Klô Pelgag sera en spectacle à la salle Louis-Philippe-Poisson ce jeudi et à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan le 15 février.

L'univers éclaté de Klô Pelgag

Klô Pelgag arrive comme un bouquet de fraîcheur dans le paysage musical québécois. À 23 ans, elle a déjà chanté ses compositions en Chine et en Europe, et son premier album dévoile une poésie originale et une musique recherchée, loin des clichés formatés.
Klô Pelgag, c'est Chloé Pelletier-Gagnon, née de parents travailleurs sociaux à Rivière-Ouelle, et élevée à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, où la famille était déménagée pour le travail... avant de réintégrer la propriété familiale dans Kamouraska.
Quand elle était petite, Chloé a voulu devenir brigadière scolaire, puis clown, puis poète, puis travailleuse sociale, comme ses parents, «pour aider les gens». Mais dès l'adolescence, son penchant pour la littérature et les arts ont pris le dessus. En cinquième secondaire, elle a présenté une de ses compositions à Secondaire en spectacle, et s'est dirigée en arts, lettres et théâtre au Cégep de La Pocatière.
«Là, j'ai vraiment "pogné'' de quoi! J'avais des cours de mise en scène, d'écriture dramatique, d'interprétation... Je découvrais plein de trucs, plein de formes d'expression, c'était super inspirant», raconte celle qui écrivait des nouvelles littéraires et s'est remise à jouer du piano plus sérieusement pendant ses années de cégep.
La jeune femme s'est par la suite inscrite en cinéma à l'Université de Montréal. «Ça n'a pas duré longtemps. J'y allais plus pour ma culture personnelle que pour devenir réalisatrice», poursuit l'artiste qui s'est finalement concentrée sur sa carrière d'auteure-compositrice-interprète.
C'est par les concours qu'elle a d'abord acquis de l'expérience de scène et s'est fait remarquer. On l'a entre autres vue et entendue au Tremplin de Dégelis, au Festival en chanson de Petite-Vallée, à Ma première Place des arts et au Festival international de la chanson de Granby où, finaliste, elle a mérité cinq prix.
C'est au festival de Granby que la chanteuse a rencontré son gérant. «Je voulais participer aux concours pour accumuler des expériences. Le but d'aller à Granby était de trouver un gérant!», confie candidement l'artiste qui a lancé un premier mini-album de quatre titres, pour se faire connaître et tester le marché avant d'enregistrer le «vrai» album, L'alchimie des monstres, paru en septembre dernier.
Décrire le style de Klô Pelgag ne découle pas de l'évidence. Croisement entre Coeur de Pirate, les Soeurs Boulay et Ingrid Saint-Pierre mais en plus déjantée, l'auteure-compositrice-interprète explore une sorte de surréalisme fantaisiste un peu rococo.
Une seule des chansons de son album est moulée dans le modèle couplet-refrain, les autres suivant la forme de récits ou de poésies toujours très imagées.
Côté musique, la richesse des instrumentations et des textures est en grande partie créée par le frère de Chloé, Mathieu, formé en orchestration. Violon, alto, violoncelle, contrebasse, batterie, quelques bois et cuivres à l'occasion, du piano, de l'orgue et de la guitare se marient dans différentes alliances musicales créant autant d'ambiances.
«Certaines "tounes'' ont été écrites comme dans une bulle et sont plus personnelles, comme la chanson Comme des rames. D'autres, comme La fièvre des fleurs, sont venues plus consciemment», indique Klô Pelgag quand on lui demande de décrire le processus de création qui mène à l'accouchement de pièces semi-abstraites, semi-concrètes.
«Les pièces évoluent toujours. Je n'aime pas m'ennuyer dans la vie, alors je ne me contente pas de chansons couplet-refrain. Je compose avec la conscience de vouloir changer la perspective. Je crois qu'une des contributions de l'art est de faire réfléchir», ajoute-t-elle.
Avant d'entreprendre une tournée en France, en Suisse et en Belgique où son album sera lancé, Klô Pelgag s'arrêtera à Trois-Rivières ce jeudi à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture, et à Shawinigan le 15 février à la Maison de la culture Francis-Brisson. Elle y sera entourée d'un trio à cordes, d'un contrebassiste et d'un batteur. «J'aime ça, faire des spectacles! J'aime en mettre beaucoup. J'aime délirer entre les chansons, j'aime surprendre mes musiciens, me surprendre moi-même et surprendre le public!», décrit l'artiste en évoquant l'aspect théâtral de ses prestations.