«Je n'ai pas d'appui de mon office de tourisme» - Guylaine Tétreault, actionnaire de l'Auberge Escapade.

Office de tourisme: des retombées inexistantes

À l'extérieur du conseil d'administration, de nouvelles voix s'élèvent pour remettre en question les retombées de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan. Des joueurs importants dans le milieu qui ne trouvent tout simplement pas leur place dans cette structure.
Guylaine Tétreault, actionnaire et directrice générale de l'Auberge Escapade, a déjà pris la décision de ne pas régler sa contribution de 900 $ pour le tourisme d'affaire et sportif en 2014.
«Je ne sais pas pourquoi je paierais pour quelque chose qui ne m'apporte pratiquement rien et qui ne m'offre pas de support », tonne-t-elle. «Il faut se débattre par nous-mêmes pour aller chercher nos trucs. Je n'ai pas d'appui de mon office de tourisme. »
Mme Tétreault assure que l'OTFC ne peut feindre la surprise à la suite de sa décision. Elle communique ses frustrations à chaque année et elle ne note aucune amélioration. La dirigeante comprend que les retombées des congrès soient concentrées dans l'environnement immédiat de l'Auberge Gouverneur. Par contre, elle aimerait sentir que des efforts sont déployés pour aider les établissements en périphérie du centre-ville de Shawinigan.
«Je ne sens pas que la collectivité complète est servie», précise-t-elle. «Je n'ai pas l'impression qu'on travaille pour tout le monde. Ça ne fonctionne pas. Je n'ai pas l'impression qu'ils ont confiance en notre produit.»
Mme Tétreault entend le discours comme quoi l'OTFC demande encore du temps pour être parfaitement rodé, mais ses réalités d'entrepreneur lui dictent un autre rythme.
«Combien de temps des propriétaires comme moi peuvent survivre si personne ne nous aide à développer notre marché?», demande-t-elle. «On paye des cotisations, donc une partie de leurs salaires, pour nous développer. Si on me dit que ça va prendre quatre ou cinq ans avant d'avoir des résultats, je répondrai que les plus petits ne peuvent peut-être pas attendre tout ce temps.»
Mme Tétreault voyait pourtant d'un bon oeil la création d'un office de tourisme à Shawinigan. Visiblement, les lendemains déchantent.
«J'ai besoin de support, de me faire dire autre chose que: T'es loin!», indique-t-elle. «En séparant l'office de tourisme du CLD, je comprenais qu'il y aurait une période de transition, mais pas un temps mort comme ça.»
Chez Marineau Hôtel des 10 du secteur Grand-Mère, pas question non plus d'honorer la contribution affaires en 2014. Comme à l'Auberge Escapade, seule la cotisation de base de 125 $ sera payée.
«Les retombées n'ont pas été là pour nous», estime Donald Desrochers, directeur du marketing pour les Hôtels Marineau. Pour lui, il s'agit simplement d'une «décision d'affaires».
«Nous sommes l'établissement le plus éloigné; il y a un bassin très grand de chambres disponibles avant d'arriver chez nous. Les très gros congrès, il n'y en a pas des tonnes.»
«Nous avons donné à chaque année», ajoute M. Desrochers. «Nous avons attendu, en voulant participer. Mais participer à coup de milliers de dollars, ça prendrait des retombées. L'historique nous prouve qu'il n'y a pas de retour pour nous.»