Une marina sera construite à l'ombre du pont de Grand-Mère l'an prochain, grâce notamment à une contribution de 4,6 millions $ de la Ville de Shawinigan. Le maire, Michel Angers, maintient toutefois que les contribuables n'auront pas à assumer cet investissement.

Marina: qui s'associera à Shawinigan?

L'annonce d'une nouvelle marina près du pont de Grand-Mère suscite bien des commentaires depuis quelques jours, notamment en ce qui concerne l'identité du fameux partenaire privé qui s'associera à la Ville de Shawinigan pour l'exploitation de ce service.
Pressé de questions après la dernière séance publique régulière, le maire, Michel Angers, continue de marcher sur la pointe des pieds à ce sujet, mais ne nie pas que la Société de développement de Shawinigan pourrait s'insérer dans le montage financier.
Rappelons que la Ville, Québec et Ottawa ont chacun confirmé une contribution de 4,6 millions $ pour la réalisation de cet ambitieux projet. Les paliers supérieurs ont pigé leur subvention dans le Nouveau fonds Chantiers Canada-Québec, mais en ce qui concerne la participation de Shawinigan, le mystère demeure. 
Lors de la conférence d'information confirmant ce projet le 30 août, M. Angers mentionnait qu'il négociait avec un «promoteur privé». Lors de la dernière séance publique, il parlait plutôt d'un organisme à but non lucratif qui s'occuperait de la gestion, que ce rôle ne reviendrait pas à la Ville. 
«Ça peut être la SDS, ça peut être des partenaires privés», commente-t-il. «Je suis prudent, là-dedans.»
En fait, le montage financier ne doit pas donner l'impression que Québec et Ottawa subventionnent grassement un partenaire privé pour l'exploitation d'une marina. 
«Ce n'est pas vrai que les employés municipaux vont gérer ça», assure le maire. «On ne s'occupera pas des stationnements, de l'essence. Des spécialistes cognent à notre porte pour gérer la marina. Le bâtiment va nous rester, (quelqu'un) va gérer, nous paiera un loyer, nous vendrons le terrain en haut (pour une éventuelle auberge).»
«On va trouver une formule pour s'assurer que ça se paye tout seul», résume M. Angers. «Est-ce que la SDS peut prendre la marina et confier ça à un gestionnaire? Je vais regarder la forme juridique, mais dans le fond, ce que je ne veux pas, c'est que ce soit nous qui payons.»
À la période de questions, Jean-Pierre Dufresne s'est avancé au micro pour dénoncer la participation de la Ville dans un projet semblable. Rappelons que la phase initiale prévoit l'aménagement de 99 quais pour les bateaux de plaisance de 20 à 35 pieds, avec des services d'essence, d'eau, d'électricité, de vidange septique, de buanderie, de toilettes et douches, de glace, d'Internet, d'entreposage, de restaurant-bar et de location d'équipement. L'endroit se transformera en halte pour motoneigistes en hiver. 
«C'est sûr que ce ne sera pas rentable», prédit M. Dufresne, qui souhaiterait mettre la main sur les études de marché qui ont guidé la réflexion des élus dans ce projet. 
En assemblée publique, le conseil municipal a adopté un projet d'emprunt de 14,217 millions $ pour «l'aménagement d'un parc riverain comprenant une marina et divers services complémentaires en bordure de la rivière Saint-Maurice». M. Angers précise que ce montant inclut les frais de financement, ce qui explique pourquoi il est plus élevé que l'estimation de 13,8 millions $ avancée à la fin août.