Les gens présents à l'assemblée n'ont pas hésité à signer leur carte de membre de la future Corporation du parc de la Rivière-Grand-Mère.

Parc de la Rivière-Grand-Mère: un appel à la mobilisation

Les citoyens ont confirmé leur fort attachement pour le parc de la Rivière-Grand-Mère mercredi soir, au sous-sol de l'église Saint-Paul, en se présentant nombreux à la séance d'information pour former une corporation légale pour animer les lieux.
Si cette réponse a réjoui le comité mobilisateur, celle du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour donner l'aval aux travaux de dragage du bassin se fait toujours attendre, de sorte qu'un appel à la manifestation risque d'être lancé au printemps si rien ne bouge.
Près de 80 personnes se sont présentées à la rencontre et selon Réal Daneault, porte-parole du comité, 75 d'entre elles avaient signé leur carte de membre à vie pour la somme de 10 $ à la fin de la soirée. L'objectif de 1000 $ a donc presque été atteint en quelques heures. 
Pratiquement toutes les personnes présentes ont ainsi encouragé la formation de ce qui devrait être désigné comme la Corporation du parc de la Rivière-Grand-Mère. Une première assemblée générale est prévue d'ici la fin octobre. L'objectif de cet organisme consistera à obtenir des aides financières pour organiser des activités afin de faire revivre le parc. Par exemple, une dame a suggéré le retour du Festival de la relève, disparu en 2007 après cinq éditions.
Un départ encourageant, mais le signal déterminant du MDDELCC se fait attendre. La Ville de Shawinigan attend toujours le fameux certificat d'autorisation qui permettra d'entreprendre les travaux pour libérer le bassin des embarrassants sédiments qui ont détérioré les lieux au fil des années. Jean-Pierre Jolivet, qui assure le lien entre le comité de mobilisation et l'administration municipale, était déçu d'apprendre, au cours de la journée de mercredi, que rien n'avait encore bougé sur ce plan. La demande a été déposée en mai.
«Notre patience est à bout», prévient l'ex-député de Laviolette. «S'il faut se rendre aux bureaux du ministère pour manifester, on va y aller. Il y a sûrement quelque chose à faire. Je suis prêt à aller défoncer les portes avec vous!»
Au cours des prochains jours, M. Jolivet et la Ville solliciteront une rencontre avec la ministre régionale et députée de Laviolette, Julie Boulet, afin de vérifier si une nouvelle intervention peut être envisagée pour accélérer le processus. Cette étape orientera la suite des événements.
«Si on avait la réponse avant la fin septembre, on pourrait agir avant la fin de l'automne», estime M. Jolivet. «Si ce n'est pas fait, il faudra prévoir une mobilisation pour le printemps prochain.»
Réal Daneault est convaincu que cet appel serait entendu. 
«Si on n'a pas le choix, on va y aller!», lance-t-il. «Nous avions déposé 3300 signatures d'appuis à l'hôtel de ville pour développer le parc. Il va falloir que le monde embarque.»
Rappelons qu'en août, le conseil municipal a adopté un projet de règlement d'emprunt de 333 000 $ pour réaliser ces travaux. Présente à l'assemblée de mercredi soir, la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, a reconnu qu'il s'agissait d'une «évaluation préliminaire».
Selon sa compréhension, le ministère veut surtout s'assurer que ces manoeuvres de nettoyage ne devront pas être répétées dans dix ans. Voilà pourquoi la Ville propose l'installation de bacs de rétention dans la rivière dans sa demande de certificat d'autorisation.
Témoignages
La rencontre a duré environ une heure, le temps de faire le point sur la situation et d'entendre quelques témoignages sur l'importance de ce parc pour le milieu. 
Par exemple, Marc Dumont est venu tracer un bref historique de l'endroit, créé vers 1929. Ces travaux avaient permis à des gens de gagner leur vie pendant la grande crise économique. Au fil des années, une piscine et un pavillon ont fait leur apparition, de même que des courses de canots, des feux d'artifice, du ski de fond, du patinage, de la raquette, des glissades, une fête des neiges.
Depuis une vingtaine d'années, l'endroit a été négligé, particulièrement après le coup d'eau de 1997 qui a sans doute provoqué les problèmes d'accumulation de sédiments observés à la rivière aujourd'hui.
Le projet de la future corporation englobe aussi l'aménagement de sentiers pédestres sur une partie de l'ancien site du Village d'Émilie. Julie Sylvestre, conseillère pédagogique au Centre de la petite enfance Le Manège des tout petits, est venue expliquer l'importance de ces lieux pour les enfants, qui aiment s'y promener en s'inventant toutes sortes d'histoires. 
Notons enfin que plusieurs aspirants à des postes au conseil municipal se sont déplacés à cette rencontre. Outre Mme Déziel, notons la présence de son adversaire dans le district de la Rivière, Roger Castonguay. François Bonenfant, qui déposera officiellement sa candidature à la mairie le 25 septembre, s'était également déplacé. 
Idem pour Steeve Carrey, aspirant dans le district du Rocher, ainsi que René Fugère qui, selon une rumeur tenace, déposerait également sa candidature dans ce quartier en vue du scrutin du 5 novembre.