Le promoteur du projet de monorail suspendu TrensQuébec, Jean-Paul Marchand, en compagnie du maire de Nicolet, Alain Drouin, et de l'ingénieur Michel Laforest.

Monorail suspendu: Trois-Rivières, plaque tournante du projet?

Le promoteur du projet de monorail suspendu TrensQuébec, Jean-Paul Marchand, est venu partager son rêve, hier, avec Innovation et Développement économique de Trois-Rivières.
L'ex-député bloquiste, qui a récemment réussi à recruter Claude Béland (ancien président du Mouvement Desjardins) à la présidence du conseil d'administration de TrensQuébec, veut faire de Trois-Rivières la plaque tournante et le siège social de son projet pour des questions géographiques.
Le monorail TrensQuébec, rappelons-le, utilise le moteur-roue inventé par Pierre Couture et qui était anciennement connu sous le nom de «moteur-roue d'Hydro-Québec».
La construction du TrensQuébec serait, selon les promoteurs, beaucoup moins dispendieuse que celle d'un TGV parce que la technologie utiliserait les emprises des routes, autoroutes, ponts et viaducs existants et tolère très bien les écarts dans la topographie du sol.
Son avantage, par rapport à tous les autres systèmes de trains rapides, c'est que ses arrêts et ses départs se font rapidement et qu'il est aussi possible de déployer un réseau en étoile et même de relier les rives nord et sud... moyennant les fonds nécessaires, évidemment.
Jean-Paul Marchand veut profiter du changement de gouvernement pour relancer cette idée de monorail suspendu qui rallie déjà 40 000 personnes sur son site web. Il a rencontré, hier, le directeur général, Yves Marchand et Jean Côté, le directeur de la prospection et de l'accueil des investisseurs chez IDÉTR. Après quoi, il s'est rendu à Nicolet pour y rencontrer des élus.
Le directeur général d'IDÉ Trois-Rivières avoue, dans un premier souffle, «qu'on ne peut être contre un projet de ce type-là.» Se rendre à Montréal en30 minutes à peine sans se heurter aux problèmes de circulation représenterait en effet un avantage non négligeable pour beaucoup de gens. Mais là s'arrête son enthousiasme, pour l'instant.
C'est que les promoteurs n'ont pas de plan d'affaires, constate le directeur. On ne sait même pas, par exemple, quelle affluence serait nécessaire pour assurer la rentabilité du projet, explique-t-il.
«Si le plan d'affaires tient la route - ou le rail», dit-il, «bien évidemment, on va continuer de pousser à l'arrière. C'est l'évidence.»
Malgré l'attrait de ce projet, Yves Marchand a d'autres réserves. «À la base, il y a un paramètre qui est extrêmement important et incontournable et c'est le signe de piastre», fait-il valoir.
«Le moteur-roue, oui, il existe, mais pour une application au niveau du transport de train ou de train suspendu, il n'existe pas actuellement. Il faut développer cette technologie-là, développer aussi le type de nacelle suspendue qu'il faut. Avez-vous pensé au jour 1 où l'on pourrait commencer à implanter ce réseau de trains-là?», se questionne Yves Marchand.
Jean-Paul Marchand signale que l'inventeur du moteur-roue, Pierre Couture, «est au coeur du projet. Il va développer le moteur-roue pour le monorail», assure-t-il.
Le promoteur du Trens-Québec estime qu'un système comme ça a du potentiel non seulement pour le Québec, mais pour le monde entier. «Le marché est phénoménal. Ce serait avantageux pour Trois-Rivières que ce soit développé ici», dit-il.
Lundi prochain, TrensQuébec mettra une touche finale à sa charte de coopérative nationale. Les promoteurs iront ensuite à l'Autorité des marchés publics. Par la suite, des parts publiques seront vendues pour aller chercher des fonds de départ. On vise 100 000 membres à 100 $ ainsi que des parts d'entreprises.
Le directeur général d'IDÉTR signale que pour démarrer le projet, les promoteurs «s'attendent à obtenir la modique somme de 200 millions $ du gouvernement ou d'Investissement Québec.» Jean-Paul Marchand le confirme, mais signale qu'il ne veut qu'une garantie de prêt de la part du gouvernement et non une subvention et assure que le projet sera tellement rentable que tout l'argent sera remboursé.
Jean-Paul Marchand et son équipe - la plupart des bénévoles convaincus - ont demandé à IDÉTR de trouver un endroit dans la région pour implanter le siège social de TrensQuébec. L'édifice devrait pouvoir accueillir 150 employés ainsi qu'une section réservée au banc d'essai, le tout assorti d'un espace de5 kilomètres de long qui servirait à tester le prototype de train ou monorail aérien.