Le député Luc Trudel.

Luc Trudel prêt à en découdre avec ses adversaires

Les sondages plutôt favorables au Parti québécois ne semblent pas décourager les prétendants dans le comté de Saint-Maurice. Lundi soir, Pierre Giguère confirmait sa candidature sous la bannière libérale alors qu'en journée, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, Stéphane Mongeau, en disait le moins possible sur son intérêt à représenter la Coalition avenir Québec.
Se gardant bien de nier la rumeur, le fiscaliste chez Gingras Mongeau Martel préfère attendre la confirmation d'une date d'élection avant de s'avancer. Pour le moment, M. Mongeau s'avoue tout au plus en période de réflexion.
Libéraux et caquistes se relèvent déjà les manches en vue d'un scrutin prévu en avril, même si le comté de Saint-Maurice est fortement teinté péquiste depuis une quarantaine d'années.
En fait, depuis la première élection du PQ en 1976, ce parti a représenté le comté 28 années sur 38, dont 19 des 20 dernières, autant au pouvoir que dans l'opposition. Ce partage s'est effectué entre trois hommes, soit Yves Duhaime, Claude Pinard et l'actuel député élu pour une première fois en septembre 2012, Luc Trudel.
Le comté est-il devenu une forteresse péquiste? M. Trudel n'ose pas pavoiser.
«Ce n'est pas une forteresse comme peut l'être, par exemple, D'Arcy-McGee à Montréal pour le Parti libéral», commente-t-il. «C'est un comté où il existe un terreau fertile pour le Parti québécois.»
Ce qui n'a pas empêché, rappelle le député, la douloureuse défaite de Claude Pinard contre Robert Deschamps en 2007, lors de l'inoubliable vague de l'Action démocratique du Québec dirigée par Mario Dumont.
M. Trudel sait aussi qu'il a coiffé Pierre Giguère par moins de 1900 voix en 2012. De plus, lors de ses deux derniers mandats, Claude Pinard avait été élu avec des majorités de moins de 700 votes. Depuis 2003, le PQ n'a pas connu d'élection sans histoire dans le comté de Saint-Maurice.
«J'ai gagné, mais ce n'était pas une vague importante du Parti québécois», reconnaît M. Trudel. «Ça dépend en infime partie de l'individu, mais d'abord et avant tout, les gens regardent le parti.»
La dernière victoire du PLQ dans le comté de Saint-Maurice remonte à 1989, alors que Yvon Lemire avait été réélu dans le gouvernement de Robert Bourassa. À partir de 1994, le vote libéral s'est érodé, passant de 11 065 voix à 6487 en 2007. En 2008, Céline Trépanier avait redonné du tonus au PLQ dans le comté en recueillant 8182 votes.
Quant à la CAQ, Pierre Giguère s'était bien débrouillé en 2012 en se classant au deuxième rang, recueillant 28 % des suffrages.
L'effervescence de ses principaux adversaires au cours des derniers jours n'effraie évidemment pas Luc Trudel, visiblement d'attaque.
«C'est clair que tout le monde est prêt, tout le monde se place sur la ligne de départ», observe-t-il. «Tout ce que je peux faire, c'est me préparer, travailler et offrir mes services aux citoyens. Je n'ai pas de contrôle sur mes adversaires!»