Le nombre de travailleurs de 25 à 64 ans est en baisse à Shawinigan qui est vraisemblablement victime de son passé industriel. On voit ici la défunte Belgo.

Marché du travail: Shawinigan traîne la patte

En 2015, le nombre de travailleurs de 25 à 64 ans s'est accru dans 81 municipalités régionales de comté (MRC) sur 104. Pourtant, Shawinigan apparaît en queue de peloton avec une baisse de 0,8 %, côtoyant ainsi plusieurs territoires de la Côte-Nord.
C'est ce que révèlent, entre autres, les résultats présentés dans la publication de l'Institut de la statistique du Québec intitulée Bulletin Flash. Évolution du marché du travail dans les MRC diffusée lundi sur son site Web.
«La diminution constatée dans Shawinigan contraste avec la progression que connaissent Trois-Rivières (1,4 %) et Les Chenaux (1,3 %)», peut-on lire dans le rapport.
Pour le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin, Shawinigan est victime de son passé. «La situation est difficile parce que c'est un tissu économique très industriel et très petit. Il y a eu beaucoup de grosses fermetures et l'impact, en proportion de la population de travailleurs, est beaucoup plus grand qu'à Trois-Rivières», a-t-il commenté.
Selon le spécialiste, Shawinigan dispose d'un moins grand nombre d'industries stabilisatrices d'emplois. «Ils ont beaucoup plus de difficultés à s'en remettre, même s'ils ont toute une stratégie qui porte sur l'avenir pour diversifier. Mais ça, c'est un pari à long terme», a-t-il ajouté.
À La Tuque, la hausse du nombre de travailleurs de 25 à 64 ans est de 0,6 % tandis que dans Maskinongé, elle est de l'ordre de 0,4 %. Dans Mékinac, c'est le statu quo. Sur la rive sud, la MRC de Nicolet-Yamaska fait bonne figure avec un bond de 1,8 % alors que du côté de la MRC de Bécancour, le gain est plutôt de 1,2 %.
Par rapport à l'année précédente, les meilleures performances sont observées dans des MRC appartenant à des régions périphériques de Montréal et à forte croissance démographique. C'est le cas de Mirabel, qui continue de se démarquer avec une hausse de 4,4 % du nombre de travailleurs en 2015, et aussi de Montcalm (2,9 %), de La Rivière-du-Nord (2,5 %), de Rouville (2,5 %) et des Jardins-de-Napierville (3,3 %). 
Des six MRC que compte la région de la Côte-Nord, quatre subissent un recul du nombre de travailleurs en 2015. Ce sont les MRC de Caniapiscau (-2,6 %), Sept‑Rivières (-2,4 %), Minganie (-1,9 %) et Manicouagan (-1,2 %).
Dans le cas de Caniapiscau, il s'agit d'une quatrième baisse annuelle consécutive, et la cadence du déclin tend à s'accélérer. En dépit de cette décroissance, cette MRC affiche encore le taux de travailleurs le plus élevé de toutes les MRC du Québec, soit 85,9 %.
À ce sujet, c'est la MRC de Nicolet-Yamaska qui détient la meilleure statistique, avec une proportion de travailleurs de 75,1 %. Il s'agit même d'une amélioration de 0,5 point par rapport à 2014. Encore là, c'est Shawinigan qui affiche le pire résultat régional, avec 63,4 %. D'ailleurs, c'est le seul territoire de la région à avoir subi un recul à ce chapitre, soit -0,2 %.
En 2015, les plus fortes hausses du revenu médian d'emploi profitent à des MRC de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent. Dans la MRC des Îles-de-la-Madeleine, l'augmentation du revenu atteint 7,4 %, la plus forte hausse de l'ensemble des MRC. La Haute-Gaspésie, Le Rocher-Percé, Kamouraska et La Matanie figurent aussi au classement des MRC ayant la plus forte croissance du revenu d'emploi.
En région, c'est la MRC des Chenaux qui obtient le meilleur résultat, avec une amélioration de 3 %, pour un revenu médian d'emploi qui atteint 34 471 $. Et la progression la plus modeste se retrouve à Shawinigan (0,6 %), pour se situer à 31 735 $. Par contre, pour tout le Québec, Mékinac arrive au quatrième rang des MRC où le revenu d'emploi médian est le plus faible, à 28 378 $, derrière les MRC Le Rocher-Percé, La Haute-Gaspésie et Le Golfe-du-Saint-Laurent.
Entre 2002 et 2015, l'écart entre le revenu d'emploi des hommes et celui des femmes est passé de 30,3 % à 21,3 % au Québec. À l'exception de Caniapiscau, une réduction de l'écart est observée dans toutes les MRC.
Toutefois, les inégalités de revenu d'emploi entre les hommes et les femmes persistent, et ce, de façon plus marquée dans les MRC dont l'économie repose sur l'exploitation des ressources naturelles.
Dans Caniapiscau, Abitibi-Ouest, Sept-Rivières, Jamésie et La Vallée-de-l'Or, le revenu des travailleurs de sexe masculin dépasse celui des travailleuses par plus de 40 % en 2015.
Dans l'ensemble des MRC de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, plus de la moitié des personnes qui travaillent sont des femmes. Les MRC d'Avignon, de Bonaventure, des Îles-de-la-Madeleine et du Rocher-Percé font partie de celles qui présentent les plus grandes proportions de travailleuses au Québec.