Le docteur Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, dénonce la décision du ministère de la Santé.

«On attaque la région de façon importante» - Dr Gaétan Barrette

«On attaque la région de façon importante!» C'est en ces termes que le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, a réagi à la nouvelle voulant que les services de laboratoire du CHRTR soient durement touchés par le projet Optilab du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
Partie prenante de la démarche depuis ses origines il y a trois ans, le docteur Barrette rappelle que cet exercice s'était fait jusqu'à maintenant de façon suffisamment consensuelle pour en être satisfait. De son propre aveu, il n'a jamais été contre l'idée de sauver de l'argent. Il note que la situation de Trois-Rivières a été débattue avec les fonctionnaires du réseau de la santé, le ministère et la Fédération des médecins spécialistes du Québec.
«Tout le monde était d'accord avec le fait que Trois-Rivières devait avoir sa grappe - un ensemble de laboratoires relevant d'une même entité administrative et reliés par informatique. Nous avons tous été désagréablement surpris par l'intervention du ministre de la Santé qui a cassé ça. Sur le plan de la logique, du rendement de l'investissement, de l'organisation des soins, la décision que prend le ministre Réjean Hébert est de toute évidence du favoritisme. Elle doit être dénoncée parce qu'elle nuit à l'organisation des soins.»
Le porte-parole de la FMSQ insiste, dans ce dossier, la priorité de sa fédération est l'organisation des soins par rapport aux patients. Il se défend de faire de la politique.
«Je suis dans la position fâcheuse, très désagréable, où je dois prendre parti pour une partie de mes membres, et contre l'autre. C'est mon rôle de président de faire la part des choses et de trancher. Ça n'a rien à voir avec la politique. Mais là, le gouvernement prend une décision qui est partisane qui va à l'encontre de mes membres et de l'intérêt de la population qui reçoit des soins au Centre-du-Québec. Ça n'a rien à voir avec de la politique», répète l'ex-candidat de la CAQ.
Le médecin ajoute que la base de la qualité des soins repose sur la coordination des équipes médicales et que c'est ce que l'on attaque présentement.
«La seule place au Québec où il y aura une grappe dysfonctionnelle, c'est Trois-Rivières. Uniquement parce que le ministre veut amener des ressources, du budget, du personnel, des investissements... et de la gloire dans son comté», ajoute le docteur Barrette d'un ton mordant.
Ce dernier poursuit en confiant que le ministère lui a demandé son avis avant de prendre une décision finale. Deux régions posaient problème.
«Dans un cas, on a suivi ma recommandation, car il n'y avait pas de conséquences politiques, mais dans l'autre, Trois-Rivières, on ne l'a pas suivie. Ma recommandation était de ne pas fracturer la région Mauricie-Centre-du-Québec. C'est le ministre qui l'a décidé. Pourtant, l'équipe Mauricie-Centre-du-Québec et le CHRTR, ce n'est pas une créature de la fédération. Un jour, on a divisé le Québec et on a fait des centres régionaux dont Mauricie-Centre-du-Québec. On a cru à ça. On a géréles effectifs médicaux, on a fait des recommandations sur l'attribution des ressources pour faire en sorte que vous vous développiez. Et là, c'est fini. Le ministre de la Santé vient de Saint-François. Il y a un centre hospitalier universitaire là et on va envoyer la moitié de la région chez lui. Ben là!»
Le docteur Barrette rappelle que le ministère est sensé être au-dessus de la mêlée et se demander ce qui est le mieux pour une région. Ce qu'il n'a pas fait dans ce cas, pour des raisons qui, à son avis, ne sont autres que politiques.