La chanteuse trifluvienne Marie-Luce Béland présente un minialbum regroupant quatre de ses compositions. Il s'agit pour elle d'une carte de visite qui exprime sa véritable personnalité artistique.

Marie-Luce Béland sans compromis

Marie-Luce Béland a déjà vécu une partie du rêve de plusieurs aspirantes chanteuses. À 19 ans, elle entrait en studio pour enregistrer un premier album, déjà tout composé pour elle. Pourtant, à 28 ans, elle recommence à zéro, toute seule, avec les mots indépendance et authenticité comme moteurs. La Trifluvienne veut davantage mettre son côté auteure-compositrice en avant-plan avec le minialbum qu'elle a lancé cette semaine.
Uniquement disponible par voie numérique, le minialbum Quoi qu'il advienne regroupe quatre chansons dont les textes et la musique portent la signature de Marie-Luce Béland. Coréalisé avec Pascal Dufour et enregistré au studio de Pierre-Luc Cérat, le disque miroite ce que l'artiste veut projeter de son monde, de sa vision de la musique, de ce qu'elle est, en fin de compte.
«J'ai gardé le minimum de personnes dans le projet pour ne pas m'éloigner de ma vision. C'est mon projet et je voulais que ça sonne comme moi. Avant, j'étais plus connue comme interprète. Là, j'ai voulu partager avec le monde ma vraie nature musicale, ma musicalité à moi, mon quotidien, la façon dont je filtre tout ça. Ça a été une minithérapie!», raconte la jeune femme qui a sélectionné quatre titres parmi la trentaine de chansons qu'elle a dans ses tiroirs.
«Je voulais me prouver quelque chose à moi-même, me prouver que j'étais capable de monter mon projet jusqu'au bout, d'être productrice, coréalisatrice, compositrice, interprète... Si ça ne fonctionne pas, je n'aurai personne d'autre à blâmer», ajoute la chanteuse que les Trifluviens avaient entre autres pu découvrir dans Kassa, le spectacle musical dans lequel elle incarnait le rôle titre en 2004.
C'est lors de ses études en danse au Cégep de Drummondville que Marie-Luce Béland a rencontré le chanteur de Kaïn, Steve Veilleux. Invité par sa compagnie de disques (Passeport) à écrire pour un ou une autre artiste, Steve Veilleux a pensé à Marie-Luce et en septembre 2009, celle-ci signait son premier contrat de disque. L'album À l'envers l'a fait connaître, surtout grâce à la chanson Pleine lune.
Sans dénigrer cette expérience ni renier la chanson Pleine lune à laquelle elle est encore associée, Marie-Luce Béland constate aujourd'hui que tout cela ne lui ressemblait pas, ne correspondait pas à ce qu'elle était, à ce qu'elle ressentait. Le désir de chanter ses propres chansons, de les incarner de façon plus authentique a pris le dessus. Après une remise en question, elle a donc choisi de faire chemin seule.
C'est le résultat de ce cheminement qu'elle propose au public avec les chansons qu'elle a enregistrées. «Les quatre chansons sont vraiment différentes. Aquabird est plus narrative. C'est comme si je parlais au nom de quelqu'un d'autre. Je marcherai, c'est mon côté lionne, celui qui affirme que je ne me laisserai pas marcher sur les pieds. Les deux autres (Années lumières et Quoi qu'il advienne) sont plus par rapport au couple. Elles sont assez personnelles», décrit-elle.
Avec ce minialbum, Marie-Luce Béland souhaite rejoindre le public, lui montrer ce qu'elle a vraiment à offrir. «Le premier accomplissement est de l'avoir réalisé. Ensuite, je vise une réponse des radios, pour que les gens décident s'ils veulent entendre ou non ce que je fais!», indique la chanteuse qui compte aussi exploiter les réseaux sociaux comme Facebook et YouTube pour se faire connaître.
«Je recommence. J'ai l'impression, avec le premier disque, de n'avoir rien fait, d'avoir mis le pied dans une machine et de n'avoir rien appris parce que tout le monde faisait tout pour moi. Ces deux dernières années ont été une école de la vie et du showbusiness! C'est plus gratifiant», confie celle qui souhaite aussi offrir de ses compositions à d'autres artistes. Sa récente association à un gérant pourra favoriser ce genre de démarche.
Une chose est certaine, et Marie-Luce Béland insiste pour que ce soit clair: elle veut être reconnue comme auteure-compositrice. Pour elle et pour d'autres.
Il faudra attendre à la fin de l'été prochain pour pouvoir voir et entendre l'artiste sur scène dans une formule de tournée de spectacles solo. Du 25 juin au 31 août, elle reprendra sa place dans la distribution d'Elvis Experience au Capitole de Québec avec Martin Fontaine. Tout comme l'été dernier, la Trifluvienne fait partie des huit choristes qui revisitent les succès du King du début des années 1970. Cinquante représentations sont au programme.
Ses influences en six questions
QUEL EST LE PREMIER DISQUE QUE TU AS ACHETÉ/REÇU?
«Animal, de France D'Amour.»
QUEL ALBUM AS-TU LE PLUS ÉCOUTÉ?
«Dangerous, de Michael Jackson.»
QUEL EST LE PREMIER SPECTACLE AUQUEL TU AS ASSISTÉ?
«Saltimbanco, du Cirque du soleil. J'avais 9 ou 10 ans, et ça a été une révélation. C'était grandiose.»
QU'ÉCOUTAIS-TU À L'ADOLESCENCE?
«C'est difficile à dire parce que c'était très éclectique tout ce que j'écoutais. Mon père m'avait fait découvrir Led Zeppelin, ma mère Diane Dufresne. J'aimais Britney Spears, Madonna, le reggae, le hip hop, Elton John, les Backstreet Boys...»
AVEC QUEL ARTISTE RÊVERAIS-TU DE TRAVAILLER?
«Yann Perreault. Il est tellement unique. Il vient vraiment me chercher. Si j'étais un homme chanteur, j'aimerais être comme lui! Il y a aussi Karim Ouellet. On pourrait faire un trip musical à trois! (rires)»
QU'ÉCOUTES-TU PRÉSENTEMENT?
«Karim Ouellet, de l'indie comme Foster The People, Jay Z...»