Le chef invité pour le premier concert de 2014 de l'OSTR: David Hayes.

OSTR: l'émotion d'un monde nouveau

Pour son premier concert de 2014, samedi, l'OSTR célèbre le nouveau monde et quelle meilleure façon de l'évoquer qu'avec Antonin Dvorak et deux artistes invités qui le symbolisent bien: le chef américain David Hayes et le jeune prodige québécois du violoncelle Stéphane Tétreault?
<p>Le jeune violoncelliste québécois Stéphane Tétreault en sera à sa première prestation en compagnie de l'OSTR ce samedi soir.</p>
En première partie, on présentera Primus tempus, du compositeur québécois Denis Gougeon suivi par le Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op. 104 de Dvorak. En deuxième partie, on aborde l'oeuvre qui est peut-être la plus connue de ce compositeur: sa 9e symphonie en mi mineur dite «du Nouveau Monde», op. 95.
Les deux invités en seront à leurs premiers pas avec l'orchestre trifluvien bien que tous deux revendiquent des liens avec la ville. Stéphane Tétreault se rappelle être venu jouer ici il y a 10 ans alors qu'il n'était lui-même âgé que d'une dizaine d'années dans le cadre du Concours de musique du Canada sans compter des prestations dans le cadre des Jeunesses musicales du Canada.
Pour ce qui est de David Hayes, son lien avec l'OSTR est autre: il tient à Jacques Lacombe. «J'ai travaillé avec Jacques à quelques occasions, nous avons fraternisé et développé un solide lien d'amitié, d'expliquer le maestro. J'admire son travail. Je trouve très excitant de faire mes débuts canadiens chez vous. Bien que je sois originaire de la Nouvelle-Angleterre, je n'ai pas voyagé beaucoup au Canada. Je sais par ailleurs que l'orchestre a une excellente réputation.»
Les deux musiciens sont comblés par le programme du concert. Stéphane Tétreault s'attaquera au Concerto pour violoncelle et orchestre de Dvorak, pièce maîtresse du répertoire. «Je l'ai joué à quelques reprises, notamment avec l'Orchestre métropolitain, explique-t-il. C'est LE concerto pour violoncelle que tous les violoncellistes veulent interpréter. C'est une oeuvre exceptionnelle à tous points de vue. On va dans toutes sortes d'extrémités et c'est un réel plaisir à jouer.»
On dit que ce n'est pas une oeuvre de virtuosité mais Tétreault nuance la chose. «Ce n'est pas une pièce qui se caractérise par la virtuosité mais par moments, c'est extrêmement difficile à jouer; ça demande beaucoup de dextérité. Comme c'est une oeuvre de laquelle émane beaucoup d'émotions, il faut posséder une très solide technique pour la rendre. Comme c'est une grande oeuvre, je ne cherche pas à lui donner une interprétation très particulière mais selon mon inspiration du moment, je vais trouver des façons de rendre certaines phrases musicales.»
«Cela fait quelques semaines que je travaille la pièce de façon à ce que je la possède suffisamment pour être en mesure de me laisser emporter au moment du concert.»
La pièce maîtresse du concert sera la grandiose 9e symphonie d'Antonin Dvorak dite «du Nouveau Monde». «Évidemment, je suis familier avec l'oeuvre, indique David Hayes. D'ailleurs, il se trouve que j'ai beaucoup dirigé de Dvorak que j'aime beaucoup. Mon approche personnelle se veut une combinaison: je cherche à développer une belle sonorité de l'orchestre tout en m'assurant d'une solide rythmique pour soutenir l'oeuvre. Le programme s'y prête bien parce que les pièces nous entraînent dans des passages puissants et tourmentés. J'ai hâte de travailler cela avec l'orchestre.»
«Devant une oeuvre de l'ampleur de la Symphonie du Nouveau Monde, mon approche est assez humble. Je n'essaie pas de lui laisser ma marque personnelle même si l'oeuvre ouvre beaucoup de portes à cet égard.
Bien des chefs vont jouer avec le tempo des différents thèmes, par exemple, alors que moi, je l'aborde en essayant de me mettre dans la peau de Dvorak en cherchant la façon de le laisser s'exprimer. Comme cette symphonie est pleine de contrastes, elle parle d'elle-même. D'autant que Dvorak était connu comme quelqu'un d'assez réservé et il a laissé dans sa correspondance son désir qu'on évite de trop intervenir sur l'oeuvre pour accentuer l'émotion.»
«Tant le Concerto pour violoncelle que la symphonie sont des pièces remarquablement écrites qui fonctionnent parfaitement bien sans qu'on amplifie l'émotion. Et cela, même si la seconde oeuvre me touche particulièrement en tant qu'Américain. Dans le thème central de son deuxième mouvement, inspiré des Negro Spirituals, c'est comme si Dvorak peignait un magnifique panorama des plaines américaines qui me donne une impression de réconfort parce qu'il décrit quelque chose qui m'est familier et qui est inscrit dans ma culture.
C'est une vision emblématique et magnifique d'une certaine Amérique mais elle teintée d'une très touchante nostalgie et en cela, elle est tout à fait universelle et c'est pourquoi tout le monde est touché par cette musique.»
Le concert sera présenté samedi soir, 20 h, à la salle Thompson.