«C'est normal qu'on pose des questions, quand on nous demande de payer une grosse cotisation». - Robert Trudel, directeur général de la Cité de l'énergie.

Office de tourisme: des gros joueurs ne payeront plus

Même s'il vient d'intégrer le conseil d'administration de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan, Robert Trudel doute qu'il allongera quelques milliers de dollars pour honorer sa contribution complète à l'organisme. Dans son cas comme dans bien d'autres, trop de questions demeurent sans réponse et surtout, il ressent la désagréable impression de ne pas en avoir pour son argent.
«Je ne suis pas convaincu que je vais payer la partie congrès de la cotisation», mentionne le directeur général de la Cité de l'énergie. Il s'agit d'un montant de 3000 $, qui varie d'un établissement à l'autre selon certains critères.
«Quand on regarde nos chiffres, pour donner un service de congrès en hiver, ça représente une perte de 105 000 $ par année», explique M. Trudel. «Est-ce que ma contribution n'est pas déjà assez forte? Je suis donc en période de réflexion. Pourquoi payer une contribution de 3000 $ quand j'en perds déjà 105 000 $ pour accommoder des hôteliers?»
M. Trudel calcule qu'en 2014, les services de l'OTFC lui auront permis d'accueillir un seul événement à Espace Shawinigan. Les autres aboutissent chez lui grâce à ses propres contacts ou parce qu'il s'agit de rendez-vous annuels.
«Depuis plusieurs mois, il n'y a pas eu de démarchage», rappelle-t-il à propos du départ de Sylvia Bouchard pour l'Auberge Gouverneur au début octobre. «C'est normal qu'on pose des questions, quand on nous demande de payer une grosse cotisation. Si on n'a pas de congrès, pourquoi on paierait?»
M. Trudel assure qu'il ne ressent aucun malaise particulier à soulever ces questions comme membre du conseil d'administration. Il paiera sa cotisation de base de 250 $, mais pour le reste, il faudra le convaincre.
«Je ne suis pas mal à l'aise; c'est une question d'affaires. Je vais payer ma cotisation pour la Cité de l'énergie, mais je ne suis pas obligé d'embarquer dans la catégorie des congrès.»
«En plus, si je loue mes installations à perte, je leur rends un bon service», ajoute M. Trudel. «Quand nous avons acquiescé, c'était pour jouer notre rôle de bon citoyen corporatif. Mais les temps sont durs et il faut gérer serré.»
Le même raisonnement s'applique à l'Auberge Gouverneur. À la mi-janvier, Sonia Tremblay, actionnaire et directrice générale de l'établissement hôtelier, a envoyé une lettre à l'OTFC pour qu'on lui démontre à quoi servira sa cotisation et en quoi sa contribution de 6000 $ lui rapportera des retombées. Elle n'a pas encore obtenu de réponse. Rappelons que Mme Tremblay a démissionné du conseil d'administration de l'OTFC au début janvier.
Quelques semaines auparavant, Marie-Louise Tardif, directrice générale du Parc de l'Île-Melville, avait aussi claqué la porte. Elle ne veut pas non plus payer sa cotisation pour l'année 2014, bien que cette situation soit délicate étant donné que cette organisation est cautionnée par la Ville de Shawinigan. Mais Mme Tardif demeure ferme sur ses intentions.
«Ma position reste la même», mentionne-t-elle. «Selon moi, certaines dépenses n'étaient pas justifiées. Le nerf de la guerre dans cette histoire, c'est la façon dont l'argent des citoyens est dépensé.»