Frédéric Dion et sa chienne Nanook au lac Mistassini.

Mission accomplie pour Frédéric Dion

Il a quitté Trois-Rivières avec un minimum d'équipement, pas de couteau, pas d'allumettes et rien à manger. Frédéric Dion a mangé de la neige et a combattu avec succès le froid extrême du lac Mistassini. L'aventurier et sa chienne Nanook, qui prenait part à l'aventure avec lui, ont retrouvé la civilisation, dimanche, après un périple de quatre jours.
<p>Frédéric Dion est de retour de son aventure au lac Mistassini. Il a pu se réchauffer près du feu de foyer.</p>
L'«Opération ours polaire», qui s'est déroulée à 800 km au nord de Montréal, est sans hésiter l'épreuve la plus difficile mentalement que l'aventurier a dû traverser jusqu'à présent. «Dans cette aventure, je pense que j'ai franchi des limites que je n'ai jamais franchies avant au niveau de l'endurance mentale. [...] La famine et le froid étaient des souffrances physiques, mais c'est le mental qui décide de tout», a souligné Frédéric Dion.
Certes, il y a eu le froid et la faim, mais le manque d'équipement a également donné du fil à retordre au Trifluvien. «Juste le fait d'avoir un sac de couchage aurait tout changé, un matelas de sol, un briquet... un équipement, juste un, aurait tout changé», note-t-il.
Frédéric Dion était visiblement satisfait d'avoir relevé son défi, dimanche, à son arrivée. Ce qui le rend le plus fier, c'est d'avoir réussi à garder le cap sur les lignes directrices qu'il s'était fixé au départ afin de réaliser le projet.
«J'aurais pu couper court à plein de choses. Par exemple, je voulais manger que de la neige pendant deux jours, et dès la première minute j'avais accès à de l'eau. J'aurais donc pu laisser tomber cette partie-là, mais j'ai quand même mangé de la neige pour mon expérience», explique-t-il.
Il faut dire que la neige n'est pas tellement riche en valeurs nutritives. Il n'est donc pas surprenant d'apprendre que l'explorateur a au total perdu sept livres dans son périple de 75 heures. Par ailleurs, en aucun temps il n'a senti qu'il y avait des risques pour sa santé.
«J'ai réalisé que le filet de sécurité était très mince. Je savais que je fondrais avec toute l'énergie que je dépensais à me réchauffer, mais j'ai quand même été surpris par le chiffre», affirme Frédéric Dion.
Ce dernier mentionne également être allé dans un extrême inconfort et qu'il a même senti à certains moments des signes d'hypothermie. «J'ai dû réagir à chaque fois pour ne pas sombrer là-dedans», confirme-t-il.
Même si l'expérience a été difficile, n'en reste pas moins que le Trifluvien est heureux de son expérience. «Je suis tellement fier, et j'en ai tellement appris sur l'endurance psychologique de l'être humain»
Quant à sa chienne, Nanook, elle a également apprécié l'opération, mais d'une façon différente. «Pour elle c'était juste trop facile! Elle dormait toutes ses nuits. Elle était juste contente d'être avec son maître 24 heures sur 24. Elle a été solidaire avec moi. La nuit, quand je sortais courir pour me réchauffer, elle venait avec moi», raconte-t-il.
Il est encore trop tôt pour annoncer le montant qui aura été recueilli au profit d'Opération Enfant Soleil. Par ailleurs, Frédéric Dion tentera de faire augmenter le chiffre en offrant des petits extras aux gens qui donneront généreusement.
Projets à venir
Des projets, le Trifluvien en a encore pour l'hiver. Il aimerait bien se joindre à ses amis du projet Karibu, qui traversent le Québec en ski de fond de Montréal à Kuujjuaq, pour faire un bout de chemin. «C'est certain que le cerf-volant à traction fait aussi partie de mes projets», a-t-il conclu.