La première ministre Pauline Marois est chaleureusement accueillie par le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Opération réconciliation réussie... selon le PQ

Si l'on en croit les députés de la région ainsi que quelques futurs candidats, l'opération réconciliation du Parti québécois avec la région serait une réussite. On pourrait donc envisager des élections avec confiance... sans doute dès ce printemps.
C'est en effet sur fond de rumeur électorale que le caucus présessionnel du Parti québécois s'est ouvert mercredi, à Shawinigan, alors que plusieurs médias annonçaient de possibles élections le 14 avril. Il n'en fallait pas plus pour qu'une certaine fébrilité s'empare de l'aile parlementaire du PQ... et des nombreux médias venus couvrir la rencontre de travail.
Après avoir fait un état de situation (sondage, charte, commission d'enquête), la première ministre Pauline Marois a entamé un tour de table afin de prendrele pouls de ses députés et ministres.
Noëlla Champagne et Luc Trudel ne semblent pas très pressés de ressortir les pancartes mais ont confié être prêts à monter au front dès que leur chef le décidera. «Ça parle d'élection dans les journaux. Mais est-ce que nous, on est rendus là? s'interroge Noëlla Champagne. On fait comme tout le monde, on mesure, a-t-elle confié au moment d'une pause du caucus. Mon équipe est prête. Évidemment, on l'est toujours plus que moins dans le contexte d'un gouvernement minoritaire.»
Par ailleurs, la députée de Champlain est convaincue que son parti ne surestime pas l'effet qu'a eu la pluie de millions $ sur la région - et qui se poursuivra jusqu'à demain - tout en confiant qu'il ne faut pas non plus compter uniquement sur cela pour l'emporter.
«On fait ce qu'on a à faire comme travail. Disons que c'était plus concentré comme annonces et qu'on a profité de la présence des ministres pour les faire, au lieu que ce soit seulement moi ou mon collègue Luc Trudel. C'était une décision du caucus de procéder de cette façon. Mais ce n'est pas ça qui nous fait déborder d'enthousiasme et dire que si on avait une élection demain matin, on la gagnerait. Non, on n'est pas dans ce mode-là. Moi, moins que d'autres. Une élection peut virer de bord n'importe quand. On n'est pas au-dessus de nos affaires. On ne prend rien pour acquis. Je me souviens de 2003.»
Son collègue de Saint-Maurice, Luc Trudel, reconnaît que jamais le Parti québécois n'a procédé à autant d'annonces à l'occasion d'un caucus, d'où le nom de «tournée exceptionnelle» donné à l'opération et qui apparaît sur tous les communiqués émis ces derniers jours.
Un stratège du Parti québécois a confié qu'il a fallu 18 mois pour mettre le tout au point - et trouver le bon moment - et qu'encore mardi, on confirmait de justesse des annonces qui seront faites jeudi et vendredi à Shawinigan.
«Il y a eu une décision de la première ministre de venir en Mauricie et on a mis toute la gomme pour que tout soit prêt à temps», résume Luc Trudel. Ce dernier souhaite que les Mauriciens très éprouvés économiquement et socialement retiennent que le gouvernement les a écoutés et compris et surtout qu'il est à leur service.
Le député rappelle qu'il avait sensibilisé la première ministre à la situation de la Mauricie, déchirée et en crise après la fermeture de Gentilly 2. Il avait imploré Pauline Marois de donner un signal fort que le gouvernement était là pour écouter. «C'est ce qu'elle a fait», estime-t-il.
Comme sa collègue de Champlain, le député dit être d'attaque pour une campagne électorale comme le lui impose un gouvernement minoritaire, mais il assure qu'il poursuivra son travail quotidien normalement, lundi prochain.
Même si le caucus se termine jeudi à midi, on attend d'autres nouvelles dont deux très importantes à Shawinigan, soit celle concernant le dossier de l'eau potable et une autre, cet après-midi, qui prendra la forme d'un événement quasi mondain à la Cité de l'énergie, où le ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, devrait annoncer une aide substantielle pour le spectacle d'Amos Daragon.
Plus d'une centaine de personnes y sont attendues. Plusieurs rumeurs circulaient mercredi quant à l'utilisation de la subvention qui sera accordée: une traduction du spectacle, une bonification du spectacle ou une suite aux aventures du petit Amos?
Enfin, vendredi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, devrait donner le feu vert à un nouveau service au CHRTR, soit l'hémodynamie.