'est de la rivière Saint-Maurice, les gens qui veulent aller se rafraîchir peuvent y aller gratuitement. C'est clairement un pas en avant», constate Jean-François Aubin.
Un avis de motion a été présenté en séance publique, lundi soir. Le règlement officiel sera adopté le 10 juillet mais déjà, le mot d'ordre a été donné d'appliquer ce règlement à compter d'aujourd'hui.
Gratuité?
Le maire Yves Lévesque a indiqué, en point de presse, qu'il avait réfléchi à la question de la gratuité pour l'ensemble des piscines municipales.
Or, une disposition de l'entente avec Québec sur les retours de TPS et de TVQ fait que la Ville récupère l'ensemble des taxes sur les montants payés pour l'entretien et le fonctionnement des piscines municipales si elle demande un coût d'entrée.
Ainsi, sur les 900 000 $ puisés annuellement sur le budget pour faire fonctionner les piscines municipales, Trois-Rivières peut récupérer les taxes à condition qu'elle demande un coût d'entrée, des tarifs qui rapportent environ 50 000 $ sur le budget global d'opération des piscines.
Ramener la gratuité dans les piscines municipales mettait non seulement un terme au retour des taxes, mais forçait également l'administration municipale à rembourser rétroactivement ce qu'elle avait déjà reçu dans les dernières années.
«Si on avait pris cette décision cette semaine, il aurait fallu signer sur-le-champ un chèque de 130 000 $ pour rembourser Québec», note Yves Lévesque.
Par ailleurs, à moyen terme, le maire constate que les trois pataugeoires du territoire deviendront probablement des jeux d'eau.
«À partir du moment où nous avons besoin de faire des rénovations majeures sur des bassins, on les transforme en jeux d'eau. C'est ce qu'on a fait au parc Lionel-Rheault et au parc Pie-XII. C'est ce qui est la tendance», constate le maire, qui n'a toutefois pas voulu s'avancer sur un échéancier étant donné que des rénovations majeures n'étaient pas envisagées à court ou moyen terme.
Une proposition que remet toutefois en question Jean-François Aubin. «Je crois que c'est le genre de projet qui devrait être discuté avec les gens de chaque secteur. Pour en avoir parlé avec des citoyens, ce n'est pas aussi unanime que les gens veulent absolument des jeux d'eau. Une piscine, c'est quand même autre chose», constate-t-il.