De passage à Trois-Rivières mercredi, Pauline Marois a présenté son candidat Alexis Deschênes dont elle dit apprécier la rigueur.

«On a des comtés à reprendre»

Pauline Marois a lancé sa campagne en Mauricie, mercredi, en y passant l'après-midi, la soirée et même la nuit. Le candidat péquiste dans Maskinongé, Patrick Lahaie, un proche de Mme Marois, dit avoir beaucoup insisté sur ce scénario, une suite logique, explique-t-il, du caucus présessionnel du Parti québécois qui s'est déroulé à Shawinigan, il y a quelques semaines. La première ministre s'est donc arrêtée brièvement à son local, avant de poursuivre sa route vers le centre-ville où elle a aussi présenté son candidat dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes.
<p>Pauline Marois a aussi fait un arrêt dans le local électoral de Patrick Lahaie, candidat dans Maskinongé. </p>
Comme elle l'avait fait tout au long de la journée, la chef péquiste a refusé de répondre aux questions de la presse nationale et a même lancé en quittant le local, devant des journalistes médusés, qu'elle répondrait à leurs questions «dans quelques jours»! En dépit de cette position très arrêtée, Le Nouvelliste a pu la rencontrer quelques minutes à bord de son autobus de campagne, en compagnie d'Alexis Deschênes.
La première ministre a expliqué qu'elle a décidé d'accorder des entrevues seulement aux médias locaux quand elle se trouve en région, mais que lorsqu'elle aura des annonces importantes à faire, elle le fera devant la presse nationale; une explication qui a semblé contenter Alexis Deschênes, pourtant ancien journaliste parlementaire. Même son de cloche chez Patrick Lahaie qui a déclaré ne pas vouloir commenter la stratégie de la première ministre en matière de communication.
Au cours des dix minutes accordées, Mme Marois a brièvement commenté l'entrée en scène un peu ratée de son candidat à Trois-Rivières, tout comme fut la sienne en Mauricie, en début de mandat, après l'annonce de la fermeture de Gentilly 2.
«On est maintenant tournés complètement vers la campagne», a déclaré avec assurance celle qui avait soulevé l'ire de la région, au point que le maire Yves Lévesque avait souhaité un renversement de gouvernement. «On se préoccupe de ce qui touche les gens de Trois-Rivières et on est en train de définir le discours qu'on aura en campagne électorale. On est maintenant dans l'action», a assuré son «candidat parachute», d'abord reçu fraîchement même par les militants péquistes.
Ce dernier est conscient qu'il a à affronter «Capitaine Gentilly», le libéral Jean-Denis Girard, qui s'est fait connaître en se portant à la défense des travailleurs de la centrale nucléaire. Est-ce que cela teintera la campagne? Pauline Marois aime la question. Une fois qu'elle a admis que son parti a agi un peu trop vite en fermant la centrale, tenant pour acquis que la population connaissait ses intentions, elle a mis l'emphase sur le fonds de diversification économique, IFFCO et la consolidation d'Alcoa, preuve que son gouvernement est préoccupé par l'emploi.
Quand on demande à la première ministre s'il est possible que son parti sous-estime aussi le ressentiment de la Mauricie envers son gouvernement malgré la récente opération charme menée dans toute la région, accompagnée d'une pluie de subventions, elle esquive la question en disant que son parti veut l'appui de la région afin qu'elle fasse partie du gouvernement.
«Nous faisons des efforts partout au Québec mais ici on a des comtés à reprendre, admet-elle. On est conscient que notre décision a eu des impacts et que cela doit être corrigé. Je suis sensible à ce que les citoyens vivent avec les pertes d'emploi. Mais rapidement, on est allés chercher des investissements.»
Pour sa part, Alexis Deschênes a tenu à assurer que l'engagement du Parti québécois pour la Mauricie était sincère. «Je suis persuadé que Mme Marois sera encore préoccupée de la Mauricie après la campagne lorsque le Parti québécois sera majoritaire», a-t-il déclaré.
Plus tôt en journée, la première ministre a fait un arrêt dans la partie trifluvienne de Maskinongé pour saluer son propre conseiller politique, Patrick Lahaie, qui tente pour la quatrième fois de se faire élire député pour cette formation politique.
C'est dans une improvisation totale mais joyeuse que s'est déroulée cette visite. On avait bien préparé les lieux pourtant. Mme Marois devait entrer et se diriger vers un grand entrepôt où on avait disposé chaises et micro dans un grand espace. Mais voilà, la chef et tout son entourage sont restés dans l'entrée, provoquant un grand mouvement de repli des caméras et de micros, suivi des supporters venus l'accueillir.
Le candidat a vanté sa chef - elle est studieuse -, la chef a vanté le candidat - il est rigoureux -, serré quelques mains de travailleurs d'élections, rappelé les réalisations de son gouvernement, discuté un peu avec un vieux militant des mérites de Fred Pellerin et ce fut à peu près tout. «Accompagnez Patrick jusqu'au 7 avril, a-t-elle demandé aux militants. C'est quelqu'un de très précieux pour moi. J'ai besoin de vous pour un gouvernement majoritaire», a-t-elle lancé avant de s'engouffrer dans son autobus.
Pauline Marois fouette ses militants à Trois-Rivières
La première ministre a eu son premier bain de foule de la campagne électorale en fin de journée hier à Trois-Rivières. Un peu plus de 150 militants péquistes de la région ont accueilli chaleureusement Pauline Marois, qui était là pour motiver les troupes de la région, mais aussi pour présenter le candidat dans la circonscription de Trois-Rivières, Alexis Deschênes.
La présence à Trois-Rivières de la première ministre au premier jour de la campagne électorale envoie, selon Alexis Deschênes, «un signal fort». Le nouveau venu dans l'arène politique a souligné qu'il entendait défendre auprès de sa chef les intérêts de sa circonscription «d'adoption». «Je vous assure Mme Marois que lorsque je serai élu député de Trois-Rivières, je serai tenace pour que Trois-Rivières obtienne sa part.»
La chef du PQ était également entourée de tous les candidats péquistes de la région. Outre Alexis Deschênes, elle a aussi présenté aux militants les candidats dans les circonscriptions de Maskinongé, Patrick Lahaie, de Saint-Maurice, Luc Trudel, de Champlain, Noëlla Champagne, de Laviolette, André Beaudoin, ainsi que de Nicolet-Bécancour, Jean-René Dubois.
Quelques personnalités péquistes de la région, qui ont déjà représenté le parti à l'Assemblée nationale, étaient aussi de ce 5 à 7. L'ancien ministre et député de Saint-Maurice, Yves Duhaime, l'ex-député de Lotbinière, Jean-Guy Paré, ainsi que l'ancien député de Nicolet-Yamaska, Michel Morin, étaient du rassemblement de militants.
Avec la collaboration de Gabriel Delisle